‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 188 sur 213 · cOcTOi, witliout a fixed position · texte numérisé non relu

cOcTOi, witliout a fixed position

3. Cette opinion a été émise déjà dans un travail intéressant de M. Bemhardt: Ueber den von Hammond Athetone rfcnannte SymptomencompUx.

HBMICHORBE POST-HÉMIPLÉGIQUE

•Les faits suivants mettent parfaitement en relief les caractères principaux de l'athétose.

Observation I. — Gr..., âgée actuellement de 32 ans, a eu des convulsions à 8 mois qui ont été suivies d'une paralysie du côté gauche. A partir de cette époque jusqu'à 6 ans, elle a eu des accès d'épilepsie environ tous les deux mois. Ils ont disparu de 6 à 9 ans; alors, ils se sont montrés de nouveau et ont toujours persisté ^

Actuellement, hémiplégie gauche, sans anesthésie ni contracture, mais avec des mouvements choréiformes limités au côté gauche du corps et affectant la face, le cou, la main et le pied. Les doigts sont sans cesse en mouvement; ils s'étendent et se fléchissent successivement et indépendamment les uns des autres; d'autres fois, ils s'écartent ou se rapprochent, en même temps que le poignet exécute des mouvements variés d'extension, de pronation, d'adduction et d'abduction. Gr... ne peut pas tenir son poing fermé ; aussitôt, les doigts s'étendent et se portent dans toute les directions ; souvent le pouce est pris entre les deux premiers doigts. Elle ne se sert guère de sa main : quand elle a saisi un ohjet, elle le lâche bientôt par suite de l'ouverture des doigts.

Lorsque la malade est debout, le pied est d'abord tranquille et appliqué sur le sol ; mais de temps en temps, le gros orteil s'écarte ; les orteils s'élèvent, se fléchissent ou le talon s'exhausse. Ces mouvements se produisent toutes les 3 ou 4 minutes.

Notons qu'il y a une sorte de synergie entre les mouvements de la main et ceux du pied : quand on dit à la malade d'ouvrir la main gauche ou de la fermer, le pied, chaque fois, se met en mouvement et les orteils se fléchissent ou s'étendent.

Quelques légères grimaces dans la moitié gauche de la face; ce sont les muscles des commissures qui paraissent surtout agir. — Au cou, les troubles moteurs semblent siéger dans les muscles peaucier et sterno-mastoïdien gauches.

Observation II. — Maur..., âgée de 33 ans. A 9 mois : convulsions suivies de paralysie du côté gauche. Accès d'épilepsie à 14 ans.

Aujourd'hui, M..., outre des accès d'épilepsie, présente une hémiplégie gauche avec analgésie intéressant à la fois la face, le

1. Voir pour plus de détails: Raymond. — Etude analomique, physiologique et clinique de l'hémichorée, etc., p. 69. — Bourneville et Regnard. — Iconogr. photographique de la Salpêtrière, t. II, p. 1 à 90.

ATJIKTOSE

tronc et les membres et des mouvements choréiformes occupant seulement la main et le pied du côté paralysé {hémichorée posthémiplégique, variété athétose).

Les jointures du membre supérieur gauche sont rigides. La main est fléchie sur l'avant-bras. Les doigts sont instables : tantôt ils se fléchissent, tantôt ils s'étendent. L'attitude habituelle semble être pour les deux premiers doigts, l'extension forcée. Quand on demande à la malade d'ouvrir la main, les doigts passent à l'extension forcée, les phalangettes se renversent, et presque aussitôt les doigts et la main se fléchissent. Essaie-t-elle de fléchir le pouce, elle y parvient, mais simultanément et malgré elle, les doigts s'étendent. Les grands mouvements du bras ne sont pas saccadés.

Tendance du pied à l'adduction ; le gros orteil se relève et se fléchit constamment. Il en est de même des autres et leurs mouvements sont indépendants.

Si on commande à la malade de fermer ou d'ouvrir la main, le pied sur-le-champ est pris de mouvements : le talou s'élève, les orteils remuent. — Quand on observe la malade au lit, on voit que la main et le pied gauches sont à peu près constamment agités de mouvements saccadés, synergiques; afin de les atténuer, elle maintieçt la main gauche avec la droite.

