MODE DE PRODUCTION DES DÉVIATIONS
douleurs. Elles seraient le résultat d'attitudes prises instinctivement par les malades (ïrastour).
Pour moi, je professe une opinion diamétralement opposée. Dans la majorité des cas, ces déformations sont le résultat de contractions musculaires spasmodiques , et pour ainsi dire convulsives. Elles se produisent par une sorte d'action réflexe, dont le point de départ est dans les jointures affectées.
Je n'insisterai pas longuement sur ce sujet. Les arguments quej'ai autrefois exposés, renforcés de ceux de M. Crocq, me paraissent avoir péremptoirement démontré que c'est bien ainsi que les choses se passent.
On peut invoquer à cet égard :
'["La forme même des déviations; ce sont des attitudes manifestement forcées ;
2° La résistance que les malades opposent à ces rétractions spasmodiques, et qui, tout en demeurant impuissante à les prévenir, suffit pour prouver qu'elles sont involontaires ;
3" L'apparence générale de ces déviations, qui est bien en rapport avec l'idée d'un spasme musculaire : ce sont, en efl'et, des déviations d'ensemble, alors même que les jointures mises en jeu ne sont pas toutes afi'ectées ;
4° Enfin, la présence de ces mêmes déformations dans des cas 011 les jointures ne sont nullement affectées ; on ne peut alors invoquer que la contraction spasmodique des muscles.
Ainsi, dans la paralysie agitante, dans l'atrophie congénitale du cerveau, dans l'atrophie des muscles interosseux, on voit quelquefois les membres prendre des formes qui sont de tout point semblables à celles qu'on observe dans le rhumatisme articulaire chronique.
Il serait d'ailleurs impossible de nier l'existence des causes accessoires à côté de cette cause fondamentale des déformations rhumatismales. Le poids des membres, la laxité plus ou