‹ Autour du catholicisme social (volume 2)Chapitre 69 sur 99 · Thureau-Dangin, op, cit., III, p · texte numérisé non relu

Thureau-Dangin, op, cit., III, p

du ils par de véritablos cortèges nationaux à leur suprême lieu de repos.

Le siècle durant lequel les catholiques de Grande- Bretagne s'étaient abandonnés avec le plus de confiance aux inspirations romaines était. en même temps le siècle durant lequel ils avaient pénétré dans la vie même de l'Angleterre, et s'étaient fait connaître et respecter comme des collaborateurs notoires de la grandeur nationale ; les néophytes auxquels Rome confiait les destinées de l'Église d'Angleterre rendaient cette Église, tout à la fois, de plus en plus romaine et de plus en plus anglaise ; et les 160.000 catholiques qui, dans l'Angleterre de 1815 ou de 1820, semblaient rougir de vivre et fuir la lumière, — gens lucifuga^ disait un jour Newman ', — faisaient place, vers la fin du siècle, à 1.500.000 catholiques, désormais forts de leur nombre même, et plus forts encore, peut-être, parce qu'ils se réclamaient, sans ambages, d'un état civil dressé à Rome, et parce qu'ils n'avaient nul scrupule à considérer la libre Angleterre comme librement ouverte à leurs libres énergic^s, 11 était réservé au pays du No popery de montrer que l'idée catholique, interprétée par un Manning sous le regard d'un Léon XIII, n'isole point les hommes de la vie nationale et de la vaste besogne humaine ; qu'elle arrache les persécutés de la veille au rôle de boudeurs et de frondeurs ; qu'elle ne répugne pas à jeter ses adeptes dans le creuset des nations ; qu'entre elle et l'esprit civique l'alliance est naturelle ; et la renaissance catholique en Angleterre, au xix® siècle, ne fut si somptueuse et si durable que parce qu'elle réintégra, dans l'esprit des catholiques eux-mêmes, la notion de leurs devoirs sociaux.

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