MATIÈRE NOIRE PULMONAIRE : PEARSON
pas sans intérêt de faire connaître un peu plus en détail les principaux documents qui ont servi de base à la théorie qui vient d être émise. Cette façon si simple d’envisager les choses a en effet, rencontré plus d’un adversaire autorisé. M. Virchow par exemple, suivant en cela l’exemple d’Andral et de Breschet, a, longtemps soutenu que la matière noire pulmonaire n’est autre chose qu’un pigment hématique, et dans un traité récent, M. Henle se montre encore partisan de la même manière de voir.
Il s agit donc tout d’abord de démontrer que la matière noire pulmonaire est en réalité constituée par des particules charbonneuses. Cela fait, la question sera encore loin d’être épuisée, car, après s’être entendu sur la nature du pigment pulmonaire, on s'est ensuite divisé à propos de son mode d’introduction dans l’économie, et on discute encore à l’heure actuelle pour savoir si ce charbon pénètre directement dans le poumon avec l’air inspiré, ou s’il n’est pas, au contraire, introduit avec les aliments dans le tube digestif, pour passer de là dans les autres organes et en particulier dans le parenchyme pulmonaire.
Le premier travail méthodique qui ait été consacré à l’étude de la matière noire pulmonaire est dû à un auteur anglais, Pearson, et fut publié en 1813 h Or, cet auteur a parfaitement reconnu toutes les données du problème et les a résolues dans un sens conforme aux enseignements les plus récents. On verra tout à l’heure sous l’influence de quelles préoccupations les vues SI justes que cet auteur a émises se sont par la suite obscurcies. Le mémoire de Pearson a une réelle importance et il convient d’en mentionner ici les parties principales. Après avoir signalé la coloration noire des glandes bronchiques et du poumon, il fait remarquer que cette coloration augmente avec l’âge, pour atteindre son maximum ' rearson. - Philosophical Transactions. London, t. Il, p. 2, 1813, p. I60