‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 3 sur 101 · Comptes rendus de la Société de biologie, 1851, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus de la Société de biologie, 1851, p

Charcot. Œuvres complètes, r. vm, Maladies inrectieuses. l

maladies infectieuses

Dès le début de la nouvelle grossesse, la malade éprouve une fatigue insolite, de la langueur. En même temps les tissus pâlissent; il survient de la céphalalgie, des douleurs dans les reins et dans les aines, surtout pendant la marche. En même temps, un abondant écoulement de flueurs blanches apparaît. Les palpitations ne sont pas habituelles, mais il y a de temps à autre des lipothymies. Tout ceci dure pendant les quatre premiers mois de la grossesse.

Il y a trois semaines environ, sans cause connue, le malaise augmente; en même temps des frissons assez intenses, de l’inappétence, de la chaleur fébrile se font sentir; puis, à la suite de légères démangeaisons, des boutons apparaissent aux bras, aux poignets, aux cuisses, sur la face. Ces boutons sont tout au plus au nombre de Dix en tout : ce sont, d’après la description de la malade, des papules qui bientôt se couvrent d’une vésicule argentine dont l’enveloppe se dessèche bientôt, de manière à former une croûte. CeLle croûte, après sa chute, laisse voir, surtout à la face palmaire du poignet droit, deux petites ulcérations superficielles du derme, dont on voit encore très bien les traces aujourd’hui.

D’ailleurs, l’apparition de l’éruption que nous venons de décrire a été accompagnée d’une rémission presque complète des phénomènes généraux qui l’ont précédée. L’évolution des pustules, depuis l’apparition des papules jusqu’à la chute des croûtes, s’est faite à peu près en cinq jours. Notons que, dans les phénomènes prodromiques, nous n’avons à remarquer ni vomissements ni douleurs de reins nouvelles.

C’est à celle époque, pour la première fois, que les mouvements de l’enfant se firent sentir. Assez intenses d’abord, douloureux même pour la mère, ils ne tardèrent pas à devenir très rares, et bien différents, dit-elle, de ce qu’ils s’étaient montrés, lors de la première grossesse. Remarquons toutefois qu’elle assure avoir senti remuer jusque dans ces derniers temps; mais c’était surtout quand elle changeait de position, et alors une sorte de choc se faisait sentir dans la partie de l’utérus devenue la plus déclive.

Quinze jours après le début de la fièvre éruptive, elle entre à l’hôpital, où nous la trouvons dans l’état suivant :

VAMIOI.OÏDE CHEZ LA MÈRE

La face esl très pâle, plombée; les yeux sont enfoncés et entourés d'un cercle brun. État de langueur extrême; céphalalgie; pas de palpitations; pas d’œdème des membres inférieurs. La malade ne tousse pas; elle assure ne pas tousser habituellement et na\oir jamais craché de sang. L auscultation des poumons ne fait, au reste, entendre aucun bruit anormal; souffle doux bien manifeste, au cœur, au premier temps et à la base; murmure vasculaire continu dans les vaisseaux du cou.

Douleurs dans les rems et dans le bas-yentre spontanées et

provoquées par la pression, par la marche et par la station.

La langue est rouge, sans enduit, parfois sèche. La peau s’échauffe un peu le soir, et il y a, de temps en temps, des frissons erratiques. Le soir aussi le pouls devient généralement assez fréquent (de 90 a 100 pulsations). Pas de sueurs nocturnes.

Le foie et la rate ont leur volume normal; l’utérus remonte à 1 ou 2 pouces au-dessus de l’ombilic. Jamais l’auscultation de 1 utérus n’a pu nous dénoter l’existence soit de souffle placentaire soit des battements du cœur du fœtus.

En raison de ces symptômes, on administre à la malade

50 centigrammes de sous-carbonate de fer chaque soir; bains simpies.

Au bout de cinq ou six jours de ce traitement, la malade se sent beaucoup mieux et pense déjà sortir de l’hôpital.

Ainsi la petite fièvre du soir avait diminué; les douleurs dans e» reins et dans le bas-ventre avaient presque entièrement cessé Oisque, dans la nuit du 3 au 4 avril, la malade est réveillée tout à" coup par une violente douleur siégeant au dessus du pubis douleur suivie presque aussitôt d’un écoulement assez abondant’

le6 caractère‘ (hT ^ d°UleU''S prennent Wenlôt

caiaclere de douleurs expulirices, et l’accouchement s'opère

a une heure de 1 après midi, le 4 avril. L’enfant offre tous les ca

racleres d un fœtus de 5 mois, et présente, en outre, tous les signes

qui dénotent une mort remontant déjà à plusieurs jours au ,no°i„s

le llssu cellulaire Péricrânien est abondamment infiltré de sérosité rousse; déplus, l’épiderme s'enlève presque parfont

avec la plus grande facilité, surtout aux mains et aux pieds. D’ailleurs, pas de fétidité bien remarquable.

Le corps de ce fœtus présente çà et là des pustules de divers volumes, dont les unes sont isolées, dont les au très, au contraire, sont réunies en plaques plus ou moins larges. De ces pustules, les unes ont de 6 à 7 millimètres de diamètre; ce sont, il est vrai, les plus volumineuses ; il en est, au contraire, qui ont tout au plus de 1 à 2 millimètres de large; il en est enfin de volumes intermédiaires. Toutes sont parfaitement arrondies, et font une légère saillie au dessus du niveau de la peau.

La plupart présentent une dépression centrale de l'ombilic ; d’autres présentent, au contraire, une surface entièrement lisse, et cet ombilic n’existe pas plus spécialement soit sur les grandes pustules, soit sur les petites; car il est de très petits boutons qui ont à leur centre une dépression bien nette; il en est de volumineux, au contraire, qui n’en présentent pas de traces.

La couleur des pustules est d’un blanc jaunâtre, mat, opaque, qui tranche vivement sur la coloration rouge foncée des téguments. Yoici, d’ailleurs, d’une manière générale, comment elles sont disposées à la surface du corps. La région du crâne présente quatre ou cinq pustules, petites, non ombiliquées ; trois pustules volumineuses, non ombiliquées, sur la face : l’une en avant du lobule de l’oreille droite ; l’autre à la commissure droite des lèvres; l’autre enfin au-dessous de la lèvre inférieure. La région de la nuque est entièrement couverte par une large plaque composée de pustules, dont les plus périphériques sont encore libres par une partie de leur circonférence, dont les plus centrales sont entièrement confondues. De larges fissures sillonnent cette plaque, au fond desquelles le derme est mis à nu, par suite de la chute d'une partie de l’épiderme et de la matière opaque sous-jacente , laquelle est, en ce point, friable et comme caséeuse. Quatre ou cinq pustules de divers volumes, dont quelques-unes sont ombiliquées, à la partie supérieure de la région du dos; quatre petites pustules non ombiliquées sur la fesse gauche; trois pustules non ombiliquées sur la région antérieure de la poitrine.

Les membres inférieurs présentent les boutons les plus volu-

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