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L'ÉGLISE ET LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE— ET DE LA PRESSE

Qu'est-ce que la liberté de conscience ?

La réponse se trouve dans notre petit catéchisme : Nous avons été créés pour connaître, aimer et servir Dieu et pour acquérir par ce moyen la vie éternelle.

Donc, ‘“ la vraie liberté de conscience est le pouvoir de servir Dieu sans que personne ne nous gêne dans l'exercice de ce droit.” Voilà ce que l'Eglise entend par liberté de conscience.

Maintenant, écoutez bien ce que les méchants, eux, entendent par cette liberté de conscience qu'ils mettent toujours en tête de leur programme.

La liberté de conscience est le droit de servir Dieu ou de ne pas le servir, le droit de tout homme de croire ce qu'il voudra ou de ne rien croire du tout.

Si un homme ne veut pas écouter son Dieu, c’est son droit.

Si un enfant ne veut pas écouter son père, c’est son droit.

Si un homme veut se tuer, c'est son droit : car l’homme n’est dépendant de personne.

Il est facile de voir, chers lecteurs, qu'une telle liberté n’est autre chose que le manque de conscience. Un honnête homme ne peut jouir de cette infâme liberté qui ne fera jamais que des libertins.

Aussi longtemps qu’en vertu de cette hberté on ne s’est rué que sur Dieu seul, on a applaudi des deux mains; mais dès

qu'on a voulu se jeter sur les passants et surtout sur ceux qui faisaient résonner le plus haut ce mot de liberté, on a restreint cette liberté de conscience et on répète maintenant ce commandement que Dieu donna à Moïse au milieu des éclairs et des tonnerres: “tu ne tueras pas.” Mais à ceci les anarchistes répondent: Je tuerai quand bon me semblera, puisqu'il n’y à pas de Dieu pour me punir dans l'autre monde.

Ecoutez bien le dialogue vrai ou supposé d'un anarchiste à qui un journaliste libre penseur posait quelques questions.

Si vous voulez savoir ce que l’on entend par anarchiste, je vous dirai que c’est le plus beau fruit qu'ait jamais produit l'arbre de la liberté de conscience.

Le journaliste : — Vous êtes anarchiste.

monsieur ?

L'anarchiste : —Je suis partisan de la liberté de conscience.

Le journaliste :-—Ce mot est assez va-

gue; qu'entendez-vous par liberté de conscience ?

L'anarchiste : -—Le droit de faire ce que je veux faire.

Le journaliste :— Même le droit de tuer votre semblable ? |

L'anarchiste : —Le droit de tuer quiconque me gêne dans l'exercice de ma liberté.

Le journaliste :—Pourriez-vous désigner quels sont ceux qui vous gênent ?

L'anarchiste : —Les prêtres, les rois, les riches.

Le journaliste : —Pourquoi les prêtres ?

L’anarchiste :— Parce qu'ils disent qu'il y a un enfer: ceci me gêne.

Le journaliste : —Les rois ?

L'anarchiste :— Parce qu'ils. usurpent une autorité qui me gène; ils n’ont pas plus de droit de me commander que j'ai le droit de le faire à votre égard. Je ne dépends de personne.

Le journaliste :—Et les riches donc ?

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L’'anarchiste :— Parce qu'ils ont un bien qui m'appartient, parce qu'ils se sont engraissés de ma misère: ce sont des voleurs.

Le journaliste:—Mais vous reconnaissez à un homme qui travaille le droit de posséder la richesse qu'il a acquise ?

L’anarchiste : —C'est justement le principe que je soutiens. J’ai travaillé pour cet homme qui est devenu riche par mon travail, non par le sien ; j'ai droit d'aller prendre chez lui la part qui me revient ; s’il résiste, je suis en cas de légitime défense, je le tue.

Le journaliste : —Soutiendrez-vous que vous avez le droit de priver sa femme et ses enfants de leur protecteur ?

L'anarchiste :-—J’ai le droit de protéger mon épouse et mes enfants contre l’oppresseur. à

Le journaliste : —Avez-vous bien réfléchi aux conséquences de votre acte; la société vengera la mort de cet homme.

L'anarchiste :—La société ne peut faire plus que de me tuer.

Le journaliste: —Vous ne craignez pas la mort ?

L'anarchiste :—Craindre la mort! pourquoi ? Puisqu'il n’y a rien après cette vie, je veux être libre de faire ce que je voudrai ou mourir; telle est ma devise qui, d’ailleurs, est semblable à la vôtre. !

Le journaliste :—Semblable à la mienne

L'anarchiste: —Ne soutenez-vous pas que vous êtes libre d'écrire ce que vous voudrez ?

Le journaliste : —je suis un chaud partisan de la liberté de la presse.

L'anarchiste: —Et moi de la liberté d'action ; le poignard vaut bien la plume.

Vive les libertés modernes! "!

Le journaliste : —Je trouve que vous allez un peu loin...

