VIII AVANT.PROPOS
C'était encore Thistoire qui en faisait le fond; c'était encore l'apologétique qui en était le but. Seulement, par les mêmes routes, rimagination en vacances avait icence de s'égarer à sa fantaisie parmi les régions sans limites où l'invention va plus loin que la réalité et où le rêve est plus beau et plus haut que la vie.
Presque tous ceux qui ont écrit ont eu de ces réves-là. Beaucoup — ce sont les sages — les ont laissé tomber, et ne s'en sont plus souvenu à Theure du réveil. D'au-?
très s'y sont complu peut-être plus que de raison, et ont essayé d'en fixer l'image dans un souvenir écrit, afin d'en prolonger l'illusion et le charme.
Je suis de ce nombre. Ai-je mal fait.^ On le dira. Mais, en vérité, j'aurai peine à le croire. Il n'est pas défendu de s'imaginer à soi-même des idéalités qui dépassent l'histoire et qui en consolent parfois. Il ne peut pas être davantage interdit de les présenter aux autres, ne fût-ce que pour les dédommager un peu et les reposer, par ces
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promenades à travers champs, de ces marches forcées où la voie droite est tracée inflexiblement entre laustère logique d'un côté et le fait rigide de Tautre.
Ne serais-je pas de ceux qui doivent à leurs lecteurs cette consolation et ce dédommagement ?
Plusieurs de ces récits, le très grand nombre même, remontent aux premières années de mon ministère des âmes et de mon enseignement dans les Lettres. J'avais de vingt-quatre à trente-quatre ans environ.
C'est rage où vit en nous le poète que tout homme, dit-on, porte au-dedans de soi, et qui d'ordinaire meurt jeune. Le souvenir heureux que j'ai gardé de ce temps-là ne m^aura-t-il pas illusionné quelque peu sur la fraîcheur de ces fleurs et la saveur de ces fruits, cueillis il y a longtemps, quelquesuns sous d'autres cicux, et qui ne sont plus de saison? Je ne saurais le dire.
Je garde du moins la confiance que la Jeunesse littéraire ne m'en voudra pas de ce retour vers elle, car c'est d'elle surtout