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Au point de vue du développement histologique, l'athérome artériel (1) tend à se séparer profondément des formes habituelles de l'atrophie sénile. Celles-ci paraissent être le résultat d'un processus purement passif, celle-là, au contraire, paraît consister, dans la première phase de son évolution, en une prolifération plus ou moins active des éléments qui constituent normalement la membrane interne des artères. La dégénération graisseuse s'empare, à un moment donné, de ces éléments nouvellement formés ; mais c'est là un phénomène consécutif. Les granulations ainsi formées s'accumulent dans les parties les plus profondes de la membrane interne, lesquelles sont d'abord et surtout altérées : elles en distendent le feuillet le plus superficiel, qui résiste encore longtemps. Ainsi se forment ces collections riches en graisse et en cristaux de cliolestérine qu'on a désignées sous le nom d'abcès athéromateux. On les voit parfois s'ouvrir dans la cavité des artères dont elles occupent les parois; et leur contenu, mêlé au sang, peut être entraîné par le torrent circulatoire, pénétrer dans les vaisseaux d'un petit calibre, et produire les accidents souvent redoutables de l'embolie capillaire. A un degré moins avancé, la tumeur athéromateuse se borne à déterminer le rétrécissement et plus tard, l'oblitération complète de l'artère où elle siège. C'est alors que se produisent, sur divers points de l'organisme, ces altérations par défaut de nutrition qui constituent un des chapitres les plus originaux de la pathologie des vieillards. Nous verrons, en effet, qu'il faut rattacher à l'oblitération athéromateuse des artères la plupart des cas de ramolHssement cérébral et d'apoplexie capillaire de l'encéphale qu'on observe à un âge avancé (2) ; il en est de
1. Vircliow. — l'alli. cellulaire, Irad. PiciU'd, p. 303. Paris, 1861.
2. II csl bien onletuiu qu'il nn s'agiL pas ici des liémorrliagios inlraenoépliarujucs, (|ui oui 616 ullfibiiécs aussi, mi i)eii graluilcnicnl, ii rali6rulion allioro-
ÉTAT DES PniNCIPAI.KS FONCTIONS DANS LA VIEILLESSE '13
même pour les infracLus viscéraux, la gangrùne dite sériile des extrémités, et bien d'autres altérations encore.
Mais nous empiétons ici sur le domaine de la pathologie, que nous voulons respecter quant à présent. Nous devons actuellement indiquer en quelques mots les modifications physiologiques qui correspondent aux changements de texture dont nous venons de vous offrir le tableau sommaire. S'il est vrai, d'une manière générale, qu'avec les progrès de l'âge, on voit s'affaiblir simultanément toutes les fonctions, il ne faut pas supposer que cette proposition soit toujours exacte ; et l'étude analytique des faits peut seule nous apprendre quel est, à cet égard, le véritable état de choses.
L'appareil génital et les forces musculaires (1) subissent dans la vieillesse un afîaibhssement trop évident pour cp'il soit nécessaire d'insister sur ce point. En ce qui concerne le système nerveux de la vie de relation, il suffira de rappeler les vers si connus de Lucrèce :
Praetcrca gig'ni parilcr cum corporc, cl una Grescerc sonlimus, paritcrcjue sencsccro inentcm.
(De Nal. Rerum, II, 446.;
Les fonctions respiratoires sont également amoindries dans leur ensemble, ce qui s'explique à la fois par la diminution de la quantité d'acide carbonique exhalé, par l'augmentation du nombre des inspirations, et par la réduction de la capacité vitale des poumons : ce dernier résultat, d'après les recherches spiromôtriques de Wintrich, de Schnepf et de Geist, commence à se manifester vers l'âge de 3o ans, et acquiert son maximum de 6S à 75 ans (2).
matcusc des artères cérébrales. Nous aurons plus lard l'occasion de nous expliquer sur ce point.
1. Consultez Empis. — Eludes si/r l'affaiblissement musculaire progressif chez les vieillards. (Arc/i. de médecine, 1862.)