‹ Autour de Sainte-HelèneChapitre 49 sur 58 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

« Une petite malle couverte en peau, contenant une boîte verte, avec un masque modèle de l'Empereur (en plâtre).

« La chaîne,

« Une croix en filigrane que l'Empereur m'a donnée à Sainte- Hélène.

« Un petit sabre en argent et son fourreau en vermeil.

« Un petit Napoléon en or.

« Une caisse d'argenterie que le comte Bertrand m'a donnée à notre retour de Sainte-Hélène, contenant 12 cuillères à soupe, 12 fourchettes, 12 petites cuillers, le tout à filets; 12 couteaux à l'anglaise. La théière en argent dont l'Empereur se servait à Sainte-Hélène, un sucrier idem, une pince à sucre idem, avec quatre godets en cristal et deux petites cuillers à sel en vermeil.

« Une lette autographe du comte Bertrand envoyant au D^ Antommarchi ladite caisse.

« Un télescope que l'Empereur Napoléon portait dans ses mémorables campagnes et dont il m'a fait cadeau à Sainte- Hélène en 1820.

« Un portrait de M'"« Achille Murât.

« Un portrait de l'Impératrice Marie-Louise en portefeuille (aquarelle) .

« Un masque de l'Empereur Napoléon en bronze, de la Souscription Antommarchi (1833) fondu par L. Richard et Quesnel à Paris.

« Un morceau de cire à cacheter ayant appartenu à l'Empereur.

Ces préparatifs furent suivis dun prompt départ puisque, à la fin de 1834 Antommarchi arrive à la Nouvelle-Orléans. 11 semblait vouloir y exercer la médecine homéopathique à laquelle il s'était converti, et pour obtenir un bon accueil il fit hommage à la cité d'un masque en plâtre de l'Empereur, qui fut solennellement déposé à l'Hôtel de Ville ; mais ce beau début ne lui servit à rien et, en 1836, il s'embarqua pour Cuba et se fixa à Santiago. 11 semble y avoir eu des succès dans une spécialité que rien jusque-là ne l'avait préparé k exercer : celle de l'oculistique. « 11 fit ici la

première opération de la cataracte ^ qu'on ait faite dancette province, sinon dans l'île de Cuba, et il fut bien reçu et accepté par ce qu'il y avait de mieux dans la ville, et en particulier par le gouverneur général Moya dans la maison duquel il mourut de la fièvre jaune le 3 avril 1838. Il futd'abord inhumé dans le tombeau de famille du marquis Tempii: puis, à ce quil semble, ses restes auraient été placés dans un monument que lui aurait érigé le gouvernement de l'Empereur Napoléon 111. 11 paraît du moins ressortir du document suivant, retrouvé dans les archives du Consulat de France à Santiago-de-Cuba qu'un tel projet fut forme en 1854. attestant une fois de plus combien peu l'empereui- Napoléon 111 était instruit du drame de Sainte-Hélène.

Mr>ISTKRE

DES AFFAIRES ÉTRANGKRES Parîs. le 27 novembre 1854.

Direciion politique.

Monsieur, Sa Majesté l'Empereur, informé que les restes du D'" Antommarchi gisaient abandonnés à Saint-Jacques de Cuba, dans le tombeau d'une famille étrangère, a décide qu'une sépulture décente et honorable serait donnée aux dépouilles mortelles de ce fidèle serviteur de Napoléon I<^' el que les frais de cette sépulture incomberaient à la liste civile impériale. Je vous prie en conséquence de vouloir bien me transmettre tous les renseignements propres à m'éclaire r sur les dispositions qu'il paraîtrait convenable d'adopter pour l'érection d'un tombeau destiné à recevoir les cendre-

* Ces renseignements m'ont été envoyés par le capitain ' Henry D. Tliomason « du National Sanitary Department ». déUiclié près la Répubbque de Cuba « under the provisional administration ofthe United States ». Le capitaine Henry D. Thomason s'est occupé avec un" grand zèle de rechercher la tombe de François Antommarclii dans le cimetière de Santiago et c'est a ce sujet qu'il est entré en correspondance avec moi. Je regrette de lui apporter ici quelques désillusions sur un personnage qu'il estime parce « qu'il dévoua sa vie à l'Empereur et qu'il fut son plus intime compagnon durant les deu.v dernières pnnées de la^ vie du héros. »

NOTES SUR ANTOMMARCnr 313

lu D' Antommarchi et sur le chiffre de dépense que ces travaux nécessiteraient.

Recevez, etc.

Signé : Drouyn de Lhuys.

Il a jusqu'ici été impossible au capitaine Thomason de retrouver dans quelle partie du nouveau cimetière auraient été transportés les restes d' Antommarchi.

« Après sa mort, écrivait de Romans, le 15 juin 1892, au Salut public, de Ljon, M. Stella, capitaine en retraite, son neveu, le Masque passa (avec les autres objets désignés dans l'inventaire da 1834) aux mains de son frère Dominique, propriétaire à Morsiglia (Corse). A la mort de ce dernier, ce fut son frère, Joseph-Marie, domicilié à Caracas (Venezuela) qui hérita du Masque et sa veuve, qui vit toujours et qui se trouve à Santa-Fe de Bogota, est en possession du vrai masque moulé à Sainte-Hélène. »

Le bruit se répandit, au début de 1902, que les descendants du D"" Antommarchi avaient l'intention de faire vendre aux Etats-Unis les reliques impériales qu'ils détenaient. Le ministre de France à Bogota en avait averti le département, en envoyant l'extrait de l'inventaire de 1834 et la photographie des objets qui v étaient désignés.

« On ne sait, écrivait-il, ni dans quelle ville ils ont été envoyés, ni par les soins de qui la vente devra se faire. »

Le Figaro du 23 avril 1902 renfermait des informations

lalogues.

Si les objets n'ont point été partagés, ils pouvaient se trouver, récemment encore, en la possession du baron Antommarchi qui a signé la lettre publiée par le Temps et qui y disait avoir en sa possession la lettre du grand maréchal désignée dans l'inventaire de 1834.

Divers journaux ont depuis lors annoncé la mort, à Santiago-de-Cuba, du baron Antommarchi.

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