‹ Autour du catholicisme social (volume 3)Chapitre 68 sur 97 · Thureau-Dançin, op. cit,y II, p · texte numérisé non relu

Thureau-Dançin, op. cit,y II, p

Église que la pleine liberté de sa vie intérieure,cette situation différente des deux confessions donnait au catholicisme, pour les luttes permanentes dont Pâme anglaise est Tenjeu, d'étranges et précieux avantages. L'action sociale qu'exerce une Église est en raison de son indépendance : le peuple, lors même qu'il se sent ou gu'il se croit représenté parles corps constitués de l'État, n'attache qu'une médiocre importance religieuse à une Église qui lui apparaît comme l'émanation de cet État,et dont Newman pouvait dire qu'elle n'était « qu'une sorte d'accessoire, d'appendice, d'arme ou de parure du pouvoir royal. » C'est ce que sentirent, vers le milieu du siècle dernier, les théologiens qui s'efforcèrent de créer, sous les auspices de l'anglicanisme, une sorte de socialisme chrétien, les Denison Maurice et les Antony Hort. Rattachés au Broad Churchpar l'élastique complaisance de leur Credo, ils estimaient, cependant, que l'Etat ne pouvait que faire obstacle à la vraie popularité du Christ. La « respectable » et « confortable» allure qui méritait aux dignitaires de l'Eglise anglicane les honneurs décernés par l'État apparaissait à ces réformateurs, de même qu'aux « tractariens », comme un médiocre moyen de propagande et de conquête ; et ce qu'il y avait d'un peu haut et d'un peu sec dans la belle et grave tenue des high fashioned clergymen * les prédestinait assez mal au contact avec la pauvreté.

Cent ans plus tôt, les développements du prolétariat industriel avaient offert au méthodisme naissant un merveilleux terrain d'action : l'Esprit était descendu vers les pauvres, il les avait relevés, sans que l'Église anglicane parût envier au méthodisme cette prolifique et sordide clientèle. Subitement, en 1851, lorsque la vieille Angleterre se souleva contre l'érec-

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