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Autour de la statue de Jean Houdon

Versailles a connu de belles fêtes ; je doute qu'il en ait vu de plus attrayantes que celles dont la statue de Houdon a été l'inspiratrice.

C'est le sourire d'un jour d'été, disait à Trianon, Jales Glaretie qui, plus que tout autre^ aida Tony Noël à faire jaillir

Des trois marchés de marbre rose Le bloc exquis d'un marbre blanc.

En ces temps, Houdon eut une apothéose digne de son génie, créateur de chefs-d'œuvre.

L'Institut, la Comédie -Française , l'Académie nationale de musique, tous les arts et tous les talents, — au

xviii° siècle on eût dit toutes les Muses et toutes les Grâces, — firent assaut de bonne volonté et d'efforts pour célér brer la mémoire de Timmortel enfant de Versailles.

La politique elle-même se glissa dans la fete et, curieux prodige, y flt plaisir, à tous» Versailles, le 28 juin 1891, ne fut-il pas quelque peu le précurseur de Cronstadt ? On y entendit les mêmes paroles d'alliance et d'amitié ; les mêmes drapeaux s'y montrèrent fra^ ternellement unis et, — M. de Laboulaye, qui nous avait transmis la souscription du Tzar et qui, ce jour-là, fut des nôtres, me pardonnera de l'en remercier, — on y vit le même ambassadeur.

Dans ces fêtes de Trianon et de Versailles tout fut charmant, spontané, cordial. Chacun voulut apporter une pierre au piédestal de notre ami Favier ; et, chose rare, aucune de ces pierres ne fut un pavé,

L'Association artistique et littéraire a tenu à conserver ces souvenirs ; elle

vous a demandé, mon cher Terrade, de les retracer. Vous avez accepté cette tâche ; la lecture de votre volume permet dédire qu'une fois de plus Houdon a été un homme heureux.

Avec quelle spirituelle bonne humeur, en effet, avez-vous raconté Thistoire de celte statue qui, maintenant, — à jamais, je l'espère, — immobile sur son socle, transforma durant quelques semaines notre Comité en émule du mouvement perpétuel.

Comme l'inauguration même de la statue de Houdon, votre livre, j'en suis certain, contribuera à appeler l'attention, la solhcitude des pouvoirs pubhcssur notre beau, notre cher, notre grand Versailles. Aux jours dont vous évoquez le souvenir, notre cité eut rheureuse fortune de voir nombre d'hommes éminents ou célèbres se joindre à ses amis, à ses défenseurs.

Ils ne l'abandonneront pas; dpjà ne vous semble-t-il pas qu'il y ait comme une voix plus puissante, comme une voix plus écoulée qui répète sans cesse :

(( Il faut restaurer Versailies ; ce serait une honte de laisser tomber en ruines ses palais, ses monuments, ses statues^ ses chefs-d'œuvre! »

Quelle est cette voix ?

Serait-ce celle de Philippe Gille?

En tout cas, c'est celle de Topinion.

Tout à vous, Alph. Bertrand.

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