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caisses de vieux vins de “la fameuse comète ” qui était venue saluer Napoléon I sur son lit de mort.
Le pont du navire, contenait de nombreuses et grasses espèces de tous les quadrupèdes et bipèdes que l’Angleterre et ses colonies offrent aux gourmets de Londres. Ajoutez à cela des milliers de saumons qui attendaient au pied dela chute l'appât trompeur ; des serviteurs dont les :
uns tenaient au-dessus de sa tête de grands parasols qu'ils humectaient de temps à autre d'eau froide, et les autres, éventail en mains, dans l'attitude la plus solennelle, défendaient aux mouches de toucher à Lord Mighty Dollar.
. Quel homme heureux se disent peutêtre quelques-uns de mes lecteurs !
Quel homme malheureux se disent ceux qui l'ont vu!
Cet homme ne travaillant Jamais du commencement de l'année à la fin,ne pouvait être heureux.
Jugez :
Il prenait sa ligne et se mettait à pêcher.
Une heure plus tard, après n'avoir cessé de jurer contre les canotiers, 1l était dégouté. Il demandait son fusil, marchait une vingtaine d’arpents sur la rive nord de la rivière; puis, tout-à coup, dans un moment de colère, lançait son fusil au loin dans le sable, en maudissant les canards qui passaient sur la rive sud.
A'ors, il se faisait apporter un livre qu'il parcourait pendant quelques minutes, le jetait par terre, puis de ses yeux presque fermés, cherchait à découvrir de nouvelles étoiles en plein midi. f[rrité de ce que l'étoile qui avait protégé sa naissance ne daignait pas se montrer à ses rez œards, 1l rentrait dans sa tente et jurait contre son cuisinier en attendant son diner.
Son cuisinier, avait—par mégarde sans doute—répandu une fiole de moutarde et une assiettée de sel dans le pudding qu'il
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avait pourtant arrosé d'une bouteille d’eau de vie.
Mighty Dollar devint furieux. Il engagea un homme qui, cahier et crayon en mains devait écrire tout ce que cet indomptable cuisinier faisait & chaque minute de la journée.
Hélas ! le lendemain, le beau saumon de trente livres qui sétalait sur la table, dans un riche plat de porcelaine, était œûâté. Le roi des poissons ou le poisson des rois suintait le sel par tous les pores.
Lord Dollar épuisa cette fois son vocabulaire de mots pour le moins aussi salés que son saumon.
Il ne se tint pas pour battu
Le lendemain, le soleil étonné, éclaira un spectacle unique dans les annales du monde. L'Honorable Mighty Dollar était assis dans un grand fauteuil, un homme tenait au-dessus de sa tête un parasol dont les proportions faisaient penser aux temps antédiluviens. Un autre serviteur de sa
suite rendait le même service, —avec cette différence que le parasol était moins grand —au nouvel employé qui était à écrire la vie de l'illustre cuisinier. Sa Majesté Dollar surveillait l'employé ; celui-ci surveillait le cuisinier qui, lui, ne surveillait pas sa soupe. Ce jour-là —il est du reste inutile de le dire—ni le millionnaire, n1 ses chiens ne purent manger le diner préparé avec tant de surveillance.
Mighty Dollar s’arracha de désespoir la dernière mèche de cheveux dont s’honorait son crâne échauflé, relégua son cuisinier sur une île, (1) jeta ses malédictions à la terre du Labrador, à tous les sauvages et à tous les hommes blancs jaunes ou noirs du monde entier, et partit pour le Mexique. Ne trouvant pas là le bonheur. il gravit les Montagnes Rocheuses; là, plus malheureux que jamais, abandon né depuis longtemps par son nouveau
HN er ES ne mer Ne (1) Il parvint à s’échapper ; aux dernières nouvelle , il était à Yokohama, Japon.
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cuisinier et par la plupart de ses serviteurs, dans un moment d'ennui et de suprême dégoût de la vie, il mit fin à ses jours, se trouvant trop malheureux pour vivre... et pourtant, il avait mille piastres à dépenser par jour! !
Mes chers lecteurs, ‘“contentement passe richesse,” et ce n’est pas dans la paresse qu'on trouve le bonheur mais dans le travail que Jésus a sanctifié.
Comme je m'adresse à des compatriotes qui gagnent leur vie par le travail de leurs mains, je ne dois pas oublier de dire ce que l'Eglise a fait pour ennoblir “l’homme de peine.” Lorsque Notre- Seigneur est venu sur la terre, le travail des mains était considéré comme dégradant. C’est Cicéron, le plus grand avocat de Rome, qui nous le dit: ‘“ Tous ceux qui vivent d’un travail manuel, font un métier dégradant.” Le plus grand philosophe de la Grrèce les appelait ‘ des esclaves.” Ils étaient considérés à peu près
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comme nos forçats du pénitencier de Saint- Vincent de Paul.
Jésus apparaît dans le monde sous les vêtements d’un pauvre ouvrier ; pendant trente ans il travaille pour les opulents des villes, gagne son pain à la sueur de son front: il voulait montrer au genre humain l'estime qu'il faisait du travail pour lequel l'homme a été créé. Il appe- Jait à lui tous ceux qui étaient accablés sous le poids du travail: ‘ Venez à moi, vous tous qui souffrez et êtes accablés, et je vous soulagerai.” Il est à remarquer que, dans ce temps-là, chez les Latins, le mot labor signifiait : travail et souffrance; ces deux mots n’exprimaient qu’une seule idée: on craignait le travail à l'égal dela souffrance.
L'Eglise, fidèle à sa mission, marcha sur les traces de son Divin Fondateur. Elle apprit aux millions de pauvres qui venaient demander protection à l'ombre de son drapeau, que le travail était un titre
de noblesse pour les enfants de Dieu, que la médaille d'honneur et la couronne de gloire que Dieu devait présenter à l'heure du jugement, en présence du monde entier, étaient réservées au plus grand travailleur coopérant à la grâce divine.
L'enseignement de l Eglise fut écouté :
ses enfantsse mirent à l'œuvre et se firent une gloire de se livrer aux travaux les plus durs: ceux du défrichement. ‘ Les Bénédictins ont défriché l’Europe,” dit l'historien protestant Gruizot. Un autre, dont le nom m'échappe, appelle les monastères, de véritables républiques d’agriculture, d'industrie et d'économie. Montalembert nous dit que près de la moitié des villes et des villages de France ont eu un couvent de religieux pour première maison.
Au moyen âge, l'Eglise forma des corporations ouvrières, c'est-à-dire la réunion de tous les artisans d’une même ville, ayant une chapelle spéciale et un patron
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dont on célébrait la fête en grande pompe.
L'Eglise, en déroulant aux yeux du monde, sa liste de saints travailleurs dont elle dépose les ossements sur ses autels, les proposant comme modèle à ses enfants, -—inutile de le répéter, —a fait plus pour le progrès matériel des peuples que tous les rêveurs et les utopistes du monde.
Ce n’est pas dégradant de travailler de ses mains quand on sait que l’'Homme- Dieu l’a fait. |
Aujourd’hui, chez presque tous les peuples, il ya “la fête du travail,” jour où tout travail cesse. Mes amis, c'est une fête qui date de loin que la véritable fête du travail. Dieu travailla six jours et le septième il se reposa. Au milieu des éclairs et des tonnerres, il dit à Moïse:
“Tu observeras le jour du Sabbat.”
L'Eglise catholique s'adressant depuis dix-huit cents ans aux riches et aux puissants de ce monde, leur dit la veille de chaque dimanehe: au nom de Dieu, je
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