‹ Autour de la buvette [microforme]Chapitre 1 sur 53 · rue Saint-Joseph · texte numérisé non relu

rue Saint-Joseph

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L'ennemi qu’il nous faut combattre

Tous, lorsque nous étions au collège, nous avons plus ou moins appris la fable du bon La Fontaine, Les animaux malades de la peste.

Les premiers vers, j'en suis certain, vous viennent à la mémoire :

Un inal | répand la terreur Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre,

La peste (puisqu'il faut l’afpeler par son nom)

La peste dort parlait le bonhomme La Fontaine n'existe plus du moins en Amérique; mais un autre non moins terrible fléau est venu la remplacer: ce

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fléau—puisqu'il faut l’appeler par son nom—c'est l’alcoolisme.

L'alcool joue dans nos habitudes un tel rôle qu’il semble vraiment que l’homine ne peut plus exister sans lui.

On boit de l’alcool pour se tenir éveillé, on en boit pour se donner le sommeil ; on boit de l’alcool pour se donner des forces au travail, on en boit pour se remettre de la tâche accomplie; on boit de l’alcool pour se donner de l’appétit, on en boit pour aider le travail de :a digestion ; on boit de l’alcool pour se réchauffer, on en boit pour se râfraîchir; on boit de l’alcool pour se réjouir, on en boit pour se consoler. L'alcool c’est la panacée, le remède qui guérit de tous maux, que nous offre le charlatan sur les places publiques, les jours de marché.

Le Père Hamon compare l’alcool à la flûte enchantée du vieillard errant de village en village, dont parlent les légendes d’Allemagne.

Tous ceux qui entendaient les sons de la flûte magique,abandonnaïient leurs occupations et suivaient le vieillard sans pouvoir s’arrêter. Et le vieillard, entraînant après lui ces foules magnétisées, les conduisait vers les rivages de l’océan. Il pénétrait dans les flots et s’avançait plus loin....toujours plus loin....A la vue du danger qui les menaçait, les multitudes effrayées vou-

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laient rebrousser chemin, mais les accents de la flûte enchantée se faisaient entendre et les forçaient d’avancer.

Bientôt magnétiseur et magnétisés disparaissaient ensemble dans le gouffre...

Quel est celui d’entre nous qui n’a pas connu dans son entourage tel de ses parents, de ses amis, qui pouvait êire cité comme exemple à tous ? Gai, jovial, fils respectueux, bon chrétien, époux modèle, père sans reproche, jusqu’au jour où le dieu alcool s’est emparé de lui. A partir de ce moment, les unes après les autres, ses qualités sont disparues. Il est devenu morose. Autrefois actif, travailleur, fier de sa personne, il est maintenant indolent, paresseux, négligé. Doux, poli jadis, il est devenu chicanier, brutal. Son foyer si heureux dans les premières années de son mariage est maintenant un véritable enfer.

Sa femme et ses pauvres enfants le voient réintégrer le logis avec épouvante car les instants qu’il y passe sont pour eux remplis d’anxiété et d’angoisses. Honneur, famille, avenir, santé, il sacrifie tout à l’alcool. Il se laisse entraîner de débauche en débauche jusqu’à ce qu’il soit réduit à la plus noire misère. Quelquefois même il ne recule pas devant les expédients les plus bas et les plus vils pour se procurer de quoi satisfaire sa sordide passion.

Demandez au prêtre, au médecin et au

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juge de police, les trois personnages qui vivent le plus en contact avec la misère humaine, ce qu’ils pensent de l’alcool.

Au prêtre, demandez quelle est la cause du malheur de tant de familles, la raison de la désunion de tant de ménages, la cause de tant de larmes versées. Il vous dira que c’est l’alcool.

Au médecin, dites: Qui donc envoie au cimetière si prématurément tant d’hommes forts, de jeunes gens aux talents brillants ? Qui donc peuple nos asiles de tant de fous et d’idiots ? Qui donc envoie aux hospices ces centaines d’orphelins, d’épileptiques, de tuberculeux et de rachitiques ? Il vous fera la mime réponse.

Au magistrat de police, demandez:

Qui donc emplit nos pénitenciers et nos prisons ? Il vous répondra encore : C’est l’alcool.

L'alcool ! C’est donc l’ennemi qu’il nous faut combattre.

Les liqueurs alcooliques sont capables de ruiner les plus beaux talents, d’amener le délire et la folie furieuse: les hôpitaux et les asiles d’aliénés en four-

nissent la preuve.

Mgr S. KNEIPP

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Bonne année, bonne santé !

Bonne année, bonne santé ! allons-nous dire à nos parents, à nos amis, à nos connaissances, ces jours-Ci.

Et pour compléter ces bons souhaïts, verres et bouteilles s’aligneront sur la table. Chacun prendra son petit verre d’alcool.

N'est-ce pas qu’elle est étrange, bête même, notre façon de se souhaiter une bonne année et une bonñe santé! Nous absorbons une prétendue eau-de-vie qui abrège l’existence, qui sème là où elle s’introduit la misère et la honte.

Réagissons donc contre cette coutume tyrannique !

Bonne année, bonne santé! Tendonsnous une main fraternelle et laissons là verres et bouteilles. Il s’en suivra bonne année, bonne santé et prohablement prospérité.

L'alcool est un poison diabolique: il pousse ses victimes de chute en chute; il les saisit et ne les quitte plus jusqu’à ce qu’il les ait conduits à une fin misérable.

L'abbé N. NEUENS

La différence entre les deux

L’alcoolisme et l’ivrognerie sont-ils la même chose ?

On est porté dans notre pays à confondre ces deux maladies, car l’un et l’autre sont véritablement des maladies.

L’ivrognerie c’est l’habitude de l’ivresse.

Disons ce qu'est l’ivresse.

L'ivresse est un état passager d’empoisonnement, causé par l’absorption trop abondante d’alcool. Cet empoisonnement se manifeste par des symptômes physiques qui montrent que certains organes, estomac, intestin, poumons, coeur et nerfs, ont été affectés par l’agent dangereux, et par des symptômes intellectuels qui prouvent l’action subtile de l’alcool sur le cerveau.

Le buveur de bière a une ivresse lourde et hébêtée. Il dormira pendant plusieurs heures, et se soulagera ensuite en -astituant le trop-plein de ce qu’il a absorbé.

Le buveur de vin a généralement une ivresse gaie, alerte. Cependant, si le vin qu’il a absorbé est de mauvaise qualité, il sera de mauvaise humeur.

L'ivresse du buveur d’alcool varie

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