LES RECUEILS ET LES VOLUMES
La Correspondance d'' Honoré de Balzac a été publiée pour la première fois en 1876.
L'ouvrage, annoncé comme entièrement inédit, contient pourtant un certain nombre de lettres déjà livrées au public avant son impression. D'autres, parues antérieurement aussi, ont été renseignées trop tard pour pouvoir faire partie du recueil, et quelquesunes, enfin, ont été mises au jour seulement depuis son apparition.
Il nous a semblé intéressant d'établir le
catalogue de toute cette série de lettres, et de le dresser en ordre chronologique ' de première publication, accompagné de l'indication du lieu de naissance de chacune d'elles.
Mais, si tout renseignement pouvant compléter ou corriger ce travail nous sera naturellement fort précieux, il faut pourtant avoir grand soin, dans ces rectifications, de ne pas perdre de vue Tordre des dates, car un très grand nombre de lettres recueillies pour la première fois dans la Correspondance a reparu, dans les journaux et ailleurs, sans l'indication nécessaire de cette origine, laissant planer ainsi sur le texte cité une apparence d'inédit aussi avantageuse qu'imméritée.
Toutes les épîtres déjà connues et insérées dans la Correspondance du grand écrivain sont précédées ici d'un astérisque, et accompagnées de leur numéro d'ordre dans l'ouvrage.
Celles qui sont entrées dans un autre tome des Œuvres complètes â\i maître (vingt-quatre volumes in-octavo, Michel Lévy frères, 1869-1876), sont escortées, dans notre travail, de l'indication du volume qui les contient, inscrite à la suite de l'état civil de leur première publication.
Il est pourtant un assez grand nombre de lettres, ou plutôt de fragments de lettres, que nous n'avons pas indiqués. Nous voulons parler de la plupart des courts extraits cités dans certains catalogues de ventes d'autographes. Il s'agit souvent là de pièces déjà imprimées dans la Correspondance, et parfois aussi d'autographes tombés aujourd'hui entre nos mains. Aussi n'avons-nous indiqué, dans ces conditions, que trois morceaux tout à fait curieux. (Voir n^^ 26, 40 et 43.). Nous n'en serons pas moins fort reconnaissant quand même de tout renseignement intéressant ayant trait à cette série spéciale, ainsi que, nous le répétons, de tout
complément et de toute rectification relatifs à l'ensemble de notre travail.
Il serait bien utile également de dresser Verratum des dates inexactement indiquées dans la Correspondance. Quand, jadis, nous avons pris part aux études de classement de ces lettres, — presque toutes ne portant aucun millésime quelconque, — nous étions loin de connaître par le détail Fexistence de Balzac, comme nous la connaissons aujourd'hui. Depuis lors, une foule de documents de tous genres nous ont instruit, et bien des erreurs de date, où nous avons notre part de responsabilité, ont été reconnues par nous.
Nous ignorons le lieu de première publication et la date d'apparition première d'une des lettres de Balzac au marquis de Custine recueillies dans la Correspondance. Il s'agit de la lettre de 1839 (n« 197 du volume). Et pourtant le texte de cette lettre qui a servi de manuscrit pour l'impression de l'ouvrage, est un fragment de journal, forcément an-
térieur à 4876, mais qui ne saurait guère dater d'avant 1868 ou 1869. Nous faisons appel ici à l'érudition spéciale de nos lecteurs qui seraient mieux renseignés que nous.
Enfin, sans parler d'une réponse à Francis Girault, — nous en racontons plus loin l'histoire (voir n° 17), — nous saisissons l'occasion qui se présente d'indiquer à cette place certaines lettres de Balzac dont la trace existe, sans qu'il nous ait été possible jusqu'ici de les retrouver.
La première est renseignée en ces termes par Emile Deschamps, dans son article de la Presse du 21 avril 1841 sur le manoir de Beauchesne, où le propriétaire avait rassemblé, peintes sur les vitraux de son castel, les armoiries de la plupart des écrivains de l'époque :
« Il [Balzac] l'a envoyé [son écusson] avec une lettre fort longue et trop courte.
comme toujours. Si vous pouviez la lire!... Mais vous la connaissez : de la grâce, de Toriginalilé, des pensées, du style à foison! »
Où peut être, aujourd'hui, ce précieux autographe?
Une seconde lettre à retrouver, c'est la missive de quatre pages, forcément pleine d'intérêt, qui fut lue à l'Académie française dans sa séance du 5 octobre d848, et que Balzac, pour se porter candidat à l'un des fauteuils vacants par suite du décès de Chateaubriand et de M. Yatout, avait adressée au secrétaire perpétuel de cette compagnie, M. Villemain. Il fut pourvu, les 11 et 18 janvier 1849, au remplacement de ces deux membres, et le comte de Saint-Priest et le duc de Noailles l'emportèrent, on s'en souvient, sur l'auteur de la Comédie humaine!
Balzac, qui avait écrit cette lettre à la fin de septembre 1848, avant de partir pour
r Ukraine, avait chargé sa mère de la faire remettre à l'Institut au moment opportun. Voici ce que nous avons trouvé à ce sujet dans celle que, le 13 octobre 1848, elle lui adressa à Wierzchownia :
« Ta lettre a été portée à l'Institut, tes cartes aux académiciens. »
Cette précieuse missive n'a malheureusement pas été retrouvée dans les archives de l'Académie française. Nul doute qu'elle ne soit donc entre les mains des héritiers des papiers de M. Villemain.
