‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 631 sur 1121 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les précédents, S1RCOKNEY, enveloppé d'un manteau.

sir cokney, regardant tout le monde. M. de Courville?

lionel, montrant Zambaro. Le voici; ne craignez rien, nous sommes tous du parti de M. le baron.

arthur, suivant tous les mouvements de Zambaro. Et ses meilleurs amis.

sir cokney, d'un air d'intelligence. J'entends. (Souriant.) C'est son état-major; en effet, je reconnais ces messieurs pour les avoir vus tantôt. (Se dégageant de son manteau.) Parbleu, je suis enchanté de pouvoir enfin parler à cœur ouvert. (A Zambaro.) Son Excellence voulait vous envoyer un de ses officiers ; mais elle a pensé que, ne vous connaissant pas, ii pourrait faire quelque gaucherie, tandis que moi qui sais mon affaire, je suis sûr au moins de ne pas me tromper. . zamraro, à part. Joliment.

lionel et arthur. Eh bien?

sir cokney, à Zambaro. Eh bien! mon cher, ça va à merveille ; Son Excellence a reçu vos petites notes.

arthur, bas, à Zambaro. Ah! traître!

sir cokney. Hein... qu'est-ce que c'est?

lionel, haut et avec un mouvement. Rien ; nous avions peur qu'elles ne fussent interceptées.

sir cokney. Du tout, les mesures ont été prises surle-champ comme vous l'avez indiqué.

arthur, bas, à Zambaro qui veut parler. Tais-toi.

sir cokney. Douze hommes se sont emparés de Beacon-Hill pour empêcher d'allumer le fanal ; le régiment des fusiliers et les soldats de marine marchent sur Lexington pour désarmer ces bons yankies; je pense que ce ne sera pas difficile.

ambaro, à part, lui faisant signe des yeux. Il ne comprend rien.

sir cokney, continuant. Enfin, à cinq heures précises, tous les chefs seront arrêtés à domicile.

arthur et lionel, se regardant. A cinq heures!

zambaro, à part. Courage, imbécile!

sir cokney. N'est-ce pas ce que vous avez demandé?

lionel, prenant un pistolet sur la table à droite. 11 suffit, nous en savons assez.

sir cokney, étourdi. Comment? quoi? qu'y a-t-il, Messieurs?

lionel, le saisissant. Point de bruit, sir Cokney, il esttrop tard pour retourner à l'hôtel de Son Excellence, pour quelqu'un surtout qui ne connaît pas les rues de Boston. (Lui montrant le cabinet à gauche.) Entrez là. (A Arthur.) Une sentinelle sous la fenêtre.

zambaro, à part. Nous y voilà.

sir coknéy, résistant. Permettez... expliquez-moi, monsieur le baron...

arthur, le poussant. Point d'explications.

sir cokney. Ah ! mon Dieu ! est-ce que je suis tombé dans une embuscade? Messieurs, je demande à être traité avec les plus grands égards, si le droit des gens n'e.-t pas inconnu dans ces climats barbares. (On l'enferme dans le cabinet.)

arthur. Et d'un...

lionel, à Zambaro. Quant à toi, misérable, rends grâce au souvenir qui protège encore ta vie. (A Arthur.) Qu'il soit gardé à vue; je vais l'envoyer prendre par quatre de nos soldats; et s'il voulait fuir, point de pitié.

arthur, rapidement. Mais que faire maintenant? le gouverneur est averti; à cinq heures...

lionel. Il nous reste deux heures, attaquons sur-lechamp. (.4 part.) EtBathilde, il faut la délivrer; éloignons d'abord Arlhur. (A Arthur,) Rassemblez nos amis, courez au fanal, désarmez le poste anglais, allumez, marchez aussitôt sur Bunker'shill : le départ des fusiliers et des soldats de marine dégarnit ce côté; empirez-vous de la redoute, qui nous rend maîtres de la baie; si nos milices forcent le passage, elles nous y joindront; si elles succombent, nous nous y enterrerons, et ce ne sera pas sins vengeance. Prévenez Jackson, William, les volontaires ; pour moi, j'ai les moyens d'arriver jusqu'au gouverneur.

arthur. Et lesquels?

lionel. Je te lesdirai, et c'est à toi que je confie cette entreprise. Puisque le sang doit couler, commençons par le sien. Suivez-moi. (Il sort précipitamment, suivi d Arthur.)

LA BOHEMIENNE.

(Les officiers sortent. Lord Gage reste seul, en se promenant avec agitation, et tenant, une lettre à la main.) Non, je n'éprouvai jamais lien de pareil; cette lettre, cette lettre fatale, mon émotion est telle, que j'ai eu à peine la force et le sang-froid de m'occuper des dangers dont elle vient de m'avcrtir. (Lisant.) « Milord, « une fille que vous avez longtemps pleurée, et qui ne « méritait point vos regrets, n'ose en ce moment se « jeter aux pieds d'un père qui aurait le droit de h « repousser; mais elle veut, elle doit le prévenir des « dangers qjji le menacent, et qu'elle vienld apprendre. « Zambaro est arrêté; le mo^t d'ordre, qui lui perte mettait d'arriver près de vous, est connu de vos ente nemis, qui peuvent par ce moyen pénétrer jusqu'en « votre appartement. Je ne vous en dis pas davan- « tage, mais tenez-vous sur vos gardes, et défendez « des jours sur lesquels désormais mon devoir est de « veiller. » N'est-ce point un songe? est-ce bien de la main de Clara que me vient un pareil avis? L'unique objet de mes regrets, ma fille me serait rendue ! et dans quel moment!.. Qui vient là? Hemiet e!

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