‹ Autour du Tonkin (volume 2)Chapitre 10 sur 36 · CULTURE · texte numérisé non relu

CULTURE

Les nombreuses mines du Tonkin pourront être Qo jour d'un grand rapport pour les colons ; elles oe seront pourtant pas, je crois, la première source de richesses ; la culture est appelée à prendre le pas sur elles. Le sol, fait de ce même limon dont des millions de Q)inois tirent leur existence, produit beaucoup; il peut donner plus encore; des travaux de colmatage, une irritation bien ordonnée, la construction de voies de communication, et surtout de la sécurité permettront aux habitants d'étendre leurs cultures. La route du Bay-Saï vient à peine d'être terminée et nous voyons déjà les indigènes demander de nombreuses concessions dans la région qu'elle traverse. A côté des récoltes indigènes, des essais de cultures nouvelles seront tentés ; et ils ne devront pas être limités au seul Delta; sur les plateaux du haut pays on trouvera des conditions d'altitude et de climat, très favorables au développement de certaines plantes.

:86 AVIOUR DUDttliKlN

^ Dans t 'le i bas ocnnae . idaes le hftut pays • ccoit le* riz, avec toutes. ses variétés. Il nourrit; l'Indo- •Chîne entière, comme la moitié du monde; une rizière, une touffe de bambous et un buffle pour chacun, tel serait assurément le programme socialiete, qui aurait le plus.de>«U£eès à tjravers INAsie, si >6es habitants plus méfiuit3}qtte certains de Aous, se laissaient prendfe aux belies paroles, et n'étaient pas intônaraènt convainous «que, jiUK|u-à la< consommation des siècles le plus fort volera le plus fadble. Les récoltes .sont moins abondantes qu'em Gochinchine, et «pourtant certaines années, ^comme 1891 , permettent-an Tonkind'éooQler daiiis {les pays avoisinants son surplus de riz. i On cultive encore la canne «àsuore, 'lemais idans le nord ; la cannelle,. le* bambou • partout, le cocotier,» Jc'mûrier, le bétel, le rioèn,'rindigo,etc...

L'aréquier exige relativement peu >de soins ; c'est une bonne culture pour un étabtiflsemeiit«agvicQle. Elle lui assure . un ' revenu annuel pour ohaque plant, et lui permet de faire à cAté,. des esssûs de -rapport encore incertain, ou dont les bons résultats peuvent se faire attendre.

» Parmi ces ^derniers, il faut indiquer le jute et le chanvre de Manille; cesplantes d'un grand re-

AUIODR DU DfiiaKlN 87

vma dansMlesfittDlîpjpioes, . vcoit èlre jnîaes an ex- {deMiiion- dsn&jdest^terrttBs -ooneé^ rive

^acoheiéu fleuve) Rouge làijQQesaiettrs Gobert.

Le ooton est appelé, je crois,. À devenir rla plus grande source iderriobeeee <du «Toakin ; on pourra r«xpâdiec ferut au* Yiuinan , au^iKoaiang^i eti Jusque même au'Su^Tcbuen. Que Ton ee < reporte, aux cUfFres donnés» par Wt. fSoBPne, • et .par notre ooasai à ''liong4T6é, - sar , le rcommerce du coton tiaBs:les provîneas d& Chine î<avoiHinaDt notre colonie ; que l'on examiner «les .prix aux<}uels revient le > teausport t par caravane «d'une balle de Sirmame^^u )du Laos dans les villes ohinoîses, et l'on se ; rendta : faciienient . compte Au profit ^orme cpie nousi pouvons . .tirer de réexportation du cotoD brut par la noie du fleuve Rouge ou d'un ohemin de fer \ futur. Nous entrerons dans plus de détails à €e- sujet. à prc^s des débouchés commerciaux du lïonkin.

Ou bien on' filera le coton sur place ; on fera peat-étre deux parts de la matière; réimportation d^une parti&à l-état' bmb n'esopèchera pas la tissage de l'autre.

l.^QBBan favt «ortout.

