‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 441 sur 1121 · ADÈLE, DARCEY · texte numérisé non relu

ADÈLE, DARCEY

darcey. Je croyais que nous ne dînerions qu'en famille ; mais je vois que de ton côté tu m'as ménagé aussi une sur- | prise... sans doute quelques amis communs que tu as invités pour le jour de ta fête ?

adéle, avec émotion. Oui, Monsieur, des amis.

darcey. Et lesquels?., à moins que ce ne soit un secret, et alors je n'insiste plus... je ferai même l'étonné, si tu le désires.

adèle, avec crainte. Peut-être le serez-vous en effet? darcey. Et pourquoi donc, ma chère amie? adelk. Pourquoi?.. (A part.) Allons, et comme Amélie me l'a conseillé, tâchons de vaincre cette sotte timidité. darcey. Achève I

adele. avec embarras. C'est que.,, je ne sais comment vous l'avouer; mais franchement je n'ai pu m'en défendre... elles sont venues me demander à dîner.

darcey. Et qui donc?

adéle. Madame de Laferrier et madame Marini.

darcey. Tu ne parles pas sérieusement?

adele, avec vivacité. Si, Monsieur; je les ai invitées, et maintenant il n'y a plus à s'en dédire. (A part.) Grâce au ciel ! j'ai tout dit... m'en voilà quitte !

darcey, avec une colère concentrée. Adèle!.. Adèle!., ton intention n'a pas été de me braver?., tu avais oublié ma défense, dis-le-moi.

adéle. Non, Monsieur... mais cette défense était injuste et injurieuse pour moi, et ce serait m'humilicr à mes propres yeux et aux vôtres que de renvoyer mes meilleures amies.

darcey, avec chaleur. Vos meilleures amies! Rien au monde ne m'est plus pénible que de vous entendre les appeler ainsi, mais j'espère que bientôt vous connaîtrez ceux qui vous aiment véritablement.

adéle. Ce sont ceux qui me plaignent, ceux qui cherchent à calmer mes souffrances ; à mon tour, je dois les défendre quand on les calomnie et les préférera ceux qui ne veulent que m'affliger et me tyranniser... Le trouvez-vous surprenant?

darcey, avec douleur. Surprenant! non, Adèle; depuis longtemps il n'y a plus rien qui me surprenne; et l'ingratitude d'une femme ne saurait y faire exception.

adele, avec fierté. Monsieur!

darcey. Pardon... j'ai tort de vous laisser voir ce que je souffre.

adéle. Des reproches! ai-jc trahi mes devoirs?

darcey, avec douleur. Je lui parle de tendresse, elle me parle de devoirs.

adèi.i:, froidement. Et que voulez-vous de plus? Le reste dépend-il de ma volonté?

darcey, ^'éloignant d'elle. Ah!., qu'il n'en soit plus question! Ci Hc (''preuve est la dernière. Désormais je ne vous demanderai plus que des devoirs, Madame, nous verrons

(•«m ut vous saurez les remplir. Le premier de tous était

la soumission à mes vi>ioï>ttésj et si vous avez pensé que

dans un jour comme celui-ci j'oublierais de vous le rappeler, vous avez en tort... Un jour, une heure de faiblesse compromettrait toutes les heures de ma vie, et je ne transige jamais avec ce que je crois raisonnable et nécessaire; je vais vous le prouver. adele. Dieu! ce sont mes amies!

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