‹ Autour de FlaubertChapitre 20 sur 30 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

La Tente

Mâtho, Spendius, Narr'Havas. Celui-ci vient offrir son alliance. Elle est acceptée.

— Méfie-toi, dit Spendius, car il est fiancé à Salammbô.

Les deux amis s'épanchent : énergie de l'un, mélancolie de l'autre.

— Pourquoi te tourmenter pour une femme que tu ne verras jamais ?

Salammbô entre avec Taanach. Spendius, plein de méfiance, tire son épée. Mâtho lui ordonne de s'en aller.

— Que viens-tu faire? dit Mâtho.

— Je viens parce que je t'aime.

— Ah î elle l'aime, se dit Taanach. Ce n'est pas lace qu'elle m'avait dit. Nous devions nous glisser jusqu'à lui comme des serpents et le tuer.

Puis, se tournant vers Salammbô :

— Vous oubliez. Malheur à vous!

Mâtho la fait sortir. Elle sort en méditant une vengeance. Scène d'amour entre Salammbô et Mâtho. Elle le cajole tout en regardant où peut être le voile. Mâtho prend ses avances au sérieux. Mais tout à coup l'incendie éclate. Gris. Spendius arrive l'avertir.

Mâtho sort en lui donnant un baiser (à Salammbô) :

— Rien à craindre, je reviens.

Une fois seule, elle se précipite sur le voile, et elle le tient quand Taanach rentre en disant : « C'est moi qui ai allumé l'incendie. »

Salammbô : Partons vite.

taanach : Comment vous ne l'aimez donc pas ?

Salammbô : Non ; je voulais le voile seulement.

Comment a-t-elle pu l'obtenir? se demande Taanach. Vous n'avez pas été souillée ?

— Si je l'étais, c'est toi qui porterais le voile et non pas moi.

Elle le met sur ses épaules. Le prêtre, venant les prendre, dit que la route est libre.

Vue du camp qui brûle et des femmes qui s'enfuient à l'horizon.

LES VICISSITUDES d'jUN LIVRET D'OPERA ! « SALAMMBO )) 191

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