‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 23 sur 1121 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L'ABBÉ, LE PRINCE, entrant par le fond; MAURICE.

LE PRINCE, apercevant la porte à droite qui viml de se ferm r. Ah! l'on vous y prend, mon cher...

(I) La princesse, Maurice.

Maurice, avec trouble: Vous ici, Messieurs?..

le prince, riant. J'ai vu la dame, je l'ai vue!

Maurice. C'est une plaisanterie, sans doute!

le prince. Non, parbleu!., la robe blanche flottante... qui disparaissait,.. Voici donc la Saxe aux prisesavec la France...

Maurice. Qu'est-ce que cela signifie?

l'abué. Que nous sommes au t'ait, mon cher comte.

le prince, ijaipment. Et que cela ne se passera pas à huis clos, il nous faut de l'éclat et du scandale. (Frappant sur l'épaule de l'abbé. Nous ne sommes pas des abbés pour rien... n'est-il pas vrai?

maurice, au prince avec impatience. Eh ! Monsieur, j'aurais cru, au contraire, que c'était pour vous qu'il fallait éviter le bruit... Mais puisque vous le voulez, puisque vous savez tout,..

i.e prince, riant. Tout... et de plus nous avons les preuves...

Maurice, froidement cl mettant son chapeau. Monsieur le prince, je suis à vos ordres... .Monsieur l'abbé consentira, je l'espère (le costume n'y fait rien), à nous servir de témoin, et comme il y a, je crois, un jardin, nous pouvons y des cendre.

Adrienne Letouvrmr, Acle 3, Scfiie 10,

le prince, riant. A cetle heure ?..

Maurice. Il est toujours l'heure de se battre... et pourvu que nous en finissions promptement... cela doit vous convenir...

l'abbé, qui a remonté le théâtre, redescend près de Maurice (4). Voilà où est votre erreur. Nous ne tenons pas à en finir, au contraire, nous voulons que cela dure :

Amour fidèle, Flamme éternelle!

Comme dit l'air de Rameau ! Et par un héroïsme qui surpasse toutes les magnanimités d'opéra, M. le prince vous abandonne votre conquête !

Maurice. Qu'est-ce à dire?

l'abbb. A la condition que le traité de paix sera signé ici, à souper, à l'éclat des flambeaux!

le prince. Au bruit des verres et du Champagne. mauriçe. Est-ce de moi, Messieurs, que l'on veut rire? l'abbé. Vous l'avez dit!

le prince. Mon seul but étant de prouver à la Duclos... (1) Le prinee, l'abbé, Maurice.

Maurice. La Ducius...

le phince, montrant la porte à droite. Que je ne tiens plus à ses charmes.

l'abbé. Et que si la France et la Saxe se battaient pour elle...

le prince. Et pour sa vertu...

l'abbé. Ce serait là une querelle d'Allemand que monsieur le prince ne se pardonnerait jamais... Ah! ah! ah!

le prince, riant aussi. Ah! ah! ah! c'est drôle, n'est-il pas vrai?.. Et loin de rire... comme nous... vous avez un air étonné...

Maurice. Oui, d'abord... Mais, maintenant, cela me parait en effet si original...

le prince. N'est-ce pas?.. Ah! ah! m'enlever la Duclos... de mon consentement,., un service d'ami !..

l'abbé. Et vous ne refuserez pas, en nouveaux alliés, de vous donner la main...

maurice. Non, parbleu! voici la mienne...

le prince, déclamant.

Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie.

l'abbé, rinnt. Et si, pour ratifier le tr lilé, il vous faut un

J.AGXY. — hii'rijiicric Oc Viaut ci Tic.

ADRÏENNE LECOUVREUR.

j notaire, je vais chercher celui de la Comédie française ! et -. d'autres témoinsëncore! (Il sort par le fond.) j Maurice, étonné. Que dit-il?

i le prince, riant. Vous ne vous doutez pas de la brillante j compagnie qui vous attend dans ma petite maison... ou plutôt dans la vôtre... car, ce soir, vous êtes le maître, le héros de la fête; à vous les honneurs! maurice, avec embarras. C'en est trop, prince! le prince. Sans compter une nouvelle surprise que nous vous préparons, une jeune dame charmante, qui désirerait | ardemment vous connaître, et l'abbé, qui est maître des cé- I rémonies, est allé lui donner la main pour vous la présenter i avant le soupër!

maurice, avec embarras. C'est moi qui vous prierai de me conduire vers elle... (A part, regardant à droite.) Pourvu que d'ici là je puisse délivrer ma captive et la soustraire à tous les regards ! (Il s'approche de la croisée à droite, qui est restée ouverte, et regarde dans le jardin.)

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