‹ Autour du catholicisme social (volume 3)Chapitre 49 sur 97 · Sicard, op. cit., III, p · texte numérisé non relu

Sicard, op. cit., III, p

lait avec joie les prêtres déportés qui se risquaient à revenir et qui, déguisés en ferblantiers ou en mar* chands ambulants, parcouraient les campagnes pour porter quelque secours aux âmes désertées et préparer la résurrection de la vieille liturgie. Des policiers survenaient, parfois, pour traquer ces insermentés. Mais les populations se prêtaient mal aux recherches domiciliaires ; et dans la hâte qu'elles éprouvaient d'avoir des sacrements, elles détestaient les chicanes qui les en sevraient Ml y avait, çà et là, un tel besoin de se remettre à prier ensemble, qu'une sorte de sacerdoce profane s'inaugurait : un villageois, au nom de tous les autres, lisait publiquement les prières de la messe. Les proconsuls de la Convention s'exprimaient avec amertume contre ces « cultivateurs indignes d'un si beau nom », contre ces « régents de village qui devraient donner l'exemple de toutes les vertus républicaines » » et qui, tout au contraire, présidaient à des patenôtres ; était-ce la peine d'avoir affranchi 1' « Homme », de l'avoir paré d'un bel écriteau portant le mot de liberté, pour que ce citoyen libre s'en allât tout de suite faire l'office de curé? On citait même un diocèse, celui de Saint-Claude, où ces € chefs de paroisse » civils étaient agréés par Tautorité ecclésiastique pour diriger l'office.

De nombreux missionnaires parcouraient les campagnes, pour seconder et guider la spontanéité des laïques. « Nous éviterons, disait le Manuel des Mis^

1. On peut lire aussi, au sujet de cette période de transition, une curieuse monographie locale de M. Tabbé Gontrasty : Un conseil de paroisse sons le régime de la première séparation de VÉglise et de VÉlat (Toulouse, impr. Saint-Cyprien, 1907), et Ton y touchera du doigt comment se réorganisa le culte et comment il fonctionna, de 1795 à 1806, dans la commune de Seynes-Tolosane.

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