Thureau'Dangin, op, ciï., II, p
's. Thureau-Dangin, op. cit. y II, p. 410. < Fait digne de remarque, écrit M. Thureau-Dangin, des penseurs, étrangers au fond à toute croyance religieuse, sont, par des raisons analogues à celles des anglicans du Broad Church, partisans décidés de TÉglise d'État. M. Lecky, par exemple, voit, dans cette organisation composite et compréhensive de TÉglise établie d'Angleterre, une facilité pour une plus grande latitude d'opinion, un affaiblissement de la foi dans la certitude et dans la nécessité du dogme, une garantie contre la tyrannie sacerdotale et la démagogie cléricale. Loin donc d'aspirer, comme les libéraux du continent, à la séparation de rÉglise et de l'État, il prétend conserver ce qu'il appelle une machine aussi bienfaisante. {Democracy and Liberty, t. I, p. 432 et suiv. ; t. II, p. 14.) > 3. Thureau-Dangin, op. cit., II, p. 427.
grande, à des théories aniidogmatiques que Tépis* copat jugeait néfastes.
Isolé dans Oxford, Pusey assistait aux conquêtes du Broad Church dans la terre natale du € tractarianisme.» Mais, à dater de la conversion de Newman, le tractarianisme, émigré de Tuniversité, avait essaimé dans les paroisses ; et la portée, somme toute, s'en était accrue. Des résipiscences dogmatiques n'intéressent jamais qu'un petit nombre ; au contraire, des réformes liturgiques, parlantes aux yeux, captivaient et passionnaient la foule des fidèles. Entre 1850 et 1860, un mouvement qu'à l'heure présente l'antique puritanisme désespère d'arrêter, le mouvement « ritualiste », commençait de se dessiner. Aux heures de prière et d'émotion dans lesquelles Newman se demandait iKmrouoi ses amis de naguère, pourquoi Pusey, pourquoïohurch, s'attardaient dans l'Eglise anglicane, il concludt :
Ces hommes sont mairitenus de bonne foi, sans plus de lumière qu'ils n'en ont, étant de bonne foi anglicans, afin de préparer graduellemeit leurs auditeurs et leurs lecteurs, en plus grand nombre qu'autrement il n'eût été possible, pour la foi vraie et parfaite, et afin de les conduire en temps opportun, dans TEglise catholi-
3ue. S'ils eussent eux-mêmes senti qu'il était de leur evoir de devenir tous catholique? en une fois, Tœuvre de conversion aurait du mêms coup pris fin ; il y aurait eu une réaction. Eux, au contraire, comme saint Jean-Baptiste, font droite la Voie du Christ *.
C'est ainsi que, dans le plan divin tel que le commentait Newman, € tractariens ^ et « ritualistes », demeurés à mi-chemin, servaient à leur façon ce catholicisme devant lequel ils refiisaient d'abdiquer: ils s'évertuaient à faire calholiqur' leur Église avant de se connaître eux-mêmes comme catholiques.