NI PERTE
tations pour ivresse alors que vous aviez des buvettes ?
—Douze à quinze. On en a même fait vingt-quatre en 1905.
—Combien votre conférence Saint- Vincent de Paul a-t-elle soutenu de familles l’année dernière ?
—Huit, dont trois arrivées tout récemment dans la paroisse.
Et avant l’année dernière ?
—Environ une vingtaine par hiver.
—Et le commerce, comment va-t-il ?
Vos mare! à1nds sont-ils satisfaits de leur année Ÿ Les crédits entrent-ils ?
—Tous me paraissent satisfaits. Les familles achètent moins à crédit. Les épiciers eux-mêmes, quoiqu'ils crient beaucoup parce qu'on leur a enlevé le droit de vendre de l’alcool, avouent qu'ils reçoivent compensation parce qu'ils sont mieux payés. Quant à moi, je dois à la vérité de déclarer que tout va comme sur des roulettes à ma manufacture /mon ami emploie une centaine d'hommes), mes ouvriers arrivent à l'heure juste, font de bonnes journées et, changement appréciable, le lundi bien peu ne viennent pas travailler.
—Et avec tout cela, tu persistes à affirmer que la prohibition a eu pour effet de doubler la dépense pour l’alcool chez vous ?
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—Les amis de la tempérance n’ont jamais prétendu que la prohibition dans
une paroisse y fait disparaître l’alcoolisme entièrement et tout d’un coup. Ils n’ignorent pas non plus qu'il y a des vendeurs de boisson sans licence un peu partout. Personne ne !: déplore plus qu'eux. Mais, d’un sutre côté, le vendeur sans licence ne .:\nne de l’alcooi qu’à un nombre restrenc de clients, qui ne font pas d’abus du moins trop apparents, car, ils le feraient vite pincer.
Parce que la prohibition pousse quelques paresseux, dans chaque paroisse, à vendre clandestinement de l’alcool, vat-on prétendre que les intérêts de la tempérance seraient mieux servis si on ouvrait une buvette dans chaque rang ou dans chaque rue ? 11 suffit d’émettre cette proposition pour en faire voir tout le ridicule.
La prohibitic:. dans nos paroisses, nous en avons le témoignage de tous les gens désintéressés, est une véritable régénération.
La vente clandestine ! Il y a un moyen bien facile de l’arrêter. On n’a qu'à dénoncer les vendeurs.
Nous nous flattons tous les jours de vivre dans un pays libre, sous l'égide d’une monarchie puissante. Nous nous plaisons également à énumérer les privilèges dont jouissent les habitants du Canada. N'oublions Pas que nous avons aussi des devoirs. Et parmi ces
derniers l’un des plus impératifs est de dénoncer les transgresseurs des lois.
Les vendeurs de boisson sans licence dans une ville, dans une paroisse, sont des lépreux qui contamirent tous ceux qui viennent en rapport uvcc eux. Que les bons citoyens leur fasses: une ueris sans merci, et ils disparattront Hier vit
Canadiens, qu préttrdz exercer quelque influence, et qui vulez marcher à la tête de vos concitrvn: ,o7ez done comment vous merc 7 vonus-1nêmes ; regardez l’abîime épouvantable dans lequel vous allez vous précipiter tous ensemble. Magistrats, hommes des conseils et des municipalités, ditesnous est-ce qu’il n’y a plus de lois pour diminuer les auberges, pour surveiller celles qui sont licenciées et pour fermer et abattre, à tout jamais, celles qui ne sont que les repaires du vice, de la licence et de l’impureté ? Nous faisons appel à votre intelligence, à votre foi, à votre honneur et à votre nationalité.
” Mgr J.-C. PRINCE
Pendant vingt ans, j’ai vécu en buveur d’eau, et j'ai supporté vaillamment les plus grandes fatigues sans
faire usage d’alcool.