Une remarque suffit à faire comprendre Timportance que peuvent prendre les filatures au Tonkin. On récolte actuellement du coton aux Indes; les filés qui y sont faits sont envoyés jusqu'en Chine; or, les usines produisant ces étoffes se servent d'un charbon de prix élevé, puisqu'il leur vient d'Angleterre ou du Japon. Au Tonkin, nous aurons en même temps la matière première et le combustible; les métiers seront dressés sur un sous-sol charbonneux; des compagnies concessionnaires de gisements houillers auront donc un intérêt primordial à créer en même temps des établissements agricoles. Cette heureuse combinaison semble avoir été comprise par des colons intelligents. M. Marty cherche à établir une grande filature aux environs de Yen-Baï.

Le climat de la contrée convient admirablement à l'arbuste; dans le Thanh-Hoa et le Bav-Saï il se développe en quatre mois; sur les plateaux, les Muongs le sèment et le laissent croître sans aucun soin; lorsqu'il est mûr, ils viennent récolter ce qui est nécessaire à leur propre consommation.

Des essais de plants de Géorgie ont été faits en face d'Hanoï par une société anglo-française; les

mauvais résultats obtenus jusqu'ici doivent être attribués à la mauvaise direction et à TinsufTisance des travaux préparatoires.

Une concession, obtenue par M. Bourgoing- Meiffre le long de la basse rivière Noire, ravagée par les pirates avant la récolte, a dû son insuccès principalement aux conditions dans lesquelles elle avait été accordée. L'administration avait peut-être agi à la légère en enlevant d'un coup aux indigènes, pour la céder à un Français, la longue bande de terrains cultivables qui bordaient la rivière. Dépouillés, sans compensations, de leurs bonnes terres, les habitants se sont vengés.

A quelque cause qu'ils soient attribués, ces premiers échecs ne sont pas pour décourager les colons. Qu'ils jettent un coup d'oeil sur les plantations des Indes, ou bien plus loin, sur «•elles que les Russes, à force d'énergie et d'efforts persévérants, ont su créer au delà des déserts de Bokhara, autour de Tashkent; ils les verront rendre plus de quarante pour cent du capital employé. Ces chiffres doivent nous rassurer, et nous pouvons, à notre tour, avoir pleine confiance dans l'avenir du coton.

Une autre plante textile appelée à donner de

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bons résultats est la ramie ou ortie de* Chine; elle croît au To/ikin à l'état sauvage ; les pieds durent vingt ans. 'Aux 'Indes, on voit, près de Calcutta, d'importantes plantations de ramie; un marché de cette filature existe à Liverpool ; il ne reste plus qu'à simplifier et à améliorer les procédés de décorticalion.

Le thé croit sur les collines de Son-Tai et en d'autres localités au-dessus du Delta; mais pour obtenir un bon résultat, il nous faut changer la culture de l'arbuste, la récolte et la préparation des feuilles telles qu'elles sont faites maintenant, car le produit obtenu jusqu'à ce jour ne peut être comparé à l'excellent thé que les Chinois expédient dans tout Tempire du district de Ibang, contigu au'Tonkin. A nous de faire venir quelquesuns de leurs ouvriers, et d'initier nos ^Annamites à leurs procédés ; nul doute alors que pour le thé le Tonkin puisse jouer, vis-à-vis de Tlndo- Chine, le rôle de Ceylan envers l'Inde.

Ici, comme dans l'tle indienne, le café doit tenir une importante place; il y a une dizaine d'années, sur soixante millions de kilogrammes de café produits par le monde, le Brésil en fournissait la moitié et les Indes néerlandaises un

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suiàme. Or, ion savant botafliafce -et . l^ervateur, H. BaiaQsa, i faisait ^ remarquer qu'juu r point • de me dimatéritiHe,' c'est PAanam et' le «Tonkin qni 6e j?appiK>Gheiit le pins du Brésil ; nous ayons donciiin dest premiers rangs à leoir .sur ie marché du eafé. iLes plants jde )LiJjénie semblent^ks plus estimés et les plus résislants ; : 1 j/àMw/eta t^oiB^alrkr est Bioias à craindre maintenant; le oalëier doit se plaire dans <le haut pays; des -essais ont été tentés sur une toute petite échelle, et j'ai vu moimême croissant, sains et robustes, les plants disiribués aux diiefs. Une culture de caféiers d'une certaine iœportaiice (pins de dix mille, pieds) est entreprise non àmi d'Hanoï à'Kécheu, et jusqu'ici elle a denooié de< très» bons résultats.

