Comptes rendus de la Société de Biologie , 1858, p
erytuème du a la lumière électrique
prement dile avait ôté protégée contre le foyer par la saillie du front, celui-ci était seul envahi par l'érythème. Sur l’un comme sur l’autre expérimentateur, l’aspect de la peau, dans les endroits atteints, était exactement celui d’un coup de soleil, une légère desquammation s’établit, au bout de quatre jours, et dura cinq ou six jours en tout.
Cet effet de la lumière électrique est des plus curieux, et la pathologie y trouvera peut-être la raison du coup de soleil proprement dit. Tout le monde sait qu’une température élevée n’est pas une condition nécessaire pour la production de celte dernière affection ; car il y a tels individus qui en sont atteints par un temps frais, et dès les premiers jours du printemps. C’est là un fait analogue avec celui que nous venons de rapporter. Tous deux concourent à démontrer que, dans le rayonnement de la lumière, ce ne sont pas les rayons calorifères qui attaquent la peau. Faut-il invoquer l’action des rayons éclairants? Non, ou du moins l’intensité de la lumière ne paraît jouer en ceci qu’un rôle secondaire. En effet, dans les expériences où M. Foucault est parvenu, en réunissant plusieurs machines de Rhumkorff, à produire des étincelles dont la longueur croît avec le nombre des bobines, où il a pu, au moyen d’un interrupteur à double effet, doubler le nombre de ces étincelles, sans diminuer leur énergie, cet observateur a été atteint de maux de tête, de troubles de la vision très marqués et très tenaces, et d’érythème, bien que la lumière ne fût pas plus intense que celle d’une étoile, qu’on regarde cependant sans fatigue. M. Despretz a constaté que la lumière obtenue avec 1 00 couples de Bunsen détermine des maux d’yeux, et que celle de 600 couples produit très rapidement l’érythème.
Restent les rayons dits chimiques; c’est cet ordre de rayons qui paraît être l’agent principal, essentiel des accidents. Il suffit, en effet, pour préserver les yeux, ainsi que l’a vu plusieurs fois M. Foucault, de faire passer la lumière élec-
AFFECTIONS DU TÉGUMENT EXTERNE
trique à travers un verre d’urane, lequel retient une grande partie des rayons chimiques. 11 n’est pas douteux qu’en protégeant la face à l’aide de ce même verre d’urane, on empêcherait aussi la production de l’érythème. L’action si rapide et si énergique de la lumière électrique sur le tégument externe et sur la rétine se comprend d’autant mieux que les rayons chimiques y sont, comme on sait, relativement plus abondants que dans la lumière solaire.