DUBREUIL, MALVINA
(Dubreuil est pâle et défait, il s'approche lentement de Malvina, qui, sans prononcer une seule parole, joint les mains et tombe à ses genoux.)
dubreuil, froidement, parlant avec effort. Je sais tout; et si je n'avais écouté que ma juste colère... Mais Arved, mais mon fils... car lui seul est maintenant mon lils... il a prie pour toi; et lui, qui n'est pas coupable, il a, comme toi, embrassé mes genoux ; en lin il m'a menacé, si je ne te pardonnais pas, de ■n'abandonner aussi, et je n'ai pas voulu renoncer à un lils que j'aime, pour un enfant ingrat que je n'aime pl...
mai.vina. Mon père!
dubreuil, la relevant. Ah! malgré moi, je t'aime encore; et je n'ai plus que la force de te plaindre. Quel sort tu t'es préparé, nia fille!
malvina. Je le supporterai sans me plaindre, sans murmurer, et mon courage peut-être me rendra votre
MALVINA
estime; mais lui, du moins... lui pardonnerez-vous
aussi?
dubreuil. Je voulais le bannir, le chasser de ces lieux, mais Arved a encore prié pour lui : et quant à la fortune, quant à l'avancement de ce... de ton mari, ce n'est pas moi, c'est lui qui s'en charge.
malvina. Arved! ô mon appui! ô mon dieu tutélaire !
dubreuil. Oui, voilà celui que tu as repoussé, que | tu as dédaigné. Malheureuse enfant! je t'avais donné le meilleur des amis et des époux, le modèle de toutes les vertus!
malvina. Ah! ne m'accablez pas, car, dussé-je en mourir de honte, vous connaîtrez toute l'étendue de mes maux. (A voix basse.) Je l'aime, mon père, je l'aime de toutes les forces de mon âme !
dubreuil. Tu l'aimes! Ah! le ciel est juste! il te punit de ta désobéissance par le malheur de ta vie.