‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 178 sur 1121 · MU?!"/ MD · texte numérisé non relu

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Cécile. Quoi! vous pourriez penser...

Henri. Je vous ai dit: Je vous aime !.. et sans répondre à mon amour, mais aussi sans lerepousser, je vous ai vue tremblante... agitée... comme en ce moment... Eh bien! répondez: Voulez-vous être à moi?.. J'irai demander votre main à votre père... à la reine... au roi lui môme...

Cécile, effrayée. Ah! gardez-vous-en bien !..

Henri. Vous me le défendez, et pourquoi? je veux le savoir ! craignez-vous que le sang de Churchill ne puisse s'aliier au nôtre?.. Craignez-vous que votre aïeule, que le comte de Sunderland son gendre, ne s'offensent de ma demande?

Cécile. Non, Milord!.. Us s'en tiendraient honorés... ce n'est pas d'eux que viendrait le refus.

henri. Et de qui donc? parlez, de grâce !

Cécile. Eh bien!., eh bien !.. de moi!., de moi seule!

henri. Ah! voilà donc la vérité !.. c'est que vous ne m'aimez pas... c'est que vous ne m'avez jamais aimé !.. c'est que vous vous faisiez un jeu de mes tourments! et vous osez en convenir... et voilà donc, en vous quittant pour jamais, l'idée qu'il me faut emporter de vous... de vous que j'aimais tant, et qu'à présent...

Cécile. Ah! n'achevez pas ! Milord, n'achevez pas de m'ac»

câbler... vous ne savez pas... vous ne saurez jaunis à que] point je suis malheureuse!.. Accusez-moi de ruse, de coquetterie, ne me revoyez plus... vous aurez raison... j'ai mérité vos reproches... non pas tous, cependant... car cette femme que vous traitez en ennemie, que vous accusez de fausseté, vous cachait ses desseins... il est vrai... mais ses desseins les plus secrets n'avaient pour but que votre gloire et votre fortune. Persuadée, et je m'abusais, je le vois, que l'ambition de Walpole cherchait à vous éloigner du pouvoir, tous mes soins, à moi, tendaient à vous en rapprocher, et le crédit de mon père, la faveur des miens, celle dont je jouissais auprès de la reine, tout devait vous servir et vous porter à ce rang suprême que je rêvais pour vous... c'était mon ambition à moi... et je médisais : Quand il sera au faîte des honneurs... quand rien ne manquera à sa gloire et à sa puissance, alors seulement, il saura que j'y ai contribué... que j'en fus la cause première... que j'ai pu renoncer à lui, mais non à son bonheur... et peut-être donnera-t-il une larmeà mon souvenir... en se disant : Elle m'aimait tant!..

henri. Vous m'aimez!., vous!

Cécile, avec douleur. Ah!., il en doute encore!..

henri. Pourquoi alors refuser l'offre de ma main?..

LAGNV. — Imprimerie du Yulat el Cis. ■*» ,V' *

L'AMBITIEUX

Cécile. Moi, votre femme !.. savez-vous, Henri, qu'un tel sort comblerait tous mes vœux?.. On doit être si heureuse et si tière de porter le nom de celui qu'on aime, de dire : Sa gloire est la mienne et ses succès sont les miens! et pour refuser un tel bonheur quand il vous est offert, ne faut-il pas bien de la force d'àme.. ne faut-il pas là .. {Montrant son cœur.) bien du courage .. (Avec égarement.) ou plutôt bien de l'amour !

henri. 0 ciel !.. achevez!..

Cécile. Eh bien! oui... mon trouble... mon émotion... tout doit vous dire en ce moment qu'il est un secret... que je dois taire... que je ne puis révéler sans vous perdre... et maintenant... voudrez-vôus encore l'exiger?

iienri. Non... je ne demande plus rien! je crois eu vous, je crois en votre tendresse...

Cécile. Eh bien! s'il est vrai... j'en veux une preuve, une seule!

henri. Parlez ! et je jure d'obéir à l'instant !

Cécile. Eh bien! acceptez le pouvoir qu'on vous offre!.. Votre mérite, vos talents vous appellent au premier rang! montez-y, remplissez votre destinée... prouvez qu'un tel fardeau n'est pas au-dessus de vos forces... et que, vous voyant plus grand encore que votre fortune, l'Angleterre un jour vous honore et vous admire... Voilà, Henri, la seule preuve d'amour que j'exige de vous !

henri. Et comment résister à cette voix qui m'élève audessus de moi-même?..

Cécile. C'est bien... c'est bien... vous acceptez! c'est tout ce que je demain! ais, et quel que soit maintenant mon sort... adieu !.. adieu!., qu'on ne nous surprenne pas ensemble... A vous... à vous... désormais, et ce soir, au cercle de la reine! [Elle sort par la porte du fond.)

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