‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 397 sur 1121 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les précédents, M. DE BEAUCLAIR, en livrée élégante.

Beauclair. Monsieur, je précède mon maître, M. de Beauclair : il m'a chargé de vous annoncer que, retenu chez le baron de Forlis, il ne pourra arriver chez vous que dans quelques jours.

d'estival. Hé ! que dis-tu donc, mou garçon? il est ici.

Beauclair. Mon maître! M. de Beauclair?

lise. Sans doute.

d'estival. Le voilà. (Beauclair traverse le théâtre, se trouve face à face avec Senneville, et s'arrête stupéfait.)

senneville, prenant un ton de maître. Eh bien, Jasmin, qu'y a-t-il donc?

Beauclair. Ah! c'est Monsieur qui... que... En vérité... Je ne m'attendais pas... (A part.) Ma foi, monsieur de Senneville, ce tour-ci vaut l'autre.

senneville. Sansdoute, vous ne m'attendiez* pas ici; mais je n'ai point trouvé le baron de, Forlis, et je suis arrivé ce matin. (Avec intention.) On peut bien quelquefois arriver avant vous.

Beauclair. C'est ce qui m'a surpris d'abord ; mais j'espère que Monsieur ne me retrouvera plus en faute. (Bas, à Senneville.) Je vous remercie; mais je ne me tiens pas pour battu.

d'estival. C'est bon... Je me charge d'arranger cette affaire. Ce garçun-là me revient assez. Il a de la tournure. Y a-t-il longtemps qu'il est à ton service?

senneville. Non, il vient d'y entrer, et je ne serais pas fâché qu'il y restât. Il se connaît parfaitement en chevaux. Il en donnerait à garder au plus habile. Du reste, adroit, intelligent; et je vous prie de le traiter avec quelques égards. Il n'a pas toujours été valet.

Beauclair. Ah 1 mon Dieu, non! je me suis trouvé domestique sans m'en douter.

d'estival. Par quel hasard?

Beauclair . H y a tant de valets qui deviennent maîtres sans savoir comment..

senneville. Aussi je mets tous mes soins à lui faire oublier qu'il n'est pas à sa place.

d'estival. Bien, mon gendre.

lise. Comme il est bon avec ses domestiques! C'est qu'en effet ce pauvre garçon a une physionomie tout à fait intéressante.

Beauclair. Mademoiselle est bien bonne.

d'estival, à Senneville. Allons, allons, donne la main à ma fille; allonsfaire untourdejardin enattendant ledéjeuner.

Beauclair. En effet, la route m'a donné un appétit assez vif.

d'estival. Eh bien ! mon garçon, ne te gène pas, passe à l'office. (Us sortent.)

LE VALET DE SON RIVAL

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