Il existe, enfin, à la Bibliothèque de VHistorical Society of Pensylvania, n*" 1300, Locust Street, à Philadelphie, une troisième lettre de Balzac dont, malgré plusieurs démarches, nous n'avons jamais pu non plus obtenir la copie. Elle fait partie de la collection de M. Dreer, — dont le catalogue imprimé existe, — léguée en 1890 à cette
Société, et fut adressée de Dresde même, par le grand écrivain, pendant l'un de ses nombreux voyages en Allemagne, à M. Charles Falkenstein, directeur de la Bibliothèque royale de Dresde. Nous la recommandons à quelque aimable balzacien en voyage ou, mieux encore à quelque obligeant confrère des États-Unis, et nous leur demandons de bien vouloir en prendre une copie exacte à notre intention.
Et nous n'avons parlé jusqu'ici que de lettres isolées I Combien seraient plus précieuses encore certaines correspondances étendues, demeurées jusqu'à présent dans l'ombre, telle que celle adressée, par exemple, à la première amie du maître, à cette dilecta, à laquelle il a dédié Louis Lambert, et qui doit s'être étendue de 1822 à 1836, contenant certainement les détails les plus curieux sur cette période de la vie de Balzac, dont les années de jeunesse sont si peu connues I Et les correspondances échangées avec madame
Delannoy; avec la comtesse Marie Potoçka, cousine de madame Hanska, installée à Genève en 1832-1834; avec la marquise ae Gastries, devenue duchesse en 1842 ; avec la comtesse Emile Guidoboni Yisconti, cette Anglaise, née Frances Sarah Low^ell, qui occupa, elle aussi, une place marquée dans l'existence du grand Honoré; avec la comtesse Louise Turheim, chanoinesse, dont Balzac avait fait, en mai 1835, la connaissance à Vienne ; avec mademoiselle Henriette Borel, l'Institutrice de mademoiselle Hanska, entrée depuis en religion; avec Auguste Borget; avec Henri de Balzac, frère de Honoré, mort aux colonies; avec Philarète Chastes, correspondance dont une dame Clotilde Schultz (?) possédait, il y a quelques années, une cinquantaine de lettres; avec la comtesse de Bocarmé, née marquise Ida du Chasteleer, et surtout celle adressée à cette touchante Maria, cette figure dont le masque n'a pas encore été soulevé, et dont
la dédicace d'Eugénie Grandet a seule révélé le nom, vrai ou fauxl
Si, contre toute attente, ces lettres n'ont pas été détruites par les intéressés euxmêmes, ne serait-il pas temps de les mettre au jour? Ce sont là des pièces du plus haut intérêt, et nous les recommandons tout spécialement à nos confrères en bibliographie, tous amis, comme nous-même, de la recherche et de la découverte de semblables documents.
1. Au nouveau directeur de la Revue de Par'is (deux lettres). — Revue de Paris, mai et juin 1834. (Tome XXII, pages 471-472.)
2. Lettre aux écrivains français. — Revue de Paris, novembre 1834. (Tome XXII, page 211.)
Lettre littéraire qui n'a rien à voir avec Ja correspondance du maître.
3. A M, Du four. — Chronique de Paris, 12 juin 1836. (Tome XXII, page 482.)
^. A. M. Du four (deuxième lettre). — Chronique de Paris, 16 juin 1836. (Tome XXII, page 487.)
5. A M, Schlesinger, directeur de la Gazette musicale, — La Gazette musicale, 11 juin 1837. (Tome XXII, page 491.)
6. Lettre au journal la Presse. — La Presse, 18 août 1839. (Tome XXII, page 275.)
7. A M, de Girardin, à propos d'une appréciation de Sainte-Beuve. — La Presse, 7 septembre 1839. (Tome XXII, page 539.)
8. Apostille à une lettre de M. Broussais. — Le Siècle, 20 septembre 1839. — Histoire des œuvres de H, de Balzac, par l'auteur du présent travail, première édition, Michel Lévy, 1876, page 250.
9. Réponse à une lettre de M. Broussais. — La Presse, 3 octobre 1839. — Histoire des œuvres de H. de Balzac, par l'auteur du présent travail, deuxième édition, Calmann Lévy, 1886, page 435.
10. Au gérant du journal la Presse. — La Presse, 3 octobre 1839.
11. ^w gérant du journal le Constitutionnel en lui envoyant sa réponse à M. Broussais. (Voir n'' 9.) — Le Constitutionnel, 3 octobre 1839.
12. Au gérant du journal la Presse. — La Presse, 18 mars 1840.
*13. ^ if. de Lamartine (N« 220). —- La Caricature, 5 avril 1840.
14. Au gérant du journal la Presse, — La Presse, 28 avril 1840.
15. Au directeur du Journal des Débats (Sur Modeste Mignon). — Journal des Débats, 30 mars 1844. (Tome XXII, page 573.)
16. Adhésion au journal: la Semaine. — Prospectus du jourual la Semaine, 1845.