‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 612 sur 1121 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les précédents, ZAMBARO.

zambaro, à Bathilde. Voici les clés de notre appartement; tout est prêt, et quand lu voudras...

bathilde. Oui, mon oncle.

zambaro. Mais je voulais te dire...

lionel, s'éloignant. Comment donc, que je ne vous gêne pas. (H s'approche de la table et regarde sur une carte.)

zambaro, bas, à Bathilde. Notre jeune officier a dirigé ses pas du côté du port, je l'ai suivi de loin; mais il a disparu à mes yeux. Mais toi, tu as été plus heurcuse, tu as sans doute des renseignements?

bathilde. Aucun, impossible de rien apprendre.

zambaro. Et son ami, ce monsieur avec qui tu viens de causer; sais-tu au moins qui il est?

bathilde. Non, mon oncle, non, je ne sais rien.

zambaro. Tu as donc bien peu d'esprit aujourd'hui? Je ne te dis pas cela pour te gronder, tu sais que je ne te gronde jamais; mais voilà une affaire digne de moi, et il faudra que je m'en mêle.

bathilde. C'est inutile, vous ne réussirez pas. (Le jour s'obscurcit, on voit qwlques éclairs.)

zambaro. Oh! je ne me décourage pas facilement ; je vais retrouver mon jeune homme,et... (Remontant le théâtre et regardant par la croisée à droite.) Ah ! diable, voilà un grain qui s'élève, la mer devient mauvaise...

lionel, qui est près de la table, courant à la croisée. Que dites-vous?

zambaro. Je dis, morbleu ! que je m'y connais, et que dans ce moment-ci je ne voudrais pas être près de la côte; et tenez, tenez, voilà un vaisseau qui semble profiter démon avis, car il gagne le large... Eh! mais je ne me trompe pas, c'est un bâtiment français; n'est-il pas vrai?

lionel, à la croisée. Oui, je le pense comme vous; mais le vent s'élève, la tempête se déclare.

zambaro. Et voyez-vous là-bas, là-bas, portée sur le sommet des vagues, cette petite barque montée par deux bommes?

lionel, à part. 0 ciel! serait-ce Arthur?

zambaro. Comment diable va-t-on se risquer en mer par un temps pareil? ils ont manqué l'entrée du port; le courant qui les précipite vers nous va les jeter sur la côle.

lionel. Et les briser contre ces rochers.

zambaro. C'est probable. Il y en à un qui manœuvre bien; mais l'autre ne s'en doute pas, et si on ne vient pas à leur aide...

lionel, aux matelots qui sont au dehors. Mes amis, des câbles, des cordages, cinq cents guinées à celui qui ira à leur secours... Eh quoi', vous hésitez? (tirant son. porte feuille.) Tenez.

zambaro. Y pensez-vous? les envoyer à une mort ii.évitablc. Les voilà qui s'éloignent.

lionel. Et je les verrais périr, là, devant mes yeux !

bathilde. Dieu! la barque est brisée!

lionel, donnant à Bathilde le portefeuille qu'il :ient encore à la main. Ah ! tenez, tén z, gardez-le-moi ; je !

les ramènerai, ou je resterai avec eux. (Il défait son habit en courant et s'élance vers la porte du fond.)

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