SCÈNE VIT
LIONEL, BATHILDE
•LIONS!., lisant la lettre à voix basse ; à Balhil le. Vous permette*, [A part.) Voilà qui est bien singulier. (Il lit encore.) Quelle horreur!
ihtiiii.de. Qu'est-ce donc?
lionel, revenant auprès de Bathilde, à sa gauche. De nouveaux périls nous environnent.
inraiLDE. 0 ciel !
LA BOHÉMIENNE
lionel. Ils ne m'effraient point; au contraire, ils doublent mon courage... Ce n'est plus moi seul, c'est vous maintenant qu'il faut défendre! Nom n'avons point de secrets pour la nièce du baron de Courville. Tenez, Madame 1 (Il lui présente la lettre.)
batiulde, larepomsant. Monsieur!
Lionel. Lisez, de grâce.
BATHiLDE, prenant la lettre et lisant : « Je désire, « et je crains que vous reconnaissiez la main d'où « vous vient cet avis. J'ai tort peut-être de vous le « donner; mais il me semble que j'en aurais de plus « grands encore en ne vous le donnant pas. Quels « que soient vos projets, si vous en avez, renoncez-y, « au îiiiin du ciel; car vous êtes surveillé. Un espion « redoutable, un nommé Zambaro, observe toutes vos « démarches. Aidéd'unè intrigante, dont on vante les « charmes et l'adresse, il a juré... (S'arrêlant.) Ah ! je me sens mourir!
lionel. Remettez-vous; ils ne nous tiennent pas encore.
bathilde, achevant dé lire. « Ce complot, le hasard « me l'a fait entendre., et si vous devinez d'où vient « cet avis, vous Verrez qu'il n'est que trop véritable, a Profitez-en, c'est le seul prix et la seule reconnais- « sance que j'en attends. »
lionel. Vous le voyez, Madame, nous sommes en* tûLirés de pièges., de délateurs; mais, rassurez-vous., nous découvrirons ce Zambaro ; il ne nous faut pour cela qu'un indice.
bathilde, à pari. 0 ciel ! qu'ai-je fait :
lionel. Et s'il tombe entre nos mains...
batiulde, avec crainte. Eli bien?
lionel. L'intérêt général avant tout; je lui fais sait-* ter la cervelle.
BATHILDE. Monsieur...
lionel. Eh! mais, qu'avez-vous?
bathilde, très-émue. Rien; qu'il ne soit plus question de cela. Voici cette lettre. (Elle la lui rend.) Je vous prie seulement de me remettre ces tablettes.
lionel. Ne m'aviez-vous pas presque permis de les lire?
bathilde. 11 est vrai ; mais je les veux. lionel. D'où vient ce changement? serait-ce cette lettre?
bathilde. Peut-être bien.
lionel. Ah! s'il était vrai! que je serais heureux! 11 me serait si facile de vous désabuser, de vous prouver que cet écrit a été dicté par la seule amitié. Oui, Madame, je vous l'avoue, j'ai reconnu sans peine la main qui l'avait tracé; c'est celle d'une amie qui m'est bien chère, avec qui j'ai été élevé, dont les vertus, la noblesse, le haut rang, commandent l'estime et le respect. Peut-être lui devrais-je davantage; peut-être sa généreuse amitié aurait-elle mérité plus encore; mais, je le sens maintenant, jamais je n'ai connu près d'elle cet amour que mon cœur avait toujours rêvé, et qu'un seul coup d'œil de vous a fait naître.
bathilde. Monsieur!..
lionel. Maintenant, faut-il vous rendre vos ta=blettes?
bathilde, se cachant la figure. Ah ! plus que jamais !
lionel. Qu'en' ends-je; quel espoir! Les voici, Madame; mais songez que, les reprendre, serait m'avoucr que ce qu'elles contiennent me rendrait trop heureux... On vient.
bathilde, hors d'elle-même. Grand Dieu! (Elle reprend les tablettes )
lionel, avec joie. Que faites-vous?
batiulde, vivement. Ah ! gardez -vous de croire... lionel. Je crois tout; vous l'avez dit... Ciel! Arthur et le baron !
bathilde, s' enfuyant par la porte à droite. Ah ! c'est fait de moi !