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gie adroite, elle ne présenta d'abord aucun signe d'une affection cardiaque, et rentra dans son dortoir après un traitement de deux mois. Mais à sa seconde entrée à l'infirmerie, elle offrait des signes évidents d'une maladie de cœur. Les symptômes de cette affection s'étant rapidement aggravés, la mort ne tarda pas à survenir.
A l'autopsie, on découvrit une adhéreîice générale du péricarde au cœur, et cette lésion était évidemment d'origine récente^ car on parvenait aisément à décoller le péricarde des tissus sous-jacents. Le coeur avait acquis d'énormes dimensions : on voyait des végétations en guirlande sur les valvules signioïdes de l'aorte et sur la valvule mitrale, dont la surface ventriculaire offrait une vascularisation très remarquable .
Dans le second cas, la malade, âgée de quatre-vingt-quatre ans, est morte à l'infirmerie de la Salpêtrière d'un cancer du foie et de l'estomac. On trouva chez elle des arthrites sèches des épaules, des coudes et des genoux. Le cœur était flasque, volumineux, chargé de graisse ; il existait, sur les valvules signioïdes de l'aorte, des traces évidentes de l' endocardite ancienne.
Il me paraît donc évident, d'après les faits que je viens de rapporter, que l'on peut rencontrer des lésions organiques du cœur dans le cours du rhumatisme chronique primitif.
2*" La péricardite est probablement fréquente chez les rhumatisants chroniques, car sur neuf autopsies que j'ai pratiquées en 1863 avec M. le docteur Cornil (i), je l'ai rencontrée quatre fois. Nous avons d'ailleurs sous les yeux un fait de ce genre en ce moment, et M. le docteur Mauriac en a observé un cas fort remarquable à l'hospice des Ménages.
1, Cornil. — Mémoire sur les cdinciclences pathologiques du rhumatisme articulaire dironique. {Mémoires de la Soc. de Biologie, i. IV, 4« série, 1805.)
PÉRICARDITE 223
Voici l'analyse de cette intéressante observation : Chez une femme âgée de soixante etonze ans, depuis longtemps atteinte de rhumatisme articulaire chronique et de catarrhe pulmonaire, il s'est manifesté tout à coup une dyspnée assez intense, avec une douleur marquée au côté droit. La percussion fit constater une légère augmentation de la matité précordiale, et l'auscultation fit entendre un bruit de frottement péricardique rude et râpeux dans toute la moitié inférieure dn sternum, oii il marquait les bruits normaux du cœur. Sous l'influence d'un traitement approprié, cette malade se . rétablit au bout de six semaines, après avoir éprouvé des phénomènes fluxionnaires du côté des articulations déjà malades.
On pourrait rapprocher ce fait d'une autre observation recueillie par M. Martel à l'hôpital Sainte-Eugénie, dans le service de M. le D"" Barthez. Chez un enfant de dix ans, atteint de rhumatisme articulaire chronique, on vit se développer une péricardite caractérisée par des bruits de frottement à la région précordiale. Cette affection, du reste ne persista pas longtemps. Le rhumatisme avait subi une exacerbation pendant la durée de la péricardite ; cet enfant présenta plus tard, àun très haut degré, les déformations caractéristiques du rhumatisme noueux.
Depuis l'époque oii mon attention s'est portée sur ce point, j'ai vu plusieurs fois une péricardite coïncider avec les exacerbations des arthropathies chez des sujets atteints de rhumatisme chronique. Les faits que je viens de rapporter se trouvent donc parfaitement d'accord avec mes observations personnelles.
En résumé, l'endocardite et la péricardite existent incontestablement dans quelques cas de rhumatisme articulaire chro-
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nique; ces aiïecLioiis offrent les mômes caractères que dans le rhumatisme aigu. Elles se développent de prél'érence à l'époque des exacerbations de la maladie, et lorsqu'on se rapproche en quelque sorte de l'état aigu. Au reste, ces maladies ont en général un caractère moins sérieux lorsqu'elles se développent dans le rhumatisme chronique.
in. Des autres affections abarticulaires dans le rhumatisme