‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 606 sur 1121 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LIONEL , sans uniforme , une lorgnette à la main, el regardant par la croisée du fond. Je ne me trompe pas, c'est un vaisseau français; il s'est détach (du reste cle la flotte, et depuis une heure il a jeté l'ancre. Si c'était M. de Courville? s'il m'attendait? Mais comment m ; rendre à bord sans attirer sur moi l'attention de nos ennemis? D'ailleurs ma présence est nécessaire en ces lieux; si je n'y suis pas, je les connais, on hésitera encore. Le gouverneur a déjà des soupçons; le moindre délai peut renverser nos desseins, et ruiner à jamais la cause la plus noble et la plus juste. (Se promenant avec agitation.) Ah! quel tourment! quel supplice que l'incertitudel chaque instant d'attente abrège ma yie^ e,t if faut encore affecter un visage serein, quand' mille craintes viennent m'assaillit*. Ah ! que les dangers du champ de bataille sont préférables, des dangers libres, une mort glorieuse qu'on

peut braver, et qu'on n'est pas obligé d'attendre

Quel est ce bruit? ce jeune Arthur Winkerton, qu'estce qu'un pareil étourdi vient faire ici? (Il s'assied près de la table el prend un livre.) H a pour moi une telle amitié que je ne pourrai plu; m'en débarrasse^.

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