‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 140 sur 159 · PNEUMONIES ABORTIVES · texte numérisé non relu

PNEUMONIES ABORTIVES

Des pneumonies lobaires abortives.

Dans le compte rendu des maladiea régnantes du mois de mars 1865, fait à la Société médicale des hôpitaux^ par M. le docteur T. Gallard, nous trouvons la note suivante sur les pneumonies abortives.

«M. Charcot a trouvé un point de l’étiologie de ces pneumonies des vieillards enfermés dans les hospices, sur lequel il est du devoir de la commission d’attirer votre attention. Il a remarqué que cette maladie épargne les infirmes, qui sont forcément confinés dans leurs dortoirs et ne peuvent quitter le lit, tandis qu’elle sévit presque exclusivement sur les valides qui vont et viennent. Et il pense qu’un grand nombre de ces derniers contractent la maladie dans les lieiuc. d’aisances insuffisamment clos, et dans lesquels ils sont d’autant plus exposés à se refroidir, que, en raison de leur grand âge, ils y font un séjour prolongé.

« A côté des pneumonies si graves dont il vient d’être question, M. Charcot en a observé d’autres que, en raison de leur marche, il désigne sous le nom de pneumonies abortives — c’est la dénomination dont il s’est servi — il ne m’appartient pas de la juger, et je la reproduis en me demandant si elle sera généralement adoptée. Quoi qu’il en soit, le fait que notre collègue a voulu exprimer est réel, et, pour ma part, j’ai eu plusieurs fois déjà occasion d'observer de ces pneumonies qui, après un début brusque par du frisson, du point de côté, de la fièvre, et quoique ayant présenté des signes stéthoscopiques incontestables, tels que râle crépitant ou

l'NICUMONlES AHOirnvi'S

sous-crépitanl fin, et souille liibaii-e, se résolvent d'une façon presque subite.

)) Les faits ont, ce me semble, la plus grande analogie avec ceux que notre collègue M. Marrotte, a décrits, il y a quelques années, sous le nom de fi'evre synoque péri-pneumonique.

A la suite de la lecture du compte rendu, M. Charcot a donné l’explication suivante:

M. Charcot . Voici quelle est la valeur de la qualification d’abortive donnée par moi à une certaine forme de pneumonies des vieillards . elle s applique à ces affections thoraciques qui se développent à 1 époque où les pneumonies deviennent communes, se manifestent d’abord avec tous les caractères propres à la phlegmasie pulmonaiie . point de côté, frisson, signes stéthoscopiques, etc., puis cessent brusquement au deuxième ou au troisième jour. G est une série analogue de faits que l’on observe au milieu des épidémies de typhus, par exemple, et pour lesquels on a créé la dénomination de typhus abortif h

Plusieurs des observations de pneumonie lobaire abortive, avec courbes thermiques, recueillies à celte époque par M. Charcot, se trouvent rassemblées dans la thèse de doctorat de M. G. Bergeron [Recherches sur la pneumonie des vieillards^ 1866.)

' Bulletin de la Société médicale des tome II, 186S, p. 86 et 90.

hôpitaux de Paris, deuxième série.

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