 ce propos, il sesaît; bon de dire quelques mots dfô' Français qmi ontcommenoé ces essais. Simples ()aysans, mais énergiques et tramilleurs, anciens sou»<xfficiers au Tonkin, les frères ' Guillaudue, leur tcsnps fini, ee- sont fixés> dans' le pays. Pour exploiter une carrière .de marbre, ils apprirent à dessiner, copièrent des Biodèles; avec le -profit tiré de cette exploitation, ils achetèrent des bfebis, et se murent à fabriq^uer des fromages appréciés dans tout le Tonkin; maintenant, ils ont

réalisé certains bénéfices et se trouvent à la tête d'importantes plantations. Tandis que l'un d^eux est à Hanoï, l'autre reste à surveiller les travaux. Voilà une de leurs forces; ils savent ne pas se ranger dans la classe des piliers d'estaminet troi> nombreux dans nos colonies. Leur exemple doit être cité; il prouve qu'il y a place au Tonkin pour tout le monde, même pour ceux qui n'ont pas de capitaux, pourvu qu'ils suppléent par leur énergie à l'absence d'argent.

Pour terminer le chapitre des cultures je devrais mentionner encore: le tabac, qui, si l'on juge des productions des Indes hollandaises, pourrait dans le haut Tonkin donner de grands revenus. — L'opium vient très bien ; la création de la ferme en rend la culture peu rémunératrice ; d'un autre côté les transactions avec les provinces chinoises limitrophes se payaient jadis en opium du Tonkin, valant cher, et occupant peu de volume. Le traité qui nous défend l'exportation du sel nous interdit aussi celle de l'opium ; nos voisins ont été bien conseillés lorsqu'ils nous ont proposé ces clauses, afin de mettre des obstacles à nos relations commerciales avec eux-mêmes par voie du Tonkin.

Pour favoriser Tagriculture le Gouvernement a créé un jardin d'essais aux environs d'Hanoï ; le directeur a su tirer un grand parti des ressources modestes qui lui sont allouées. A très bon compte le colon peut y trouver les premiers plants fini lui sont nécessaires ; beaucoup ont été même envoyés gratuitement dans différents postes pour

être expérimentés. Ces efforts pour introduire et acclimater des plantes encore inconnues au pays avaient déjà été tentés par le regretté monseigneur Pugénier, dont le vaste établissement agricole à Kécheu peut servir de modèle au colon entreprenant.

Une faute peut être reprochée à l'administration au sujet des conditions qu'elle impose pour lobtention des concessions; les voici, telles que les indique un arrêté paru aux actes officiels en février 1888, relatif aux concessions des terrains domaniaux ;

1° Versement une fois fait de un franc par hectare de terre concédé, concession pour cinq années ;

2"* Obligation de mettre en culture dans un délai de cinq ans ;

3® Paiement de l'impôt pour les surfaces cultivées à partir de la troisième année ;

4^ Reoouvellement de la concession par période de trente ans, si, à la fin de la cinquième année> les obligations ci-dessus spécifiées ont été reiii{>lies. Retrait des surfaces * non . cultivées dans le cas contraire.

Or , M. Leroy - Beaulieu , . étudiant l'histoire de la colonisation de rAustralie et de TÂmérique, fait remarquer qu'à ces sortes de concessions, le régime de la pleine propriété et de la liberté est piréférable. Il mt^nire en Algérie des terres qui, en 1888 refusées en concessions, ont atteint, mises en vente publique, des prix très élevés.

Malgré les erreurs commises nous avons encore des richesses agricoles innombrables à exploiter : regardons à côté de nous et voyons ce que les Hollandais ont fait dans des ccmditioas guère meilleures; qu'on me permette de citer ici la lettre que j'ai reçue d'un planteur qui, après avoir, séjourné plusieurs années à Sumatra, a visité le Tonkin :

< L'exemple le plus frappant de l'essor que peut prendre une colonie largement pourvue de capitaux, c'est Sumatra, où j'ai travaillé plusieurs années.

