UÎSIONS DE LA RATE ET DES REINS
Les rails de ce genre peuvent s'expliquer par la résorption du throrabus ; elle est quelquefois complète au moment de l'autopsie ; mais, dans d'autres cas, on retrouve encore quelques vestiges du caillot obturateur, ce qui permet en quelque sorte de prendre la nature sur le fait.
Les lésions de cet ordre sont tellement fréquentes à la suite des cardiopathies rhumatismales, que M. Lancereaux, dans sa thèse, attribue à cette cause plus de la moitié des faits pathologiques qu'il a rassemblés (1).
C. La rate devient très-souvent le siège d'embolies capillaires, qui donnent naissance à des infarctus disposés en forme de coin, la pointe dirigée vers le hile, ce qui tient au mode de distribution bien connu des vaisseaux de cet organe.
Nous avons eu nous-même l'occasion de recueillir une observation intéressante, dans laquelle cette lésion se montra à la suite d'une affection rhumatismale du cœur. Le sujet était un homme de vingt-quatre ans, qui fut atteint d'un rhumatisme articulaire, d'abord aigu, puis chronique. Il présentait, pendant la vie, un bruit de souffle râpeux aux deux temps, à la pointe du cœur. Il se plaignait souvent d'une douleur vive à la région splé nique. La rate avait acquis un volume considérable ; il mourut avec les symptômes habituels d'une afl'ection cardiaque.
A l'autopsie, on trouva des végétations fibrineuses implantées sur les valvules mitrales et sigmoïdes, et deux dépôts fibrineux dans la rate, dont l'un était d'un volume très considérable, l'autre un peu plus petit.
D. Les reins peuvent aussi subir des lésions analogues: M. Rayer, sans en connaître l'origine, les a fort bien décrites
1. De la thrombose et de l'embolie cérébrales. Thèses de Paris,
LÉSIONS CARDIAQUKS DANS I.K RHUMATISME SUBAIGU 2'J9
SOUS le nom de ncphrite rhumatismale. Les figures 2, îî, 6 et 7 de la planche V de l'Atlas du Traité des maladies des reins sont des exemples de néphrite rhumatismale chez des sujets atteints d'une maladie du cœur.
Les embolies capillaires du rein donnent lieu à des lésions qui ont été fort bien décrites dans la thèse de M. le D' Herrmann('l). Elles consistent principalement en une dégénération graisseuse qui se produit autour du point lésé, et à laquelle succède plus tard une cicatrice aplatie.
E. Le foie lui-même n'est pas à l'abri de ces accidents ; mais ils ne se développent que rarement dans cet organe.
G. A ces lésions, qui relèvent des embolies artérielles ou capillaires, il faut joindre les phénomènes septicémiques qui se développent parfois à la suite des cardiopathies rhumatismales. On voit alors survenir les phénomènes de Y état typhoïde, de Victère grave, de \^ fièvre intermittente symptomatiqiie qui s'associent au rhumatisme articulaire aigu (2).
IL — De l'endocardite et de la péricardite dans le rhumatisme ARTICULAIRE SUBAIGU ET CHRONIQUE.
Messieurs, après avoir ainsi tracé l'histoire de l'endocardite et de la péricardite dans le rhumatisme aigu, nous cherche-
1. Des lésions visçérales suites d'embolie. Thèse de Strasbourg', 1854.
2. Lorsque le cœur droit csl le point de départ des caillots migratoires il peut se produire des embolies pulmonaires qui déterminent quelquefois line mort presque subite. Un fait de ce genre a été rapporté, il y a deux ans, par Uoddard-Rogers. Il s'agit d'un cas de rhumatisme articulaire aigu avec endocardite, dans lequel le sujet fut subitement pris, au quinzième jour, d'un accès dorthopnee qui détermina la mort dans l'espace de dix minutes. A l'autopsie on trouva l'artère pulmonaire oblitérée par un caillot volumineux, parti du cœur droit. {The Lancet, Londres, 1865. p. 19 )