L'anarchiste: — Pas plus loin que le tombeau où nous devons tous aller. Une journée de plus ou de moins dans cette

vallée de larmes ne vaut pas la peine

qu'on y fasse attention.

Le if ADR —Je diffère d'opinion avec vous, et j'aimerais à savoir où vous avez puisé de tels principes.

L'anarchiste : —Dans votre Sin depuis que nous jouissons de la liberté de la presse. Depuis que vous m'avez appris à mépriser l’enseignement des prêtres, à me moquer de Dieu et de l’enfer, depuis que je sais qu'après cette vie il n’y a plus rien, je suis libre, monsieur, libre de faire

ce que je voudrai. © douce liberté; tu

me permets de tuer celui qui me gêne,que tu m’es précieuse !

Le journaliste : —En réclamant la liberté de la presse, je ne prétends pas...

L’anarchiste :— Assez, monsieur, à quoi cela vous sert-il de parler? Je vous dis que vous ne pouvez pas faire plus que de me tuer. Or, je ne crains plus la mort depuis que vous m'avez dit qu'il n’y avait plus d'enfer. La mort... puis plus rien.

Plus de Dieu ! plus de vol! plus de meurtre ! plus d'enfer! Vive la liberté de conscience ! !

Le journaliste :— Vous allez trop loin…

L'anarchiste : pas plus loin que la mort, je vous le répète. D'ailleurs, finissons-en, Car Jai faim et il me faut aller chercher — quelques-uns appellent ça voler—mon dîner Puis, tout-à-coup, tirant un revolver de dessous son gilet, et regardant le journaliste en face, il lui dit sur un ton de menace: Avez-vous de l'argent sur vous ?.

Le journaliste court encore.

En second lieu, les méchants se vantent d’avoir arraché à l'intolérance des papistes /a liberté de la presse.

Pour eux, la liberté de la presse signifie : avoir Le droit d'écrire dans un Ron ou dans un journal tout ce qu’il leur plaira, de soutenir n'importe qu'elle doctrine, de se moquer de Dieu et de son Eglise tant qu'ils le voudront. Aussi, ils s'en sont donné à à cœur joie,

ne

Rd ET LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE 99

En vertu de la liberté de la presse, ils ont dit qu’il n'y avait plus de Dien, que l'homme venait d'un singe, qu'il n’y a plus rien après la mort, que le pape est un misérable, que les évêques et les prétres sont des mécréants, des rongeurs de peuple, qu'ils enseignent une doctrine absurde, etc. etc.

Ils ont écrit des centaines de mille vo- Jumes pour jeter l’immoralité la plus profonde parmi le peuple; ils ont fait l'éloge des .crimes les plus honteux, comme l’adultère, le suicide; ils ont préconisé la haïne, la vengeance, le meurtre: ils ont Cté Jusqu'à dire: la propriété, c’est le vol : Dieu, c’est le mal ; et tout cela au nom de la liberté de la presse—liberté pour eur— remarquez bien ces dernières paroles:

pour eux. Car, pour les autres, pour ceux qui veulent combattre leurs erreurs, il n’y a plus la liberté de la presse. Mal- : heur à celui qui veut prendre sa plume pour revendiquer les droits de Dieu et de

son Église, pour protéger l’âme de ses compatriotes contre ces empoisonneurs publics, pour soutenir la doctrine catholique, pour réclamer les droits du père de famille sur ses enfants. Oui! trois fois malheur à celui-là ;

Les partisans de Ja liberté de la presse viendront lui dire qu’il n’est pas libre d'écrire ainsi; ils tâcheront, par toutes sortes de calomnies de le ruiner dans l'opinion publique ; ils le traduiront devant les juges. Qu'il gagne ou qu’il perde, il est certain d’une chose: ces écrivains sont presque tous insolvables et ils n’auront rien à perdre, comme l’anarchiste, tandis que la partie catholique, en gaœnant sur toute la ligne, devra payer des milliers de piastres.

Depuis que cette fameuse liberté existe, je ne crois pas qu'il y ait eu un seul écrivain catholique qui n’ait pas été en butte aux persécutions de ses libertins de la presse. Mais les catholiques s'y atten-

daient; iiberté pour les méchants veut dire : persécution pour les bons.

Si la foi diminue dans les cœurs, si le peuple se démoralise de plus en plus chaque jour, s’il n y a plus de respect pour l’autorité, s’il y a tant de suicides, de meurtres, de grèves injustes, c’est dû en grande partie à la licence de la presse qui cherche à ennoblir le vice et à ridiculiser la vertu et la foi en Jésus-Christ et en son Eglise.

Mes chers lecteurs, prenez garde aux mauvais livres et aux mauvais journaux.

Vos enfants pourront vous faire payer bien cher la lâcheté que vous aurez montrée à leur égard en les laissant lire de mauvaises gazettes.

Que d’âmes brûlent en enfer pour avoir fait toute espèce de lectures!

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