‹ Autour de la buvetteChapitre 37 sur 39 · R. P. HUGOLIN · texte numérisé non relu

R. P. HUGOLIN

Examinez cette race d'hommes, dignes de la malédiction du ciel et de la terre, qui, en cachette, dans les ténèbres, à la dérobée, attirent nos jeunes gens, les enferment dans une chambre et là, leur font boire des liqueurs infâmes qu'ils vendent contre les lois de leur pays, et les rendent ainsi complices de leur désobéissance et de leur passion insensée pour l'ivresse.

L'abbé MAILLOUX

Bon vs mauvais alcool

Ceux qui fréquentent les hars des grands hôtels se font de funestes illusions au sujet des boissons alcooliques qu'ils y boivent. Eh ! quoi, disent -ils, vous nous parlez de boissons frelatées, mais nous ne fréquentons que des bars de première classe où la boisson est de premier choix. Cet argument vaut-il quelque chose ?

Il y a quelques années, une commission nommée par le gouvernement français essaya de se rendre compte de la qualité des eaux-de-vie vendues dans les bars et cafés de Paris. Elle acheta discrètement des alcools dans les cafés les plus sélects comme dans les bouges les plus infects. Qule fut le résultat de l'analyse ? Tous les échantillons revinrent à la commission avec l'une ou l'autre de ces étiquettes : DANGEREUX, MAU- VAIS, ou IMPARFAITEMENT REC- TIFIÉ.

La même épreuve a aussi été tentée dans plusieurs villes de Belgique. Les résultats ont été à peu près les mêmes.

Ces jours derniers, dans le conseil municipal d'une des petites villes des environs de Québec, un échevin animé de

bonnes intentions, je veux bien le croire, proposait de soumettre à l'analyse les boissons alcooliques qu'on vendait à ses concitoyens dans les bars et épiceries.

A quoi, en bonne vérité, servent toutes ces expériences ? L'alcool, si pur qu'il soit, n'est-il pas un poison ? Et si l'alcool est un poison, le détaillant le plus honnête nous protège ra-t-il plus du danger que le gargotier le plus ignoble ?

Non ! l'unique moyen de se préserver des dangers de l'alcool c'est de ne pas en prendre.

L'alcoolisme et la tuberculose sont deux fléaux si intimement unis qu'il faut les combattre à la fois; s'attaquer à la tuberculose en négligeant de combattre l'alcoolisme, c'est s'assurer à l'avance des mécomptes si ce n'est même marcher à la défaite.

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