‹ Autour du mariageChapitre 20 sur 33 · SCÈNE d'intérieur · texte numérisé non relu

SCÈNE d'intérieur

Paulette, indifférente. — Vous ? Oh ! rien ! Ce n'est pas sur vous que je compte pour cal

Monsieur d'Alaly, vexé. — Vraiment? Et, puisje sans indiscrétion vous demander sur qui vous comptez ?

Paulette, simplement, — Il m'est impossible de vous le dire... {Mouvement de M. d'Alaly.) attendu que je ne le sais pas encore moi-même...

Monsieur d'Alaly, respirant. — Ah! bien! j'aime mieux cela !

Paulette. — Vous avez peut-être tort; je crois, moi, que des rivaux connus valent toujours mieux que...

Monsieur d'Alaly, furieux. — Comment, des rivaux ?...

Paulette. — Ne vous emportez pas, c'est inutile; je ne parle pas, pour le moment, de rivaux en chair et en os.. .

Monsieur d'Alaly, amer. — Vous êtes vraiment bien aimable...

Paulette, continuant. — Les rivaux auxquels je fais allusion, c'est tout ce qui peut rne plaire, me distraire, faire diversion à vous, par conséquent !..

Monsieur d'Alaly, crispé. — Merci I...

Paulette. — Oh! si vous vous mettez en colère!...

Mcwsieur d'Alaly. — Je me mets en colère, à présent ?? ? (Il lève les yeux au ciel.)

Paulette. — C'est cela, prenez un air de victime résignée 1 J'aime mieux ça I On croirait, en vérité, que vous êtes le plus mallieureux des hommes!

Monsieur d'Alaly, sérieux. — Je suis, en effet, très malheureux...

Paulette, moqueuse. — Vous? Et en quoi, je vous prie?

Monsieur d'Alaly. — En tout.

Paulette, s'asseyant dans une bergère au coin du feu. — J'écoute le détail.

Monsieur d'Alaly. — Je me suis marié pour avoir une compagne aimante et fidèle...

Paulette, interrompant. — Je suis aimante à ma façon ! Ce n'est peut-être pas la bonne, mais enfin, chacun aime selon ses moyens. Quant à fidèle, il me semble que vous n'avez pas à vous plaindre... jusqu'à présent.

Monsieur d'Alaly, exaspéré. — « Jusqu'à présent I » Vous avez des restrictions charmantes. {Reprenant.) J'ai épousé une Jeune fille que je savais élevée sévèrement, par une mère irréprochable, sérieuse, presque austère...

Paulette. — C'est précisément cette éducation austère qui m'a donné un désir immodéré de vivre tout différemment... Je ne vous ai d'ailleurs pas dissimulé que je ne m'étais pas mariée pour autre chose.

Monsieur d'Alaly. — C'est vrai, mais vous

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