‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 188 sur 232 · Medico-chirurf/ical transactions, vol. XXXI, p · texte numérisé non relu

Medico-chirurf/ical transactions, vol. XXXI, p

3. Brainsoii. — Artrislicke Erkrunkunf/ der Celenkknorpel. in Zeilsc/i, fur rationnel médium, l. III, p. 175.

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Le Lravail le plus complet, publié sur ce point d'anatomie pathologique, est celui du docteur W. Budd (1). Suivant lui, la matière déposée dans les cartilages se présente sous deux formes, tantôt granuleuse et amorphe, tantôt parfaitement cristallisée. Le type principal qu'il a décrit et fait dessiner est celui que nous avons représenté. D'une masse centrale opaque s'irradient, dans toutes les directions, des aiguilles cristallines d'une grande délicatesse. Pour ce qui garde le rapport de ces dépôts avec les éléments qui entrent dans la structure du cartilage, l'auteur ne paraît pas avoir une opinion bien arrêtée.

« Cependant, dit-il, en étudiant une série assez étendue de spécimens, il devient graduellement évident qu'une relation existe entre le dépôt et la cellule propre du cartilage, ou, pour être plus explicite, que (dans quelques cas au moins), la cellule cartilagineuse est le foyer de chaque dépôt individuel, le centre autour duquel la cristallisation s'effectue. » M. Budd présente cette opinion sous toute réserve, et ne regarde pas cette disposition comme la plus habituelle. Les cristaux étaient, dans le cas qu'il rapporte, composés d'urate de soude. Les cellules des cartilages affectés n'avaient pas disparu, et le dépôt était interstitiel de sa nature.

L'un de nous a montré en 1859, à la Société de biologie, les altérations des cartilages d'un sujet goutteux, déposé à l'École pratique (2). (( Les cartilages étaient infiltrés d'une matière d'un blanc mat, d'aspect crayeux, formant des îlots d'inégale dimension, irrégulièrement disséminés, mais en général, disposés de telle sorte que les plus volumineux occupaient surtout les parties superficielles et le centre du cartilage, tandis que les plus petits se rencontraient principalement

1. w. Budd. — Researches on Gout, in-Medico-chînirgical Transactions,

2. Comptes rendus des séances et mémoires de la Société de biologie, 1859, p. 129.

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dans les parties profondes et à la périphérie. A l'examen microscopique de ces îloLs, faits sur des tranches minces, la matière topliacée se présentait sous deux aspects différents. Tous les grands îlots et un certain nombre des petits, étaient constitués par une masse amorphe grenue, tout à fait opaque. Les petits îlots, au contraire, dont quelques-uns n'étaient pas perceptibles à l'œil nu, résultaient pour la plupart, de la réunion de fines et longues aiguilles cristallines qui s'agrégaient en rayonnant autour d'un centre commun, de manière à donner l'image d'une aigrette, de certaines algues, d'une pomme épineuse, etc. Au centre de ces agrégats de cristaux, on rencontrait souvent un petit noyau de matière amorphe. On trouvait enfin, disséminés ça et là, dans l'épaisseur de la substance intermédiaire du cartilage, dans l'intervalle des deux espèces d'îlots dont il vient d'être question, des cristaux articulaires en tout semblables aux précédents^ mais complètement isolés, ou bien réunis seulement au nombre de 2 à 4. L'acide acétique concentré dissolvait très rapidement et complètement, sans effervescence, les masses de matière, grenue aussi bien que les amas de cristaux, ceux-ci toutefois un peu moins rapidement que celles-là. Peu de temps après la dissolution des îlots, on voyait se former, dans les points mêmes qu'ils occupaient auparavant, de nombreux cristaux de formes très variées, mais qui nous ont paru pouvoir être rapportés pour la plupart, à l'une quelconque des cornées cristalhnes que peut revêtir l'acide urique.

Les dépôts de matière tophacée et les amas de cristaux, siégeaient toujours exclusivement dans l'épaisseur de la substance intermédiaire du cartilage; on ne les rencontrait jamais dans l'intérieur des ceUules. Celles-ci ne nous ont pas paru présenter d'altérations, alors même qu'elles étaient pour ainsi dire enveloppées plus ou moins complètement par un amas de matière tophacée. Nous verrons bientôt par l'analyse du

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fait que nous rapportons aujourd'hui, que notre opinion a été totalement modifiée à cet égard, et que nous avons toujours vu, dans ce cas au moins, que la matière amorphe siégeait dans les cellules et que les cristaux aciculaires libres prenaient sur elles leur point d'implantation (voir /?^. 19).

M. Garrod [op. cit.) donne de la disposition des cristaux dans les cartilages une description qui concorde pleinement avec celle de Budd et la nôtre ; il prouve en outre ce fait d'une importante capitale :

Que l'inflammation goutteuse est invariablement accompagnée du dépôt d'un sel spécial (urate de soude), qu'elle a., par cela même, un caractère spécifique et diffère entièrement des autres affections articulaires.

Le dépôt d'urates a lieu dès les premières atteintes de la goutte articulaire, et M. Garrod rapporte l'exemple d'un goutteux, qui n'a éprouvé qu'une seule attaque, dans une seule jointure, au gros orteil, et où l'on put constater le dépôt caractéristique dans les cartilages. (Obseuv. IX).

L'étude microscopique des lésions articulaires de ce malade dont nous avons rapporté l'histoire, nous a montré les particularités suivantes qui ne diffèrent pas pour les parties essentielles des faits que nous venons d'analyser.

A la surface des cartilages, se trouvait une couche assez épaisse, opaque à la lumière directe, blanche à la lumière refléchie. Examinée à un faible grossissement sur des coupes verticales, cette couche était limitée d'un côté, par la surface du cartilage, et de l'autre, pénétrait dans la profondeur sous forme d'îlots régulièrement disposés les uns auprès des autres comme des festons. Chacun de ces gros îlots examinés à un grossissement de 200 diamètres (PL, III. flg. 18, v) donnait naissance à des houppes soyeuses de cristaux fins et allongés. Dans les grands îlots ou entre eux, on voyait des masses opaques plus petites [ftg. 18 N) qui servaient aussi

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