‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 227 sur 1121 · MARTHE, JEAN, ÉRIC · texte numérisé non relu

MARTHE, JEAN, ÉRIC

jean, avec pie, et regardant la cantonade. C'est ça ! à merveille!., continuez comme ça.

éric Eh quoi! déjà de retour!., est-ce que mon père est chez Michelson?

BERTRAND ET RATON

jean, avec joie. Mieux que cela.

Marthe, avec impatience. Enfin il est en sûreté? jean, d'un air de triomphe. 11 a été arrêté. Marthe. Ciel!

jean. Ne vous effrayez pas! ça va bien, ça prend une bonne tournure.

Éric, avec. colère. T'expliqueras-tu?

jean. Je traversais avec lui la rue de Stralsund, quand nous rencontrons deux soldats aux gardes qui nous examinent... nous suivent... puis s'adressant à votre père : Maître Burkenstaff, lui dit l'un d'eux en ôtant son chapeau, au nom de Son Excellence le comte Struensée, je vous invile à nous suivre; il désire vous parler.

Eric Eli bien?

jean. Voyant un air si doux et si honnête, votre père répond : Messieurs, je suis prêt à vous accompagner. Et tout cela s'était passé si tranquillement, que personne dans la rue ne s'en était aperçu : mais moi, pas si bête... je me mets à crier de toutes mes forces: A moi! au secours! on arrête mon mai Ire, Raton Burkenstaff... à moi les amis!

Éric. Imprudent!

jean. Pas du tout ; car j'avais aperçu un groupe d'ouvriers qui se rendaient à l'ouvrage : ils accourent à ma voix; en les voyant courir, les femmes et les enfants font comme eux, on ne peut plus passer, les voitures s'arrêtent, les marchands sont sur les pas de leurs portes, et les bourgeois se mettent aux fenêtres. Pendant ce temps, les ouvriers avaient entouré les deux soldats aux gardes, délivré votre père, et remmenaient en triomphe suivi de la foule qui grossissait toujours ; mais en passant rue d'Altona, où sont nos ateliers, ça a été un bien autre tapage! le bruit s'était déjà répandu qu'on avait voulu assassiner notre bourgeois, qu'il y avait eu un combat acharné avec les troupes ; toute la fabrique s'était soulevée et le quartier aussi, et ils marchent au palais en criant : Vive Burkenstaff ! qu'on nous le rende!

Éric. Quelle folie!

marthe. Et quel malheur!

Éric. D'une affaire qui n'était rien, faire une affaire sérieuse qui va compromettre mon père et justifier les mesures qu'on prenait contre lui.

jean. Mais du tout... n'ayez donc pas peur... il n'y a plus rien à craindre! ça a gagné les autres quartiers. On casse déjà les réverbères et les croisées des hôtels... ça va bien, c'est amusant. On ne fait de mal à personne ; mais tous les gens de la cour que l'on rencontre, on leur jette de la boue à eux et à leur voiture! ça approprie les rues... et tenez... tenez... eniendez-vous ces cris ? voyez-vous ce beau carrosse arrête près de notre boutique et qu'on essaye de renverser?

éric. Qu'ai-je vu? les armes du comte de Falkcnskield !.. Dieu! si c'était... (Il s'élance dans la rue.)

Page 1