‹ Autour du catholicisme social (volume 2)Chapitre 84 sur 99 · Acta Leonis Papœ XIII, III, p · texte numérisé non relu

Acta Leonis Papœ XIII, III, p

gence la juridiction d'une crosse française et la sollicitude d'un clergé français *.

Des actes analogues, qui remettaient en honneur la vocation de notre peuple en même temps qu'ils asseyaient nos prérogatives, furent multipliés par Léon XIII en faveur de notre protectorat dans le Levant. Le Quirinal en 1888, l'empire d'AUemagoe en 1898, offrirent aventureusement au Vatican l'occasion de rappeler et de ratifier notre privilège de puissance protectrice des missionnaires : sans retard, cette occasion fut saisie; Léon XIII poursuivait son œuvre d'unificateur en récompensant la République française des services rendus au nom chrétien par la France de saint Louis *. Il trouva même, en 1894, un ingénieux moyen d'affirmer ces solidarités historiques et d'en donner une de ces traductions voyantes, somptueuses, qui frappent pour de longues années le cerveau de l'Oriental : c'est un Français, le cardinal Langénieux, qui fut choisi comme légat du Pape à la réunion eucharistique de Jérusalem. Pour la première fois depuis les croisades, un envoyé officiel du Saint-Siège venait rendre hommage au Saint- Sépulcre, berceau du christianisme universel ; il arrivait en droite ligne du baptistère de Reims, berceau du christianisme français. Ce sont là des faits dont l'Orient se souvient, au grand bénéfice de la France .

Serait-il téméraire de prétendre que ce ne fut point seulement hors d'Europe, mais en Europe même, que l'amitié de Léon XIII nous fut fructueuse? Nous descendons ici sur un terrain qui, jusqu'à publication des documents, sera chasse réservée pour les diplomates : on y devine certains enchaînements plus

1. Voir Goyau, Les Nations apôtres ; vieille France, jeune Allemagne, p. 164. (Paris, Perrin, 1903, 3« édit.).

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