‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 142 sur 232 · ALCALINS · texte numérisé non relu

ALCALINS

de liLhine ; la seconde, 5 centigrammes de carbonate de potasse; la troisième, 5 centigrammes de carbonate de soude, pour 30 grammes d'eau, jetez des fragments d'un môme cartilage imprégné d'urate de soude. Au bout de quarantehuit heures, la lithine a opéré une dissolution complète; la potasse a exercé une action très légère ; la soude donne un résultat complètement nul.

L'urate de lithine est donc évidemment le plus soluble de

tous les urates.

Quel sera le mode d'action des alcalins sur le sang dans la goutte ? Ils n'ont aucun pouvoir pour amoindrir la formation d'acide urique ; ils ne sauraient pas non plus le dissoudre, comme on l'a prétendu, car il existe à l'état d'urate de soude. Mais, en rendant les tissus alcalins, ils peuvent s'opposer à la formation des dépôts ; d'ailleurs, les carbonates ■ de lithine et de potasse pourraient dissoudre les dépôts déjà formés, ce que ne peut faire le carbonate de soude. Au reste, leur influence serait inutile, s'ils n'avaient pas en même temps une action diurétique.

Voilà ce que dit la théorie : interrogeons maintenant l'expérimentation thérapeutique.

Les alcahns, surtout la potasse et la lithine, administrés à petites doses, à doses très diluées, car l'action de l'eau est très efficace, et surtout administrés pendant un long espace de temps, ont une action remarquable sur la goutte. Ils en éloignent les paroxysmes, ils dissolvent quelquefois et réduisent les dépôts déjà formés, et donnent auxjointures plus de mobilité.

Le carbonate de lithine s'administre à la dose de 2S à 50 centigrammes dans les vingt-quatre heures. Je l'ai prescrit moi-même jusqu'à la dose de 40 centigrammes, sans produire sur l'estomac aucun effet fâcheux.

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