Maintes fois, dans des leçons antérieures à celles que nous résumons^ M. Charcot a fait voir les malades dont nous venons de rapporter sommairement l'histoire et, de son côté, M. Raymond, dans sa thèse, a consigné in extenso l'observation de la première. Nul doute que ces faits, décrits comme appartenant à l'hémichorée, ne rentrent dans la description de l'athétose telle que l'a tracée M. Hammond. En effet, dans la seconde observation, nous trouvons mentionnées non-seulement Vinstabilité des doigts, mais encore l'hémianesthésie, sous une forme atténuée, il est vrai, puisqu'il n'y a que de l'analgésie. Cette coïncidence de l'anesthésie et de l'athétose, qui a été relevée par M. Hammond, est une circonstance qu'on pouvait s'attendre à rencontrer. L'opinion émise par M. Charcot qu'il s'agit ici d'une simple variété de Vhémichorée post-hémiplégique est, comme on le voit, justifiée par les faits cliniques. Entre nos deux malades, il n'y a qu'une différence portant sur l'étendue des mouvements anormaux : limités à la main et au pied du côté paralysé,

ATHÉTOSE

chez la première malade, ils occupent, en outre, chez la seconde, la moité correspondante de la face et du cou.

Entre cette dernière malade et une autre atteinte d'hémichorée post-hémiplégique, appartenant aussi au service de M. Charcot, la différence ne porte également que sur l'étendue et aussi sur le rythme des mouvements involontaires. Les quelques détails que nous allons reproduire mettront le fait en évidence.

Observation III. — P..., âgée aujourd'hui de 19 ans, a été prise à 5 ans de convulsions qui ont duré quatre heures et ont été suivies d'une paralysie incomplète du côté gauche. La paralysie aurait disparu deux mois plus tard. A 6 ans, convulsions pendant cinq heures : paralysie incomplète des membres du côté gauche. — A 7 ans et demi, convulsions durant six heures, paralysie complète. Dès que P... a commencé à se servir de son bras, on a noté les mouvements choréiformes. Trois mois après,, apparition des accès d'épilepsie partielle.

Actuellement : hémiplégie sans contracture, mais avec hémichorée et affaiblissement de la sensibilité du côté gauche du corps.

Lorsque la main gauche est fermée, on remarque que les doigts veulent constamment s'ouvrir et qu'il s'ajoute à ces mouvements, des mouvements de pronation et de supination. — La main est-elle ouverte? on note des mouvements d'extension des doigts. Pour obtenir un peu de repos, la malade est obligée d'appliquer fortement sa main sur un plan résistant.

Si l'on considère les mouvements intentionnels, on voit qu'ils sont désordonnés, saccadés, brusques. La malade porte-t-elle la main à sa figure? elle se soufflette. Lui fait-on prendre un objet léger? elle exécute un mouvement disproportionné de la main, et, à chaque instant, menace de laisser tomber l'objet. Entre ces mouvements et ceux de la chorée vulgaire, la seule dissemblance consiste en ce que, dans celle-ci, les mouvements sont plus arrondis, plus festonnés.

Si, avec M. Charcot, nous plaçons en face l'une de l'autre P... et Gr... (Obs. I), nous constatons de suite que les mouvements choréiformes ne diffèrent que sous le rapport de leur intensité, de leur étendue et de leur rythme. Dans l'observation I, ils sont circonscrits à la moitié gauche de la face et du cou, à la main et au pied du même côté, tandis

HÉMICHORÉE l'OST-HÉMIPLÉGIQUE

que, dans l'observation III, en outre qu'ils sont plus brusques et plus saccadés, ils intéressent tous les mouvements des membres du côté gauche.

Des considérations qui précèdent, il ressort que ces trois malades présentent des troubles moteurs anormaux semblables ou ne différant qu'en ce qu'ils sont plus ou moins étendus, plus ou moins rapides, ou qu'ils affectent un plus ou moins grand nombre de muscles selon la malade que l'on examine.

D'autres raisons viennent corroborer cette assimilation. ■Chez ces trois malades, la lésion est de môme nature -, toutes les trois sont atteintes à!atrophie cérébrale uni-latérale, consécutive à une lésion encéphalique grave datant de l'enfance-, toutes les trois offrent une hémiplégie et sont sujettes à des accès d'épilepsie partielle. Ainsi, nous avons une analogie dans la forme des troubles moteurs, une analogie dans les conditions de développement, et cela paraît suffire pour faire penser que Vathétose n'est qu'une variété de Vhémicliorée %)Ost-]iémiplégique. BouENEvn.LE.

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