‹ Autour du catholicisme social (volume 2)Chapitre 72 sur 99 · Thurcau-Dangin, op. cit., I^ p. 4 et · texte numérisé non relu

Thurcau-Dangin, op. cit., I^ p. 4 et

lion par Pie IX d*uii archevêché à Westminster et de douze autres évêchés^une voix retentit, qui n^était autre que celle du nouvel archevêque, et qui annonçait aux pauvres les libéralités nouvelles de l'apostolat catholique *.

Wiseman, avec une éloquente ironie, rassurait les inquiétudes du chapitre anglican : « Les dignitaires anglicans de l'abbaye, promettait-il, n'auront rien à souffrir dans leurs droiû temporels ni dans la tran- -quille possession de leurs titres et de leurs dignités. Ce splendide bâtiment, ses trésors artistiques et ses riches revenus, ne sont pas la partie de Westminster qui doit m'occuper. » Et puis il continuait :

La partie qui m'intéresse forme un effrayant contraste avec toute cette magnificence, qu'elle touche cependant de très près. Autour de Tabbaye de Westminster s'étendent des labyrinthes de ruelles, de cours, d'allées, de bouges, hideux repaires de l'ignorance, du vice, de la dépravation et du crime, en même temps

Sue de la malpropreté, de la misère noire et de la malaie. L'atmosphère de ces lieux est le typhus ; leur ventilation est le choléra. Une population presaue innombrable, qui est en grande partie catholique (ae nom du moins), y fourmille. V^oilà la seule partie de Westminster que je convoite, que je serai heureux de réclamer, de visiter comme un pâturage béni,où Regarderai les brebis de la sainte Eglise. Car c'est là que Tévêque doit remplir son devoir sacré de consoler, de convertir et de préserver du mal ... Si les richesses de l'abbaye restent inactives et ne se répandent pas, si on ne les emploie pas à tirer la population environnante de l'abîme où elle est plongée, qu'on ne porte pas envie à l'homme, quel qu'il soit, qui, sous un nom

1. Les origines économicjues et sociales du méthodisme ont été bien étudiées par M. Elie Halévy dans la Revue de Paris ^ des l" et 15 août 1906.

quelconque, n'ambitionne que cette dernière part, sans rien prétendre à celle des avantages temporels *•

Cet Appel au peuple anglais^ par lequel Wiseman célébrait et justifiait la résurrection officielle de l'Eglise catholique en Angleterre, semblait nouer un pacte entre le « romanisme » restauré et les classes les plus déshéritées du royaume. Quelques semaines après, les fiers universitaires qui naguère s'attardaient, à Sainte-Marie d'Oxford, à surprendre l'âme de Newman sur les lèvres de Newman, apprenaient avec stupéfaction que, dans un coin de Birmingham, son éloquence ne croyait pas déchoir en se dépensant pour une quarantaine de pauvres ouvriers irlandais *. A son tour, la haute société de Londres était comme ébahie lorsqu'elle apprenait que Manning, dont les clubs, hier encore, goûtaient avec ravissement les brillantes qualités de causeur, Manning à qui Ton avait songé pour faire de lui l'aumônier de la Reine, s'en allait désormais, à la voix de Wiseman, dans le quartier déshérité de Baysw^ater, fonder une communauté d'Oblats de Saint-Charles, pauvres parmi les pauvres '.

Car les missions dans les faubourgs indigents étaient la première préoccupation de Wiseman. Il arrivait, parfois, que certaines congrégations qu'il chargeait de cette besogne excipaient d'empêchements provenant de leurs règles particulières. « Presque toutes les communautés religieuses, ripostait Wiseman avec quelque tristesse, sollicitent sans cesse des dispenses, les unes pour le jeûne et l'abstinence, les autres pour le chœur, toutes pour l'habit, et si on leur demande : Pourquoi ces exemp-

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