‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 677 sur 1121 · JOSÉPHINE, AMANDA, ANGELINA, TOINETTE · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE, AMANDA, ANGELINA, TOINETTE

angelina. Je vous demande s'il est possible d'être pluscomplaisant! Aussi , Mesdemoiselles, nous sommes bien heureuses de l'avoir rencontré.

Joséphine. Tiens, Angelina, j'ai idée que tu dissimules, et que c'est un hasard fait exprès.

toinette. Et moi, j'en suis sûre.

Joséphine. Oui, oui, nous connaissons cela! Qu'estce que cela te fait, dis-nous-le.

angelina. Eh bien! Mesdemoiselles, s'il faut vous l'avouer, c'est un rendez-vous indirect que je lui avais donné.

Joséphine. Comment! est-ce que ce serait du sérieux ! Ah bien ! ma chère, prends-y garde. amanda. Y penses-tu ?

Air : Faut l'oublier.

Malgré son air aimable et, tendre, Il est perflde et séducteur.

JOSÉPHINE

Et volage comme un danseur.

ANGELINA

Dieux! que venez-vous de m'apprendre!

AMANDA

Oui, par des conquêtes nouvelles, Son cœur est toujours ocnipé.

JOSÉPHINE

Et sans façon, il a trompé Toutes les belles, Excepté celles Qui, par vertu, L'ont prévenu.

toutes, en chœur.

Toutes les belles, etc.

Joséphine. Moi, d'abord, j'ai connu la petite Polite, une de mes amies, qu'il a rendue très-malheureuse.

amanda. Sans compter qu'il n'a rien. Et toi qui, comme couturière, avais déjà fait des économies, toi qui, depuis, as fait une succession et acheté un magasin de lingère, tu sens bien que tu es un parti qui eu vaut bien la peine.

Joséphine. Et puis enfin, ce petit Pastourel qui était si bon enfant.

toinette. Et qui est parti en Angleterre pour faire fortune.

Air du Jaloux malade.

Je prévois sa douleur mortelle.

angelina.

Je l'aime et le plains plus que vous,

JOSÉPHINE

Tu lui promis d'être fidèle.

angelina.

Est-ce que ça dépend de nous?

JOSÉPHINE

Ton cœur devait brûler sans cesse.

ANGELINA

Hélas ! j'ai tenu mon serment ; J'ai toujours la même tendresse, Mais je n'ai plus le même amant.

Joséphine. Cependant, Angelina, nous te le disons en amies, et dans ton intérêt, il faudrait tâcher de raisonner un peu tes inclinations.

amanda. Moi, par exemple. Voilà M. Victor Desallures, le fils d'un marchand de chevaux...

Joséphine. Voilà M. Auguste Flotté, neveu d'un marchand de bois, qui veulent nous épouser; ce sont des gens comme il faut; des jeunes gens établis.

angelina. Je sens bien, mes bonnes amies, que tout ça est vrai ; je devrais suivre votre exemple et vos conseils; mais que voulez-vous? quand l'inclination y est et que la tète n'y est plus, il n'y a pas moyen de raisonner ; c'est plus fort que moi, je suis subjuguée.

Joséphine. C'est ça, la tête montée, voilà comme on fait des bêtises qui vous compromettent ; si encore on ne le savait pas! •

toinette. Mais c'est que ça se répand toujours.

angelina, pleurant. Allez, ce n'est pas d'aujourd'hui que je m'en fais des reproches ; et si vous saviez ce que j'ai souffert...

toutes. Cette pauvre Angelina!

Joséphine. C'est pourtant pour des hommes que nous nous mettons dans des états comme ça. Dieux! faut-il qu'une femme soit bête !

angelina, essuyant ses yeux. Par exemple, il m'a bien promis qu'il était changé; et si je découvrais maintenant la moindre infidélité, je vous promets bien que sur-le-champ ça serait fini.., taisez- vous, car le voici.

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