Thureau-Dangin, op. ci7.,I. p
lions italiennes % » comme ils disaient, s'exprimait parfois avec une fierté tout anglaise, on n'avait pas de peine à découvrir, derrière cette apparence de fierté, Tatavisme de la peur. C'était la peur qui avait amené leurs ancêtres à se détacher de ces pratiques trop palpables, trop tangibles, et dès lors trop aisément exposées à l'œil du policier, au châtiment du bourreau ; la peur encore, l'inconsciente peur héréditaire, empêchait l'infortuné troupeau, — pusillus grexy — de les reprendre et de les remettre en honneur.
Aspirant à être ignorés, à se rendre invisibles, il était naturel qu'ils fussent méconnus : Newman fut très étonné, après sa conversion, de ne point rencontrer chez les prêtres du catholicisme « ce caractère doucereuxet affecté qu'on leur imputait d*ordin aire »; et Ward,un autre nouveau venu, ne s'était pas encore corrigé de son injuste sévérité d'anglican lorsqu'il disait à Jowett : « Les catholiques anglais ne savent pas ce que c'est que l'éducation. Beaucoup d'entre eux ne peuvent écrire l'anglais. Quand l'un d'eux entre en controverse avec un protestant, c'est un barbare se rencontrant avec un homme civilisé. » Ainsi parlait un converti, et l'un de ceux qui mettaient au service de Pie IX l'activité la plus docile et la plus exubérante ; ainsi parlait celui qu'on pourrait peut-être dénommer le Louis Veuillot de l'Angleterre.
« Nous sommes heureux de vous souhaiter la bienvenue, monsieur Ward, lui avait dit, au surlendemain de sa conversion, Mgr Griffiths, vicaire apostolique de Londres. Du reste, nous n'avons rien à vous donner à faire. > Ce langage était révélateur, il attestait le médiocre enthousiasme avec lequel les catholiques anglais accueillaient une recrue nouvelle; tout bruit leur était odieux, et les convertis faisaient