‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 547 sur 1121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les précédents, LE MARQUIS, puis GOBER VILLE.

le marquis, baisant la main de sa mère. Voici, Madame, votre procureur, qui désire vous parler; homme fort utile, qui nous rend de grands services, (Au vicomte.) et nous vend l'argent au poids de l'or. (A la duchesse.) Est-ce que vous lui faites l'honneur de puiser dans sa bourse ?

la duchesse. Non, marquis, il s'agit d'affaires de famille.

goueryille. Madame la duchesse, j'ai l'honneur de vous présenter mes très-humbles respects; monsieur le marquis, monsieur le vicomte... (Il s'incline trois fois.)

la duchesse, à Gobcrville. Approchez. Eh bien! Goberville, mes ordres ont-ils été exécutés? {Pendant que la duchesse parle à Goberville, le marquis et le vicomte vont au fond du théâtre, où ils parlent bas.)

gobèrvîlle. Avec la ponctualité la plus scrupuleuse... Madame la duchesse connaît mon zèle.

la duchesse, bas, à Goberville. Le mariage?

goberville, bas, à la duchesse. Célébré de jeudi matin. (La duchesse témoigne sa satisfaction.)

la duchesse, bas. 11 y a eu de la résistance, des pleurs.

goberville. La jeune fille s'est désolée, elle a pleuré. D'abord, clic ne voulait point croire aux lettres que je lui exhibais; niais enfin, après les regrets, les larmes, le désespoir, la pauvre petite s'est sacrifiée de la meilleure grâce du monde; elle était gentille. (Soupirant ridiculement.) Ah! si je n'avais paseté marié, je vous aurais demandé la préférence.

la duchesse, s' éloignant de Goberville. Me voilà plus tranquille, et maintenant elle peut compter sur ma protection. (Elle s'approclic de la table, Goberville s'approche du marquis.)

le marquis, bas, à Goberville. Mon argent, fripon?

goberville, dn même. Si vous saviez ce qu'il me coûte ! voilà trois cents louis.

i.f. marquis, se rapprochant de sa mère. Mon billet était de cin | cents.

le vicomte, ci Goberville. Et notre homme?

goberville^ au vicomte. Le sergent recruteur m'a chargé de vous dire que c'était une affaire faite. Racolé d'hier soir, il scraexpédic demain pour sa garnison. (Il passe à. lagauche du vicomte.)

la duchesse. Ne vous éloignez pas, marquis, je passe avec Goberville dans mon cabinet, et j'aurai bientôt à vous parler, ainsi qu'a votre frère le chevalier, que je vois avec peine donner dans les idées nouvelles.

GOMïRVilLe. C'est un singulier jeune homme; il affecte line sagesse, une réserve... pas un SOU de dettes sur le pavé de Paris.

le vicomte. C'est qu'il a quelques défauts cachés. 11 faut qTtejc le convertisse. (La duchesse sort; Goberville la suit.)

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