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CHAPITRE V

QUE DOIT FAIRE LE FIDÈLE QUAND LES LOIS DE L'ÉTAT SONT OPPOSÉES À CELLES DE L'ÉGLISE ?

Dans notre pays, il y a certaines lois civiles qui sont opposées à celles de l’Eglise; il y en à d’autres qui, sans être hostiles, ne la protègent pas en tant qu'Eglise catholique. Généralement la loi ne protèse que le citoyen, non le fidèle.

Dans le vas de conflit entre la loi de l'Eglise et celle de l'état, que doit faire le fidèle ?

Citons un exemple: L'Etat défend au prêtre d’être présent au contrat de mariage d’un mineur sans le consentement de ses parents. Or, je suppose que pour éviter un scandale retentissant, un curé après avoir consulté l'évêque, juge à pro-.

pos d’être témoin du contrat de mariage de deux personnes dont l’une n’a pas vingt ans.

Le père de la personne mineure, est mécontent, je suppose, et traduit le prêtre devant les tribunaux civils pour lui faire payer une forte amende, comme la chose est arrivée une fois—une seule fois, Dieu merci—dans notre pays. Commet-il un péché ? |

— Oui, il commet un grand péché, parce qu il devient un persécuteur de l'Eglise.

Quand on est catholique on doit avoir confiance en son Eglise et obéir aux lois qu'ont faites ses pasteurs, réunis en Concile.

L'Eglise n'admet pas la loi du divorce.

Ceux qui vont aux Etats-Unis doivent faire bien attention de ne pas suivre les exemples que les Américains leur donnent. Il y a quelques-uns des nôtres qui ont aflligé notre Mère la Sainte Eglise de Dieu. Ils se sont prévalus de la loi du divorce pour convoler en d’autres noces.

Le second mariage est nul; devant l’'Eglise ils sont des concubinaires publics, en dépit de la loi civile qui les protège.

11 faut remarquer aussi que la loi du Concile de Trente qui rend la présence du curé ou de son remplaçant nécessaire à la validité du mariage entre deux catholiques, n’a pas été promulguée dans plusieurs des Etats-Unis. L'Eglise n’a pas voulu qu’elle le fût. Donc, dans ces lieux, tous les mariages faits devant un magistrat ou uu ininistre protestant, quoique gravement défendus, sont valides s’il n’y a pas de parenté ou d’autres empêchements dirimants. J'en connais des centaines qui ont payé bien cher un moment

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de folle passion. Que de jeunes filles ont été se marier devant le ministre avec un protestant baptisé qui au bout de quelque temps les a abandonnées dans la misère ! Tant qu'elles n’ont pas une preuve certaine, authentique que leur mari est mort, elles ne peuvent se marier. Disons en passant qu'aux États il leur est presque toujours impossible, même après trente et quarante ans, d'avoir une telle preuve.

— Vous avez dit, non Père: sl n'y a pas de parenté, le mariage contracté aux Etats-Unis devant un ministre ou nn magistrat est valide ; qu'est-ce que cela veut dire ?

— Voici: Celui qui porte une loi, a seul

le pouvoir de l'abroger. Or, l'Eglise a défendu le mariage entre parents; c’est à elle et à elle seule qu'il appartient de dispenser de cette loi. Un magistrat ou un ministre protestant qui recoit le mutuel consentement des deux parents à un de-

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gré prohibé, ne peut leur accorder dispense de ce degré de parenté. Il y a un empêchement dérimant qui dure tant que cette dispense”n’est pas obtenue de qui de droit.

Venons-en maintenant aux lois qui regardent la justice.

Dans ce pays il y a prescription pour les dettes après un certain nombre d’années, lorsque le créancier ne les réclame pas, voyons ce que dit l'Eglise à ce sujet?

L'Eglise veut que ses enfants paient leurs dettes légitimement contractées, aussi longtemps qu'elles ne le sont pas, lorsqu'ils ont les moyens de le faire.

Devant Dieu 1l n’y a pas de prescription pour le possesseur de mauvaise foi. Vous avez acheté de quoi manger chez un épicier ou bien vous avez pensionné un mois chez une personne; vous partez sans payer. Vous devez je suppose douze piastres. Dix ans plus tard, vous n'avez pas encore payé; vous avez de quoi payer

pourtant, car vous dépensez inutilement en toilette, en boisson, en jeu, pour plus de dix piastres par année, peut-être par mois. Permettez-moi de vous dire, mon cher compatriote, que vous n'irez pas au ciel avec le bien d'autrui, et rappellezvous que si votre créancier ne peut vous rejoindre, Dieu vous rejoindra, lui, tôt ou tard, car il a bonne mémoire comme vous sAVeZ.

Bien souvent, mes chers amis, le confesseur lève la main et prononce les paroles de l’absolution sur la tête d'un coupable, et cette absolution n’est pas ratifiée au ciel; pourquoi? parce qu’il y a une injustice à réparer et qu'on veut pas réparer parce quil y a dix piastres, vingt piastaes, trente piastres qui sont là sur la conscience depuis dix ans. De ce que la loi humaine les protègent, qu'ils se croient -exempts de la prison. Ces hommes se pensent à l'abri de la prison de Dieu, beaucoup plus redoutable que celle des rois

de la terre puisque ses portes une fois fermées ne s’ouvrirout plus—toujours souffrir sans jamais mourir.

Un catholiques doit obéir aux justes lois de l'Etat, mais ne peut se prévaloir d'une loi générale, au détriment d’une personne dans un cas particulier que la loi n'a pas prévu. L'intention de tout législateur est que celui qui a une dette la paie.

Maintenant quand les lois de l'Etat sont muettes à l'égard de celles de l'Eglise, c'est-à-dire quand l'Etat n'approuve ni ne condamne les lois de l'Eglise, que doit faire un catholique ?

Pour nous aider à bien comprendre la réponse citons des exemples.

Un artisan qui reçoit les services d’un prêtre à chaque semaine de l’année, ne veut pas payer sa quote-part pour l’entretien de ce prêtre. La loi de l'Etat ne:

favorisera le prêtre que s’il demande sa protection pour services rendus, mais non

paraît-il, dans le cas de la réclamation du supplement à la dîime.

Un homme s'enivre dans sa maison, mais ne fait de tort à personne, dans de tels cas et autres cas semblables, quelle ligne de conduite doit tenir un catholique ?

La réponse est toute trouvée. Le catholique doit observer les lois de la sainte société à laquelle 1l a le bonheur d'appartenir. Il doit savoir que c’est Jésus-Christ qui le jugera d’après les lois que son Eglise a faites sous sa propre inspiration.

Il faut bien remarquer que les lois de Dieu ont leur sanction, elles aussi; il y a le purgatoire et la prison éternelle de l'enfer pour j unir ceux qui n’obéissent pas à Jésus-Christ.

Celui qui ne paie pas toute sa dime, pêche; celui qui ne paie pas son supplément, aide ou capitation, pêche; tout comme si la loi de l'Etat l’obligeait, car

la loi de l'Eglise est là qui lie les consciences aussi bien que celle de l'Etat.

Donc, soyons honnêtes envers l'Eglise, comme nous le sommes envers l'Etat, non pas par crainte des amendes, mais par crainte de Dieu.

Ecrions-nous avec le spsalmiste : ‘“Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur.” “Beatus vir qui timet Dominum. ‘‘ La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.”

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