> En 1866, un Hollandais^ M. Niewenhuis,- s'y établit pour planter du tabac sur la côte est de

AUTO€<a DU TO'NKIN 9S^

niejàDeli^etilexpédiaUcetteannée cent soixanteciaq balles de tabae qui se vendireû4àAmster^kuED environ vingt-cinq mille florins.* Le iabae fut trouvé exceptionnellecnent beau et il se forma, de 18&7 à 1869 et plus tard encore,, plusieurs compagnies qui obtinrent 'du 0<»ttvernement de grandes eoncessicms de terres et y plantèrent du tabac. L'industrie y prospéra tellement qu'en d889 il fut ^pédié de Deli sur TEurope, principalement Amsterdam, au delà de trois cent mille bailes de tabac représentant une valeur de plus de quatrevingt millions de francs^ et cela d'un petit territoire situé entre la rivière de Langkat au . nord et celle de Batu-tBarra au. sud, soit environ soixantedix milles de- côte sur trente milles de profondeur, riDtérieur restant inexploré.

> Le Gouvernement des Indes néerlandaises a su attirer des capitaux dans ce pays par des œncessioos de terres très étendues, parfois de quinze à vingt mdUe bectares, à des conditions très libérales, pour soixante-quinze ans; la duréi^ de ces concessi<Mis, garantie par le Gouvernement, est sufiisante' pour donn^ toute sécurité aux capitaux ^; aussi sont-ils venus en abondance, et, dun pays recouvert, il y a vingt-cinq ans, sur

toute son étendue, d'irannenses forêts dont les Malais ne retiraient que quelques gommes et rotins, les Européens ont tiré en une seule année pour plus de quatre-vingts millions de francs de tabac; certaines des grandes compagnies comme la Deli Maatschappy et TArendsburg Tabacs Maatschappy, pour ne citer que celles-là, payèrent cette même année à leui*s actionnaires les dividendes respectifs de cent dix et cent cinquante-sept pour cent. » Ce succès phénoménal s'est depuis brusquement arrêté et la colonie est maintenant tant soit peu dans le désarroi ; les planteurs, dont les fortunes rapides ont tourné la tête, se sont mis à augmenter la quantité de leurs récoltes, négligeant ce qui faisait le monopole de leur marque, la haute qualité et la Onesse de leur feuille; leur tabac entrait alors en concurrence avec la masse des tabacs anonymes de toute provenance et ses prix sont tombés au même niveau. Â moins de revenir à leurs anciens procédés de culture (ce qui n'est [)as aisé, car le coolie chinois, qui est payé suivant le nombre de plantes qu'il livre, sacrifiera difficilement son bénéfice pour plus de qualité qui lui est indifférente), les planteurs de Deli ne reverront plus les jours de jadis. Il s'élève déjà des

concurrents dans cette production. àBornéo surtout, mais Bornéo n'ayant pas de po[iulation indigène, la main-d'œuvre y est tout importée, de très mauvaise qualité et très chère ; aussi ce pays n'at-il aucune chance de réussir et c'est cette conviction qui m'a déterminé à le quitter.

> Il y a là, si nos gouvernants de Cochinchine ont un peu de prévoyance , une superbe occasion de doter le pays d'une industrie, source certaine de fortune rapide, qui aura surtout le grand avantage d'ouvrir immédiatement la région forestière inexploitée du haut Tonkin et d'y préparer le terrain pour l'introduction des cultures pérennielles comme le café, le cacao, etc. Le Tonkin a tout ce qu'il faut : une main-d'œuvre agricole très bonne et à bas prix, qui s'initierait vite à nos procédés, d'ailleurs bien simples, un réseau de rivières admirable, un climat sain, surtout si on le compare à Bornéo et à Sumatra, où le défrichement des forêts est la cause d'une mortalité effrayante. Il ne lui faut que des capitaux. >

l'industrie

En général, le développement de l'industrie dans une contrée suit celui de l'agriculture et de

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réxplditetfoiv'deii mÎDes; Eki retard sur t ces -deux ch&pitres, leTonàsn, à/<pl«8 forte raiâOO'Y doit-il l^étre sur le> premier; pourtant qtiâlqves:* usines eotnnieocent jt s'établir; les Aanajnitee- soDt adtoitd et apprennent ( vite^ la mainKl'oNiyre est bon marché et les patrons sont satisfaits de- leurs ouvriers;

Sans vooolfr entrer dans beaucoup de détails, je citerai, pour mécnoirev la fabri()uet d'alliunettes près d'Hanoï, auojurd'tiui en activité ;

