LA FLEUR D'OR
Mlsiole de IIemu Waïss
A Gustave Goublier.
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La sainlo Vioviro un jnur désirait une rose;
Un scrai»hin. hoau commo un Amadis, Vint cueillir sur la teiro uno llour fraîche éclose
Pour rapporter, Ircs piiiv. an Paradis.
LA FLEUR d'or 237
Mais, à peine ici-bas, il rencontra ma blonde,
Par un matin calme de Fructidor, Et, devant ses cheveux les plus soyeux du monde,
Le séraphin crut voir une fleur d'or.
En la voyant rêver autour de la pelouse — Fleur animée emmi les autres fleurs —
La rose du Bengale en paraissait jalouse, Le bouton d'or semblait verser des pleurs.
L'ange, au lieu d'une rose, au ciel rapporta l'âme De la mignonne aux longs cils de velours.
Et, depuis, de douleur, mon pauvre cœur se pâme, Ma mie est morte et je n'ai plus d'amours.
TRISTE MÉTIER
TRISTE MÉTIER
(Air connu.)
A Maurice de Féraudy.
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Sans aplomb, sans pose, et sans voix, J'écris des cliansons un peu lestes; Les interpréter eut, parfois, Pour moi des résultats funestes.
Je suis, quand j'ai peu de succès, Découragé jusqu'à l'excès.
TRISTE MÉTIER 241
Quel triste métier!
Je me répète, entre deux vestes :
(( Quel triste métier Que le métier de chansonnier! »
Nous nous torturons le cerveau, Mais notre talent n'est qu'un mythe.
Qu'un sujet soit vieux ou nouveau, C'est toujours quoiqu'un qu'on imite.
On passe pour avoir pillé Celui qui vous a plagié.
Quel triste métier!
— Que ne me suis-je fait ermite —
Quel triste métier Que le métier de chansonnier!
Pour être connu cf»mme auteur, Pour obtenir voix au cha[titre, Il faut s'improviser chanteur, Prendre le public pour arbitre.
Mais, inspirant pou d'intérêt Sur les tréteaux d'un cabaret,
Quel triste métier :
On est éclipsé par un pitre ;
Quoi triste métier Que le métier de chansonnier!
Amuser avec dos chansons,
N'est-ce pas une ingrate tâche?
On en écrit de cent façons
Qu'on essaie un soir, puis qu'on lâche;
Mais lorsqu'on a mis la main sur
Celles qui font rire à coup sûr,
Quel triste métier :
Pendant dix ans on les rabâche;
Quel triste métier Que le métier de chansonnier!
Confondu parmi les rates, On va de concert en goguette, D'implacables rivalités Nous font marcher ;\ la baguette Et, pour des vers de mirliton, Nous conduisent à Charenton.
Quel triste métier!
Le sort de Jules Jouy qui nous guette !
Quel triste métiei; Que le métier de chansonnier!