‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 93 sur 101 · II. Affections du tube digestif · texte numérisé non relu

II. Affections du tube digestif

À. Dyspepsie , gastralgie. — Le nitrate d’argent a été préconisé par divers auteurs chez les dyspeptiques atteints d’irritabilité gastro-intestinale (J. Johnson), de cardialgie (Fischer) et de vomissements, surtout chez les enfants (Rueff). Dans la dyspepsie flatulente et le pyrosis, on paraît quelquefois en avoir retiré de bons effets, d’après Parker, Copland et Hudson. Il en est de même, au dire de Krüger, Fischer et Hirsch, dans les cas où la dyspepsie coïncide avec des éruptions buccales ou avec un

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point douloureux, sur le trajet de la colonne vertébrale. Enfin, Autenrielh en a constaté l’efficacité dans la dyspepsie qui succède à la suppression d’une éruption cutanée, ou qui se rattache à la diathèse goutteuse.

L’un de nous (M. Charcot), a obtenu de bons effets de l’administration du nitrate d’argent dans le catarrhe stomacal, ainsi que dans la dyspepsie des ivrognes, qui est souvent caractérisée par le rejet de mucosités filantes chaque matin.

B. Ulcère simple de l'estomac. — Certains médecins anglais ont vanté les préparations d’argent, et surtout l’oxyde de ce métal, dans les ulcérations de la muqueuse gastrique. Brinton, qui discute longuement cette question, est resté sceptique à cet égard; il fait observer que la diète lactée, et les autres moyens qu’on a toujours employés concurremment avec le nitrate d’argent peuvent revendiquer une bonne part du succès.

C. Diarrhée , dysenterie. — Graves recommande l’azotate d’argent à la dose de 15 à 20 centigrammes par jour, dans la diarrhée colliquative des phthisiques, à la condition qu’il n’y ait point d’ulcérations intestinales. Stillé (de Philadelphie) prétend au contraire que c’est précisément dans le cas où il existe des ulcérations de l’intestin, que l’on peut attendre de bons effets de ce médicament. Mac Gregos (de Dublin) en faisait usage dans la diarrhée chronique ordinaire, en l'associant à l’opium. Hirsch en recommande l’emploi dans la diarrhée des nourrices ; dans la diarrhée dysenlériforme des jeunes enfants, son efficacité a été vantée par Eberle, Meigs, Trousseau, Duclos et Henoch. Dans la dysenterie des adultes, on a depuis longtemps recours au nitrate d’argent. Il a été préconisé par MM. Trousseau, Périer et plusieurs autres médecins : on l’administre surtout en lavements, et c’est principalement en vue de cette affection que M. ûélioux avait composé des lavements

à l’albuminate d’argent. Récemment encore, M. Garadec est revenu sur ce point. Il conseille d administrer, au début, des lavements renfermant de 5 à 10 centigrammes de nitrate d argent, pour les enfants, et de 15 à 20 centigrammes pour les adultes. Lorsque l’affection persiste, il prescrit des pilules renfermant 1 centigramme d’azotate d’argent: on peut en prendre de 3 à 5 par jour. — La diarrhée de la fièvre typhoïde, lorsqu’elle est entretenue par l’ulcération des plaques de Peyer, peut être utilement traitée par le nitrate d’argent, vers la lin de la maladie. Ebers, Boudin, Mitchell (de Philadelphie), en ont obtenu d’excellents résultats. Il ne faudrait pas administrer ce remède au début de la fièvre typhoïde, ni dans le cas où la diarrhée est peu abondante : il paraît offrir alors plus d’inconvénients que d’avantages.

G. Choléra. — L’épidémie de 1849 a fourni l’occasion de tenter quelques essais de thérapeutique par le nitrate d’argent, dans le choléra asiatique. M. Barth, qui l’administrait à la dose de 25 cenligr. en clystère, et de 5 centigr. en potion, en a quelquefois retiré de bons effets. Ce moyen a été expérimenté par Grouard, Dettel et Russ en 1849 et 1850, et par Heidenheim, en 1855; ce médecin en faisait prendre un huitième de grain (6 milligr.) en pilules, toutes les heures, jusqu’à ce que le malade en eut ingéré un grain et demi ou deux grains (75 à 100 milligr.) Lévy considère le nitrate d’argent comme le remède spécifique du choléra; mais cette opinion n’a pas fait jusqu’ici beaucoup de prosélytes.

Dans le choléra sporadique, ce moyen paraît avoir été employé avec quelques succès ; il semble avoir réussi surtout dans le choléra infantile produit par le sevrage. Krause et Kaiser l’ont administré à l'intérieur dans cette maladie; ce dernier conseille de le faire prendre sous forme de poudre mélangée à de la gomme pulvérisée avec du sucre. Il en donne

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de un vingt-quatrième à un dix-huitième de grain à ses petits malades (2 à 3 milligr.), en répétant la dose quatre à cinq fois par jour.

D. Ictère. — Un médecin américain, Publes, prétend avoir souvent guéri la jaunisse chronique et spontanée par l’azotate d’argent. Il est probable, d’après l’analyse des observations que cet auteur a données, qu’il s’agit ici de dyspepsies chroniques avec douleurs épigastriques à un ictère consécutif. Telle est du moins l’opinion de Stillé, auquel nous empruntons ces renseignements.

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