Lia typographie et la papeterie de M.* Schneider; un papier très -fin et excellent, pour les journaux est tiré de la pulpe du' riz;

Les établisseinenls <le M. Bourgoing^Meiffrew

Bien secondé par l'énei^e et le courage de sa femme, ce vaillant Ltyounais peut, comme les Guillaume, être donné comme exemple aux> colons nouveaux' venus. Tantôt c'est la. baddane^ qu'il va cherclier jusqu'à la frontière de Chine, au risque d'être roué de coups et: laissé pour mort par les pirates ; tantôt c'est la soie, dont il fait dévider soigneusement les cocons par des Annamites bien dressés ; les résultats sont si différents des produits du travail purement indigène, qu'il étonne ses compatriotes déjà

ÂVTOCR DU TOKEIN 99

TOiBS au tTcaïkÂn* pour ét»iîer:la«ifuestian de la soie. Dans plusieurs rapports, en effet, on awit déclaré que les ^AinnauiiteS' élevaient mal le ver, qu'ils lui iâosmaÎBÉt peu>de*soÎBs, qu'ils perdaient ensuite ' inutilement > une partie du cocon; g«e, par conséquent, • )de longtemps Findftifitrie de la sde nîaufaitrrienià faire.au ToHkin. Les écheveaux déjà < envoyés en France ont \ donné un démenti *à*ees assertions ; il >y ^a : pour mous une certaÎBe éducatian • à doaner aux Annamites,- mais rxBiivr& esttaisée,' il&*sont'SOiiplesi!et comprennent vite nos t enseignements : aussi chaque année mavque-t-^edle un >nouveau progrès.

Non content de rindusirie de la^ecse, M.tSourgoing a pris une partie des fournitures militaires; il hahilieKlesitipaiUeiiPS. Un marché a encore été conclu' l'année idernière^entre lui et un chef de la haute r^on pour le oommeree idu thé. Ëntin.il s'occupe du coton., fientré à oet effet en France, après être tarrivé à rémir, isvec infimment de peine, un modaste capital, il se hein>te à des «fastacles ^enoore plus insuinnon tables nloraqu il slogitide l'achat idu rmaténel et de)L'engageaEXient ëes> hommes. «Après iaw)in frappé en .vain là* toutes les porteSyA il se voit réduit s'adreaeer:en Aingle-

terre, où, il faut l'avouer, il trouve la plus grande facilité.

Voici le cas : le capital, fourni la moitié par lui-même et le reste par quelques grands filateurs, s'est élevé à huit ou neuf cent mille francs ; on convint alors de s'en lenir pour commencer ^ dix mille broches. Un excédent d'une cinqnantaine de raille francs n'empêcherait probablement pas la société d'acheter les machines en France, si le vendeur voulait faire des conditions acceptables; mais celui-ci ne veut pas s'engager à livrer ie matériel au delà du port d'embarquement, de plus J déclare ne pouvoir fournir d'aides ni d'employés voulant aller au Tonkin.

Rebuté de ce côté, il s'adresse à Manchester. Une des grandes maisons (qui fournit déjà de broches plusieurs de nos filatures françaises) accepte ici un traité à forfait pour six cent mille francs. A ses frais, elle envoie à Hanoï: un constructeur avec la charpente de fer des bâtiments à élever ; puis le matériel, accompagné de trois contremaîtres qui resteront aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour initier les ouvriers indigènes à la besogne. Un tiers du prix

convenu a été versé à la signature de Tacte, un second tiers sera remis à rembarquement du matériel, un sixième quatre mois après rinstallattoii à Hanoï, et le reste deux ans après.

Que nos industriels, trop souvent esclaves de la routine, ne s'étonnent donc pas lorsque nos colons s'adressent à d'autres qu'à eux! Qu'ils s'en prennent à eux-mêmes pour ce qui est des instruments à fournir. Quant aux ouvriers, nous ne (levons pas leur en vouloir de craindre des voyages aussi lointains; contre le Tonkin en particulier ils ont été trop souvent prévenus par les gens qui sacrifiaient les intérêts du pays à ceux de la politique; la défiance créée et entretenue sera longue à vaincre. Trois fois de suite M. Bourgoing dut aller à Nîmes pour décider cinq ouvrières à venir travailler la soie à Hanoï; il leur a promis des gs^es très élevés, il a leur parole, et dès qu'il a le dos tourné, ses nouvelles employées, travaillées par des amis ou des voisins ignorants, trouvent un prétexte quelconque pour se dégager.

