‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 423 sur 1121 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

M. DURAND, M. GODARD, MADAME DE SAINT-ANGE, MADAME RENOIST, MADAME RENARD, MADAME DU- ROZEAU, Parents et Parentes.

m. godard, à la cantonade. Oui, ma bonne amie, oui, dès qu'il sera baptisé, nous te le rapporterons; mais tienstoi bien chaudement, je t'en prie.

m. durand. a part. Ce pauvre Godard ! il me fait peine. Ce calme, cette tranquillité. Mariez-vous donc! [Haut, lui donnant une poignée de main.) Eh bien! mon pauvre ami !

m. c.odard. Eh bien! mon cher, tout va bien! J'espère que vous êtes content. Un beau filleul gros et bien portant.

m. durand. C'est donc décidément un garçon?

m. godard. Eh! parbleu, qui est-ce qui en doute?

m. durand, à part. Alors, arrangez-vous. L'un dit une fille, l'autre un garçon. Ces deux messieurs devraient s'entendre.

m. godard. Allons, partons, toutes les voitures sont à la porte.

madame benoist. Oh, mon Dieu ! et le nom de l'enfant?

m. godard, se frappant le front. Le nom de. l'enfant; c'est pourtant vçaj, nous n'y pensions pas. Comment l'appelleronsnous?

madame de saint-ange. Moi, je n'ai pas d'avis, cela regarde la famille.

madame durozeau. Youlez-Yous un joli nom? Théophile, cela n'est pas commun.

m. godard. Du tout; je connais quelqu'un qui porte ce nom-là et qui est borgne. Moi, c'est peut-être une idée, je me suis toujours promis que si j'avais un fils, il s'appellerait Barnabé.

TûUiES. Oh ! Barnabé! quel vilain nom!

m. godard. Comment, un vilain nom! apprenez que c'est le mien, et que décidément mon fils s'appellera Barnabé.

madame benoist. Du tout, du tout, j'ai ce qu'il vous faut; le plus joli nom de ralmanaeh, un nom admirable et sonore, Théodore, et cela ira très-bien, parce que voyez-vous, on dira : Où est Théodore? qu'est devenu Théodore? qu'on donne le fouet à Théodore.

m. godard. Eh bien! on dira : Où est Barnabé? qu'est devenu B.ir, abé? qu'on donne le fouet à Barnabé.

madame benoist. Jamais mon petit-fils ne s'appellera Barnabe.

m. godard. Et jamais mon (ils ne s'appellera Théodore; j'aimerais mieux qu'il ne lut pas baptisé.

Madame benoist. Et moi, qu'il n'eût jamais de nom!

m. godard, furieux. C'e>t cela, un enfant anonyme! quelle tournure cela aurait-il dans le quartier'?

m. dirand. Eh ! mais, calmez-vous; n'y aurait-il pas moyen d'arranger cela, et d'en choisir un tout autre?

m. godard. Au tait, nous n'y pensions pas; combien je vous demande de pardons! c'est Monsieur qui est le parrain, et c'est à lui de le nommer.

tout le monde. Ces1 trop juste.

m. durand. Eh bien! pour mettre d'accord tous les intéressés et ayants cause, car il paraît que dans celte affaire-ci il y en a plus qu'on ne croit, si nous appelions l'enfant llippolyle?

madame benoist, avec approbation. Hippolyte, voilà! j'allais le proposer.

m. godard. Au l'ait, Hippolyte, c'est justement ce qu'il nous faut. Ci n'est pas trop... et en même temps, c'est assez... Parbleu ! quand ou l'aurait fait ^exprès... et puis j'ai idée ipie ni i femme m'en parlait l'autre jour. Va don'/ pour Hippolyte.

LE PARRAIN

madame de saint-ange. Enfin, voilà la discussion terminée, ce n'est pas sans peine. (A Durand.) Allons, mon cher compère, ouvrons la marche et partons.

m. Durand, mettant ses gants. Oui, oui, partons vite, et revenons de même pour en être plus tôt débarrassé. (Fl se dispose à sortir par la gauche.) Hein ! quel est ce bruit, et que nous veut-on ?

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