‹ Autour d'une sonate; étude sur Robert SchumannChapitre 4 sur 8 · S-#TSI^I · texte numérisé non relu

S-#TSI^I

A ce moment, après une brève soudure tirée de la figure J, surgit tout à coup une phrase nouvelle. — doux rayon de lumière qui se détache

sur ce fond sombre, — dont le caractère romantique tranche avec l'allure scolastique des mesures précédentes.

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La partie médiane du I er temps de la Sonate en sol mineur ', n'est donc pas construite uniquement avec les éléments de la première reprise. Comme chez certains Maîtres, — Beethoven, par exemple, — elle est enrichie d'éléments nouveaux qui semblent jaillir, comme de brillantes étincelles, du choc des idées en fusion.

Ici encore, on remarquera une harmonie, — d'ailleurs bien Schumannesque, — qui laisse à l'oreille une vague sensation de malaise. On la signale très respectueusement et sous toutes réserves, à titre de simple impression personnelle.

C'est celle qui passe, — ou, pour parler plus exactement, qui s'immobilise un instant, — au signe {j> de la citation ci-dessus, en se plaçant en contradiction avec le mouvement de la phrase mélodique.

Il semble qu'on souhaiterait quelque chose comme ceci:

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La phrase L est répétée textuellement une première fois, puis une seconde fois, un ton plus haut, — et une troisième fois, encore un ton plus haut, en progression.

Elle engendre ensuite un développement construit avec ses membres L a , L b et L c , ces derniers étant comme désossés et privés de la Syncope.

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itl. en progress on etc.

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Et ce développement se poursuit en s'exaspérant en une ardente progression à trois étages.

Au sommet, elle retrouve le fragment A a ; germe d'un nouvel épisode.

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qui se répète textuellement un ton au-dessous, en marche descendante.

Cette parcelle si brève et pourtant très significative du thème initial, s'empare de nouveau de l'esprit de Schumann, — sans doute à cause de son énergie rythmique, — et remplit maintenant le discours musical.

La voici dans un épisode:

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où elle est répétée avec une obstination fougueuse, et qui se reproduit ensuite en entier dans le ton originaire.

La voici encore, affirmée deux fois à la dominante, et formant ainsi une séquence qui ramène dans cette tonalité le motif initial tout entier.

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La voici enfin, heureusement associée au fragment A c , et reparaissant dans le ton même du morceau, pour former un membre de phrase qui se reproduira immédiatement un ton au-dessous, en une marche harmonique d'un tour charmant par le mouvement de la basse, comme par l'élégance de l'harmonie.

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Après la répétition de cette demi-phrase en marche descendante, la figure A a isolée est reproduite deux fois

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et aboutit à une progression bâtie avec la parcelle A c ; mélodiquement modifiée.

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Cette progression déchaîne à son apogée la réapparition fougeuse du trait I

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qui finalement ramène par un trait-soudure la rentrée du motif initial et la 3 e partie du morceau

L'artifice employé par Schumann pour préparer cette rentrée est tout à fait exquis.

Après avoir en effet, répété plusieurs fois la parcelle A a du thème par lequel s'ouvre la Sonate, voici à la dominante, le rappel de ce thème entier; — puis le motif revient à la tonique, allégé du fragment A b , et en un mouvement harmonique indiquant nettement qu'on n'est pas encore arrivé au retour de la phrase désirée; cependant ses débris (A c ) flottent en

montant sur les vagues grossissantes des arpèges, en sorte qu'on en sent Tapproche.

On a ainsi une impression d'attente dès longtemps mise en éveil, qui prend fin en nous causant une sensation de satisfaction charmée, lorsque l'exorde, qui va devenir péroraison, réapparaît triomphant.

La plupart des Maîtres sachant toutes les roueries du métier, n'auraient pas eu l'habileté que Schumann a rencontrée d'inspiration en cette séduisante page.

Si maintenant on jette un regard d'ensemble sur le travail des thèmes en cette partie du premier temps de la Sonate en sol mineur, on arrive aux conclusions suivantes:

On n'y trouve pas la sûreté de main et l'abondance aisée dont témoigne Mendelssohn, par exemple, contemporain et rival de Schumann, en ce coin réservé des œuvres 'de ce genre où s'affirment la science et l'adresse des compositeurs, et où se trouve la pierre de touche de leur talent, au point de vue de l'art des développements.

On y sent quelque chose d'un peu fruste et d'un peu pénible, surtout au début.

Mais on ne saurait méconnaître l'ardente passion, la force inspirée qui dominent le fragment entier.

Une fleur mélodique, d'un parfum exquis, croît au cours de ce tumulte laborieux; puis c'est avec la brève incise du thème initial

que Schumann édifie la plus grande, et la meilleure

partie de son commentaire ; — ce qui, par une tendance native, est un procédé commun aux génies de cette famille.

Ainsi fit Beethoven, dans le premier temps de la Symphonie Pastorale,

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avec la figure: [^^ = ^^^^-{~" # "^-^T : :I j~ ctc -- dans le premier temps

du quatuor op. 5ç, avec la figure: f^FBEÉÎfï^îz^Sizïët^ et dans bien

d'autres de ses chefs-d'œuvre.

Ainsi fit Richard Wagner, dans beaucoup de ses pages les plus célèbres, notamment dans la première scène de Tristan et IseulL

Comme ce dernier, et comme plusieurs Romantiques que hantent les

aspirations passionnées, Schumann use beaucoup, comme moyens de développements, des répétitions, des marches harmoniques et des stretti. C'est d'ailleurs là une conséquence du caractère dramatique imprimé à la Sonate. Mais l'entrain est si endiablé qu'il" emporte tout, et que ces répétitions textuelles ou à des intervalles différents, — si fréquentes qu'elles soient^ — ne laissent aucune impression de pauvreté.

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