Malgré les difficultés rencontrées par le colon lyonnais, maintenant de retour à Hanoï, il a donné un nouveau développement à son usine de soie; il se prépare à ouvrir la première filature

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de ooton, et en aHeodant il eo^étaUit de grandes {danlatioBs a¥ec l'aide kle ciiiq^*snrveillsBls rataenés paDiai de Ceylan; cesvlemi^siui ^)prei]idroDt aussi la manipolation d\x' thé.

En/ parlant de ^M. Baargaing,iuie' réflexion me i^ent ai l'esprit: onta déooré oeitte année yMj Ghaeter, qui • par les ci^taax' qu'il la • v^sés, par la oonfiance •qu'dLa-eue dansievésidtat, la fadtf l)eaucoup pour les charbonnages du Tonkin; orna une grande tendaneetà décorer beaucoup d'étrangers, poQD^oirne songerait-on pasià certains :modeates tsavailleQrs français, dont les efforts, proportionnés, à. 'levrs' moyens, sont si 'efficaces pourietléveloppement de nés colonies ? La r^>oa6e est à faire.

}M.:SaureUe s'occupa aussi de la -soie.

:La maison {\ila va cuTmr tpds ûlaÉvres ainec six cents bassinas.

J'ai parlé à<pvopos du coton ;des projets .de M.^MaHy.

'Des 'ateliers de confection sont dirigés par M. Charpentier.

• Des 'fabriques nproduisent de la..glaee, .de la bière et autres objets de consommaiion.

Enfin si j'ajoute ique des chaloupes,' :desb«ieattx à'Tapenr sont ^^natrarits de. tooies/pièoes dansides

ÂVTOCRIBU TONJLfN iQ3

dumlieFs (ftiftï^fihon^, on verta ifue, ^ tnen que niissaiile, rioiiuBtrie^lait :des progrès npiâes;au Toàktn.

COMMERCE, ROUTES ET VOIES DE GOBiMUNICÂTION

)4vant toQtyJe coiBioerce ileysait avoir pris.dé^à mie pins .grande imporUtnce. Nohs lauvons à CQiDpléter plHSHkîn ce que< noBs ^avcas expesé au sujet* id'Maî^-ShoDg, Icvsque «nous paplerons des débouchés commerciaux. .Qu^il nous saffise ici de idire deux; mots des voies de communications: le pays esei naturellement pourvu d!un admiraUef réseau de canaux et .de: rivières, idoat ia Compagnie des Messageries .fluviales tire lun très bon patti ; des travaux restent cependant à iaire[ pour laméliorer-le cours ^ supérieur .des rivièfes;rinais'en: admettant que la navigation soit facilitée autant cpu'elle* pourra irêtre, les^transpocts par eau ne saCiront encore pas ; il faut nies foalea^et des bhamiBs de: fer. M. de^Lanesâanfa déjà mis à -fô&ecution de projet qu'il avait déi^eloppé dans-^ees <)onfôf8nees : en cinquante jours

1. 11 a été traité dans le chapitre précédent de la question de teiiatd«aaiikra etda ila naanBe marebande.

il a fait établir trois cents kilomètres de route ; à ce travail ont été employés les indigènes, à qui on avait laissé le choix entre celte manière d acquitter la corvée et le rachat en aident ; un dixième à peine a préféré le second mode, La voie est large de onze mètres, exhaussée au-dessus des marais, prête à recevoir les rails d'un tramway. Bien qu'utiles les travaux n'ont pas été sans faire l'objet de nombreuses critiques: laissons la parole à un vieux colon, dont la lettre m'est parvenue, il y a environ trois mois.

