COR AL Y
roland. C'est que je n'ose pas. Vous ne voudrez jamais.
madame de selmar. Eh bien ! Monsieur, je vous le promets ; je promets d'avance.
roland. Eh bien' Madame, nous allons voir. Ce serait d'alior de vous mettes à c lté table.
madame de selmar. E' pour ;uoi?
roland. Coraly connaît votre écriture, j'en suis certain ; car elle i entre les mains un billet de vous adressé à votre frôœe* Il faudrait alors écrire la lettre que je vais vous dieter.
madame de selmar. M'y voici, parlez.
roland. Avant tout, je dois vous prévenir que cette lettre ne restera que dix minutes entre mes mains ; au bout de ce temps, je vous promets de vous la rapporter, si toutefois vous avez c tle eo fia i ce en moi.
madame de selmar. Ou , Monsieur ; commençons.
roland. C'est à moi que vous écrivez.
madame de selmar. Ah! c'est à... c'est bien.
roland, dictant. « Mon ami...
madame deselmar, ^'arrêtant. Comment ! Monteur.
roland Je vous ai prévenue que dans cett j leitre il n'y aurai: rien de vrai; dans dix minâtes vous pourrez la déchirer, et elle sera comme nulle ei n m av nue.
madame de selmar. Continuez.
roland « Mon ami, je serais bien ingrate, si je n'entais pas touchée de votre tendresse. »
madame de selmar, s'arrétqnt. Quo ! M msiéufe
roland. V. u^ voyez b:en, Madame, que vous Vous découragez déjà; j'en étais sùr.
madame de selmar. Non, Monsii ur, me voil'i résignée, et je vous promets de ne plus vous interrompre.
roland. Vou-y êtes; une bonne résolution. Je continue : {Dictant :) « La conduite de mon f ère me dé- « ridé, et je vous donne ma main. »
MADAMEDESELMAR.se levant. Vons avez beau dire, Monsieur, je n'écrirai jamais ces choses là.
roland. Alors, Madame, c'est que vous n'aimez p is votre frère.
madame de selmar. Mais, c'estque...
roland, d'un air suppliant, Pour votre frère !
madame de selmar, allant se remettre à la table. Je i'écris, Monsii ur, je l'écris.
roland. a Ma main et toute ma fortune.» Soulignez ce dernier mot; signez « Hortense de Selmar. »
madame de selmar. Ehs-vous content?
roland. Et l'adre^e; c'est l'essentiel. {Madame de Selmar ploie la lettre, écrit l'wiresseet la remet à Roland.) Maintenant lai.^ez-moi Lire; je vous réponds du succès.
madame de selmar. N'oubliez pa- ; da*>s dix minu'es.
roland. Je vous promes de la rapporter; n a;- je vous demande une grâce : lassez-moi !a lire une seule fois {La regardant.) « A monsieur R.land, Mon ami, a je vous donne ma main. » Oui, cVt hun de vous, c'est vous qui l'avez écrite. Ah! quel dotnn âge! dire que je tiens là dan- un main. . Aiien, a lieu, Madame, je reviens dans l'inatai.t. (Il sort par la porte à gauche.)