‹ Autour du drapeau [microforme]Chapitre 8 sur 39 · LE POUVOIR SACERDOTAL DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LE POUVOIR SACERDOTAL DE L'ÉGLISE

L'Eglise a reçu de Dieu le pouvoir du sacerdoce: “ Faites ceci en mémoire de moi.” Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc., etc. Allez et enseignez les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, etc., etc.

L'Eglise peut donc régler ce qui concerne l'administration du baptême, de la pénitence, du mariage et autres sacre-

ments. Elle a droit de faire des rubriques touchant le Saint Sacrifice de la messe, etc., etc. Car Jésus-Christ n'a pas donné seulement avx apôtres qui vivaient de son temps le pouvoir de baptiser, de remettre les 1 échés, d'offrir le Saint Sacrifice de la messe, mais aussi à leurs successeurs, puisqu'il dit: ‘Je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles.” C’est uu pouvoir qu'il a conféré à son Eglise.

Or, voici les conséquences rigoureuses de ce pouvoir.

L'Eglise a non seulement le droit, mais aussi le devoir de continuer ou mieux de perpétuer son sacerdoce; car qui a droit à la fin a droit aux moyens Donc elle peut recruter son clergé, et quand un jeune homme appelé par Dieu, veut devenir prêtre, l'Etat ou le père de famille seraient bien coupables de l’en empêcher.

Ce jeune homme, une fois consacré à Dieu, appartient à l'Eglise, et l'Etat n’a aucun pouvoir sur lui dans l’ordre spiri-

tuel. Sans cela le pouvoir sacerdotal que Jésus-Christ a donné à son Eglise serait incomplet. Le prêtre peut donc prêcher ce que le pape voudra qu’il prêche, refuser les sacrements à qui le pape voudra qu’il les refuse, être témoin du consentement mutuel de mariage entre deux époux quand il le voudra, ne relevant dans ces sortes de choses que de l'autorité ecclésiastique.

Ceux qui poursuivent devant l'autorité civile un prêtre parce qu'il a refusé le baptême à un enfant, se trompent: c'est devant l’évêque qu'ils doivent le citer.

Ceux qui recourent aux tribunaux civils pour punir un prêtre de ce qu'il a accepté ou refusé d’être témoin du contrat de mariage de deux personnes, sont gre- vement dans l'erreur.

L'Eglise a encore le droit de construire des temples pour y célébrer les Saints Mystères. (C'est une autre conséquence rigoureuse de son pouvoir sacerdotal, et

ces lieux par leur nature même sont soustraits à toute juridiction laïque.

Donc, un évêque peut ordonner la construction d’un temple, l'établissement d’une desserte ; et quand il le fait, un bon catholique peut en appeler à son supérieur ecclésiastique, mais il ne doit jamais se prévaloir des lois tyranniques qui peuvent exister dans certains pays où a soufflé l'Esprit du Césarisme, du Joséphisme, du Louis quatorzisme et du Jules Ferryisme.

Quelle ne fut pas la surprise des catholiques de ce pays quand ils apprirent que Sa Grandeur Monseigneur L.-Z. Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, était tratné devant les tribunaux civils dans le but de faire annuler un décret épiscopal fait en vertu du pouvoir à lui conféré par l'Eglise de Jésus-Christ.

Voici quelques traits du plaidoyer produit en Cour Supérieure et signé par les avocats du Demandeur.

‘Le Demandeur pour réponse à la dé-

fense au fond en droit du Défendeur...…… dit...

‘Que les ordonnances des Evêques, quand même elles ne seraient que purement disciplinaires et n'auraient que des effets canoniques comme le prétend faussement le Défendeur dans sa dite réponse en droit, n'échappent point dans ce pays au contrôle des tribunaux qui peuvent les casser, les annuler et les mettre de côté quand elles sont illégales, injustes et vexatoires comme le Demandeur prétend que celle dont il s’agit est illégale, injuste et vexatoire.

‘#Qu'ii n’y a point de classes privilégiées en ce pays et que les Evêques sont soumis aux lois comme tout le monde.

‘Qu'un Evêque doit répondre devant les tribunaux de ses actes et de ses écrits, comme toute autre personne, quand même ces actes et ces écrits seraient, comme le Défendeur le prétend dans ce cas-ci, purement canoniques et disciplinaires, s'ils

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