« Je vous parlais tout à l'heure, m'écrit-il, des routes de onze mètres : rien n'est plus navrant I... Mais cela a produit ou plutôt devait produire de l'effet en France, et l'on n'a pas hésité à sacrifier à une besogne inutile sur deux cent cinquante kilomètres où les routes existaient déjà, les trois cent soixante-dix mille piastres de l'impôt de rachat des corvées. A cette somme, qui représente près de un million cinq cent mille francs, si l'on ajoute les déprédations commises par les mandarins sur tout le parcours de ce^ routes aujourd'hui en ruine, crevassées ou affaissées dans les rizières et la perte subie par les indigènes auxquels on a pris leur bien sans la

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moindre compensation, vous devez juger à combien doit s'élever le prix d'un kilomètre, soit pour nous, soit pour Tindigène 1 1 1 »

De pareilles considérations sont, à mon avis, trop pessimistes; on pourrait en dire de même de celles qui reprochent au nouveau système de faciliter la circulation des pirates. Si imparfaites quelles soient encore, il me semble que les nouvelles routes serviront le commerce, la culture, et, tinalement, la pacification.

J'ai été invité à l'inauguration de la route de Haîd-Zuong; la tête est sur la rive gauche du fleuve un peu au-dessus de Hanoï. A peine terminée la route est bonne, elle n'a pas encore été soumise à l'épreuve des pluies d'été; la région parcourue est toute de marécages déserts qui, dans une année, seront remplacés par des rizières fertiles. De pareils résultats ont été déjà atteints entre Phu-Lang-Thuong et Kep. Au point de vue militaire ces voies sont plus profitables à nos troupes qu'aux pirates, ceux-ci préfèrent en effet voir nos postes isolés les uns des autres; de simples sentiers étroits, difficiles, connus des indigènes, servent mieux ceux qui font une guerre

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d'efinbûGhe9rétd&/guértt]as,:qu&ides >v^cMes . larges, où ToQ peut .avancer facilement ootremant- qu'en file indienne: dans ces» inouvelles ccmcMiions inos ennemis perdent une bonne partie de leurs avantages;* o'«st ainsi que la raste, :>maiatfin«it achevée, «je le croîs, de Tien-^Yen à Lang^Soio^ iraversant la régi(»i orientale du pays, • pacallèiement . à la frontière ouverte de( Chine, la jme ^"grande âmportance-straitégique.

Le 'Système 'des> routes à voie ide- onee ) 'mètres, capables au bout d'un certaifn temps d8{H>rterdes tramways • est assurément un progrès ; • ce n'est pas ia perfection. Des chemins, de fer r seraient préférables; Texempledoiifflépartles Anglai» dans leurs* colonies devrait nous .guider, t La r haute Birmanie était priseen 1888; en 1887iine voie ferrée atteignait ' Mandalay . .>Malgré la • oonaurrence' q^ie iui faisait la • navigation facile « tà& Flraouaddy, elle rapportait ppomptement \fkas qu'aucun chemintide fer des .indes. Au iTonkîn une -eeuie voie ferrée* a été encc^e décidée devant relier Phu«-Lang4Thuong à' Lang-^Son et ài ia froaiière de Chine; ^dous aurons à examiner tailleurs -son importance stratégique ou comoHercialel Iliie in'ap«

* 1.' Je ne'parle pas des transports delioag^Hai'ebdeKKAbao.

AUTO ta DU TOfTJLIN 1<^7

partient pas de discuter les procédés <le coosiruo*lioii; je'^ne vcuxvpas faire de» peraennalités, lûrecherchée lestrespooBafaiUrfcés et, pouvtani, il e&t'hoD; qoe le public saahe ; conuttent a éèé> engagée : et coodoite une esÉrepmse d'iatérêi général. Quelques faits seront CKposés, au bon sens <le conclure :.

La consfaruotion fut concédéet à M< Sou-pev q^i lui-mèDoe fit plus tard ideâseusradjudicatioiis.-

L'adnorinistration qui, d'après le cahier, des cbarges^ s'rétait réservé la faculté- d'acheter direcr tement son matériel S a «préféré' prendre Tiatermédiaire onéreux de« Fentrepreneur et payer par suite, en vertu du marché avec ce dernier» une coDBmissionide»'dix>hBit pour cent, soit trois cent mille francs environ^ qui eussent pu être économisés.-

Les avertissements • signalant . à . l'administration le préjudice causé à l'État ne manquèrent . pas ; maison ne parut pas en tenir compjte.

Les • instructions écrites < par le sous-secrétaire d'Êlat sC' contredisaient souvent et mettaient dans le plus grand embarras les ingénieurs au Todooi.

L&TBode d'achat étant connu, il faudrait . exa-

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