‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 377 sur 1121 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédents; M. VAN-BERC, dans le cabinet, MADAME VAN-BERG, suivie d'un domestique en livrée qui porte un carton.

madame van-berg! Madame Vermond, Mesdemoiselles?

georgina. C'est ici, Madame, mais elle est occupée à des- . sincr : elle fait un travail sur un nouveau corsage.

madame van-berg. A Dieu ne plaise que je la dérange dans ; une occupation aussi importante... quelque nouveau chef- j d'œuvre dont je priverais notre siècle. Je venais simplement j la consulter sur quelques modèles de garnitures que j'ai là, i et taira prendre mesure pour une robe.

Joséphine. Si Madame veut permettre, cela fait qu'elle n'at- ' tendra pas. !

madame van-berg. Comme vous voudrez. J'étais fort mé- ' contente de ma couturière, et je ne savais laquelle prendre, lorsque ce matin j'ai trouvé, je ne sais comment, votre adresse dans le cabinet de mon mari, sur sa cheminée.

mimi. C'est peut-être ce monsieur à qui, l'été dernier, nous avons fait une blouse.

madame van-berg. Non, je ne le crois pas. (Elles sont toutes groupées autour de madame Van-Berg; Georgina prend la mesure de la taille, Joséphine des manches, Paméla et Mimi du bas de la robe.)

Joséphine. Si Madame voulait lever le bras.

madame van-berg. Ne me faites pas la taille trop longue ; ça n'a pas de grâce; tâchez qu'il n'y ait pas de plis sur les côtés, et surtout pas trop décolletée.

georgina. Madame peut èlre tranquille : notre maison est ; connue pour la décence de la coupe, et la solidité des coutures.

paméla. Ferons-nous plusieurs robes à Madame?

MADAME VAN-BERC

Air de Vllomme vert.

J'approuverais fort cette idée, Car il m'en Faudrait deux ou trois ; Mais j'aurais peur d'être grondée,

LES GfilSETTES

Cela m'arrive quelquefois.

Mcn époux, qui toute sa vie, Mit >'u luxe dans ses budgets, Aime beaucoup l'économie Dans les dépenses que je fais.

mimi. 11 ne faut pas que cela gêne Madame; si elle veut prendre à crédit, on trouvera toujours bien le moyen de faire payer Monsieur.

madame van-berg. Merci, mes petites amies; je vois que vous êtes d'une obligeance...

mimi. On fait ce que Ton peut pour contenter les pratiques.

madame van-berg. Et me feriez-vous payer bien cher?

georgina. Madame sait bien qu'une maison qui tient un peu à sa réputation ne peut pas faire autrement.

madame van-berg. C'est assez juste ; maintenant je ne sais quelle couleur choisir.

georgina. Nous avons là des échantillons ; voici, je crois, une nuance assez insidieuse.

madame van-berg. Je ne sais pas si le rose...

georgina. Le rose doit habiller Madame à ravir!

madame van-berg. Ou bien le noir.

georgina. Oh ! le noir, il n'y a pas de doute ; le noir convient à merveille à Madame... Mais j'entends du bruit chez madame de Vermond, sans doute le travail est fini; Madame peut entrer. (Aux autres.) Sept heures; eh! vite, Mesdemoiselles, rangez l'atelier. (Toutes se lèvent et rangent leur ouvrage ; elles placent dans le fond du théâtre la table qui occupait le milieu.)

CHŒUR

Air : Anglaise de Leicester.

L'ouvrage est fini, Et pour Tivoli, Loin du magasin, Partons soudain, Lorsque le plaisir A nous vient s'offrir, Jl faut savoir le saisir.

(Paméla, Mimi, sortent par le fond. Georgina entre avec madame Van-Berg et le domestique par la porte à gauche qui mène chez madame de Vermond.)

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